‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 136 sur 184 · TOME I · texte numérisé non relu

TOME I

contiennent-ils donc les pressentiments de l'avenir? Y aurait-il une destinée menac^ante enfermée d"avance dans les promesses mêmes d une lonj^ne tclicité? Ah! les voilà qui vont se réaliser ces ]nédictions de san^f, de denil, de larmes, sorties du sein de Taléfjresse publif[ue. D un côte ces jardins superbes, d'un autre côté ces lonffues avenues croisées de beaux arbres, oii une population, jadis paisible et pleine d'amour pour son roi, se plaisait, dans les jours heureux , à chercher d innocentes distractions : tout était au loin désert. Ainsi toutes ces pompes de tant de siècles, ce palais où se sont succédé tant de jifénérations illustres, tout cet ensemble si majestueux et si imposant n'allait serviique de cadre funèbre au plus funèbre des tai)leaux. La victime ne devait quitter la terre qu'après avoir laissé tomber un dernier regard sur ces splendeurs passées, qu'après avoir, sans doute involontairement, laissé égarer son esprit attristé dans mille souvenirs de gloire et d'adoration. Ah ! si toutes ces p^randeurs éclipsées se représentèrent à T^ouis XVI, ce ne fut qu'une image tout-à-fait fugitive; le bien qu'il avait fait , le bien qu'il avait voulu faire, les grâces qu'il avait ré[)andues , durent aussi consoler son ame. Mais, je l'ai déjà dit, les assassins si soigneux d'ajouter à l'horreur du supplice s'étaient rromjiés, etTiOuis XVl n'habitait ])ius dans les jours

Page 1