DEUXIÈME PARTIE. 4i
qui n'a pas pu recevoir son exécution à cause du malheur des temps, se montra dès l'origine par l'abandon du droit de joyeux avènement, par un don extraordinaire de seize millions , au-dessus du don gratuit obtenu du clergé en i y 8 2, et par un prêt gratuit des fermiers-généraux, de trente millions en lySi. lia première année du régne de Louis XVI s'était à peine écoulée, que déjà l'on remboursait vingt-quatre millions de la dette exigible, cinquante de la dette constituée, vingt-huit des anticipations , ce qui doit faire penser que sans la création de la marine, sans la guerre d'Amérique, sans les obstacles de tout genre qui s'opposaient à chaque instant à ses vues bienfaisantes et éclairées , il aurait fait d'immenses économies , comblé successivement le déficit , et allégé le poids des impôts pour la classe du peuple.
Tous les changements introduits par Louis XVI dans son gouvernement ne furent point des concessions obtenues à force de réclamations ou par la rigueur des circonstances : puissant, victorieux, dans tout l'éclat de la prospérité , ne recevant que des marques d'adoration, il aurait pu facilement oublier les besoins du peuple , être sourd à la voix du siècle. Mais, ainsi que nous l'avons remarqué, il marchait avec la civilisation.
Les écrits d'hommes tels que M. de Malesherbes ,
cest-à-dirc criiommes revêtus de la confianre tlu prince, soit clans les ministères, soit dans la maf^istraturc, soit dans les administrations, font partie en qucUpic sorte des actions du prince lui-même, lorsque ces écrits tendent à améliorer, à perfectionner toutes les branches de leconomie sociale. Jamais, à aucune époque, il n'y eut plus d efforts faits en ce genre avec l'approbation et même avec l'assentiment de l'autorité.
Toujours attentif à l'opinion, qu'il voulut toujours laisser libre dans l'expression de ses vœux ou de ses désirs, Louis XVI eut peut-être pour elle troj) de condescendance : cela se voit par les fréquents changements des ministres. Si l'on peut lui reprocher à cet égard ([uehjuc faiblesse, on ne peut lui reprocher d'avoir trop écouté ses affections particulières.
L'assemblée des notables ne fut-elle pas ensuite convoquée par Louis XVI, librement et volontiiirement? Ne proposa-t-il pas à cette assemblée, avant toute délibération, l'impôt territorial en nature ou en argent; un impôt du timbre ; la vente d'une partie des terres du clergé et de tous ses droits honorifi(jues; la réduction de la taille et de la gabelle; l'aliénation des domaines, en ne se réservant que la souveraineté; la liberté du connuerce des grains; des assendDlées de jtroviiices, tie districts, de pa-