‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 154 sur 184 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

l'expiatiou et du pardon? Ce que nous avons expli({ué ne peut faire l'innocence de ceux qui se sont rendus les instruments de la mort, ni le crime de celui qui l'a reçue avec courage et résignation. Homme infirme, qui devez rester courbé sous le poids de votre crime expié, c'est aussi du courage et de la résignation que nous exigeons de vous. Jusqu'à présent vous n'avez subi que la moitié de votre peine, le remords; maintenant il faut que vous subissiez l'autre moitié de la peine, celle de l'amnistie au lieu de l'impunité. Ecoutez-nous encore, ajoutaient-ils; Dieu a l'éternité pour récompenser ou pour punir les individus; il n'a que le temps pour punir les nations : voilà tout ce qu'il est permis d'entrevoir dans les profondeurs de ce mystère. Ainsi donc, dans cette assemblée dont vous fîtes partie, et qui s'arrogea le droit de juger son roi, les uns ont été d'odieux bourreaux ; les autres , de sombres fanatiques; quelques uns furent, à leur insu , des sortes de prêtres et de sacrificateurs pour immoler la victime expiatoire. Du haut de son trône immuable et au-dessus de tous les changements , Dieu peut-être avait condamné le juste pour le salut de la France qu'il aime. Ce Dieu n'avait-il pas voulu que son Fils payât la dette de l'humanité? Le roi a racheté la France comme Jésus-Christ a racheté le genre humain. «

3i)-2 L'HOMML SANS NOM.

Il me serait difficile, seulement d'après ce que j'ai ouï raconter, de développer ici la doctrine de la solidarité comme la développèrent les deux prêtres dans leurs entretiens avec le Régicide. Celui-ci, ainsi qu'on a pu le voir déjà, y était tout préparé. Quant à moi, je baisse les yeux devant de si vives clartés, et j'adore en silence, sans prétendre expliquer les lois intimes qui réjouissent le {^enre humain , ni justifier à notre intelli{|ence finie les raisons de la Providence divine. Les Chérubins eux-mêmes se voilent la tace avec leurs ailes immortelles, lorsque Dieu daigne leur montrer sa gloire. Mais ce qui est plus accessible à ma pensée, ce sont d'autres paroles des deux prêtres, et que l'on m'a répétées. Us disaient avec l'autorité de leur ministère: «La mort est le châtiment du péché. L'heure et le genre de mort sont indifférents. Que l'homme de bien , le juste par excellence, périsse sous le fer des bourreaux ou dans les cruelles agonies de la douleur, peu importe. C'est la destinée de Tame immortelle, qui seule mérite ([ue l'on scn occupe. C est la destinée de famé immortelle, (pii seule mérite ipie le regard dû Créateur s'abaisse sur la terre. Si Dieu n'avait créé que des mondes, il ne se complairait point dans son ouvrage. Ainsi tjue nous le disions ton t-à-l' heure, le roi a dû payer la dette de la l'rancc;, et la France, à son tour, a dû c\|)icr le

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