DEUXIÈME PARTIE. 4i
roisses? N'offrait-il pas de réduire de quinze millions sa dépense personnelle; de diminuer celle de chaque département? ne voulait-il pas la suppression des privilèges portant exemption de charges publiques ? Ne voyait-il pas la convenance de frapper les pensions d'une imposition d'un cinquième, pour décharger d'autant les autres impositions qui pesaient immédiatement sur le peuple? Enfin, ne promettait-il pas de nouveau la publicité annuelle du compte des finances?
L'assemblée des notables fut insuffisante pour le bien que Louis XVI voulait opérer. Dès-lors ce monarque , dévoré de l'amour de son peuple , nourrit la pensée de convoquer les états-généraux. Dès-lors il provoqua les lumières sur cet objet. Il encouragea les discussions entre les publicistes (arrêt du conseil de 1788). Mais il voulut, sans le concours des états-généraux, consacrer deux grands principes, celui de la tolérance religieuse, et celui que la nation ne pouvait pas être imposée sans son consentement (i).
(i) Il eût été à désirer que Louis XVI se fût investi pleinement de la fonction de législateur, sans le concours des étatsgénéraux. L'ensemble des propositions faites à l'assemblée des notables et celles qui forment la déclaration du 23 juin , prouvent que Louis XVI, avec moins de timidité, eût pu
4i6 LHOMMi: SANS NOM.
I']n convoquant les états-généraux, il ilouhla la représentation du tiers-état (i).
Je m'arrête ici quant à présent; je n'ai voulu d abord établir (pi une seule cliose , c'est (pie liOuis XVI n'avait point attendu la révolution pour marcher vers le développement de destinées
s'investir de la haute lonction de législateur, fonction qui domine celle de roi.
Louis XVI ne voulait que réaliser ce qui était déjà. Louis XVIII a opéré la réalisation.
(i) Pour ju{jer cette mesure, il faut se transporter au temps où elle fut adoptée. M. Boissy-d'Anglas prouve très bien qu'elle était indispensable pour le salut niC'nie de la couronne. M. iNecker, en la proposant, ne fit qu'obéira ce qu'il y a de plue impérieux dans la force des choses.
Les cahiers furent unanimes pour demander des institutions.
La grande faute qui fut faite en 89, ce fut de n'avoir rien préparé pour l'ouverture des états-généraux.
Si, à ce moment-là, les différentes dispositions dont il vient d'être parlé, avaient été converties en loi fondamentale, érigées en charte, on aurait évité toutes les déjdorables dissidences de cette première époque.
Il parait au reste que M. de ÎMalcslierbes était allé plus loin encore que M. Nerker. Dans un mémoire sin- les états-généraux, ce vertueux magistrat demandait que la représentation fut fondée sur la propriété seule. Sans doute ce mémoire avait été soustrait à Louis XVI, et l'infortuné monarque ne l'a connu que dans la tour du Temple, où il lui fut communiqué, après beaucoup d'instances, par M. de Malesherbes lui-même. Cette lecture tit ime impression très vive sur l'auguste prisonnier : !«• redoutable avenir, qu'il envisageait alors avec tant de calme.