HUITIÈME FRAGMENT
25 octobre i8oq.
C'est bien inutilement que l'homme se promet de ne plus nourrir clans son cœur de vains désirs, et dans son ame de trompeuses illusions. Séduit tous les jours par les mêmes ruses de l'espérance, tous les jours il se laisse enlacer , comme un enfant, dans les rets trop séduisants de cette enchanteresse. Au moment où il s'éveille d'un songe agréable, il s'efforce de fermer de nouveau les yeux pour ressaisir la chimère dont il fut le jouet pendant son sommeil. Et parceque ses infortunes semblent tenir à des circonstances qui en effet auraient pu ne pas exister, il va presque jusqu'à s'imaginer que le malheur fait exception à la commune loi, que le bonheur est la chance naturelle de la vie.
Unjeune homme et une jeune fille s'aimaient. Le rang de leurs familles n'était pas le même, et leur fortune n'était pas égale. Mais pleins de candeur et d'in-