APRES SA MORT
( Une main étrangère a ajouté quelques notes à celles du Régicide : ces notes ajoutées sont renvoyées au bas des pages. )
Maintenant que des prêtres du Seigneur ont bien voulu m'admettre au bienfait de la réconciliation ; maintenant que sans avoir perdu la mémoire de mon crime , il pèse moins sur ma conscience devenue plus calme , ne pourrais-je pas mettre en ordre quelques pensées? Pourquoi ne peindrais-je pas les tourments que j'ai éprouvés , et la tranquillité qui a succédé à tant d'orages? Mes loisirs, jadis pleins d'amertume, et rendus sinon tout-à-fait paisibles, du moins supportables, ne pourraient-ils pas être employés d'une manière utile? Mon exemple in-
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struirait à conscivei' son innocence ou à la recouvrer lors(jn'elle a été perdue. O mon Dieu ! je n'étais j)as(Ji^ne<jue vous fissiez le bien j)ar moi ; mais peutêtre vouliez-vous que je fusse une leçon vivante pour ceux (jui méritent d'être mieux aimés de vous, et f{uc vous voulez préserver de tomber dans fabyme où je me suis laissé entraîner. Tétais réservé à être éprouvé par la honte et le remords. Sans doute je n'étais pas capable de n'être éprouvé que par des malheurs non mérités. Il fallait que je parvinsse à accepter avec résignation le triste et funeste ministère du mal. Était-ce, ô mon Dieu, pour me perfectionner? Les choses de la vie auraient-elles eu trop de prix <à mes yeux si mon innocence eût été conservée, même pour être contre moi un sujet de persécution ? La haine des méchants m'eût trop honoré; il était nécessaire que je m'attirasse toute la haine des bons; et cette haine encore n'eût point suffi pour plier ma nature rebelle, il fallait (jue le mépris y fût mêlé. Vous aviez vu en moi un être trop disposé à s'enorjrueillir des belles facultés que vous m'aviez départies, et vous avez ju{{é à p'opos de les flétrir pour mon bien.
Par où commencerai -je? Oscrai-jo ])l;ii(l('r la