‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 42 sur 184 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

sœur, retourne à la cour d'Argos presser racconiplissement de ses projets de vengeance.

« Alors la fille d'OEdipe forme le projet d'aller à Thébes ; elle veut essayer si elle aura plus de pouvoir sur Etéocle. Thésée lui donne des gardes pour l'accompagner, et protéger son voyage au milieu des préparatifs de îa guerre. Il confie le commandement de l'escorte à Pirithoûs, son compagnon d'armes et son ami. Antigone est couverte d'un voile, elle tient à la main le rameau des suppliants; un héraut marche devant elle. Les soldats qui couvraient déjà les campagnes laissent avec respect passer la vierge charmante qu'ils ne connaissaient point. Lorsqu'elle est arrivée près de la ville de Thébes, le héraut crie trois fois au pied des remparts , et la porte s'ouvre à l'instant. Pirithoiis reste avec ses guerriers hors de la ville, parceque Thésée leur a défendu d'entrer dans Thébes. Us attendent qu Antigone vienne se remettre sous leur protection.

«La fille d'OEdipe s'avance seule, précédée du héraut, et se rend au palais du roi. Le peuple se hâte autour d'elle; chacun s'interroge sur cette apparition merveilleuse. Les uns disaient : « C'est la «jeune épouse de l'exilé; elle vient demander la « paix. » Les autres prétendaient que c'était une vierge savante, née d'un sang illustre, et envoyée pai les prêtres de la Samoihrace pour purifier le

palais ilOEdijJC cl la ville de Cadmus. Enfin d autres disaient : « Ccst quelque divinité de TOlynipc, « qui vient réclamer un culte et des autels; et sans « doute, à ce prix, elle promettra le salut de Thè- « bes. » Nul ne soupçonnait que ce fût Antifjone, parccf[ue nid ne pouvait penser (jue la fille des rois dût se présenter en suppliante. Elle parvient ainsi jusqu'au palais de son frère. Etéocle accourt. « Roi , « dit Antigone , faites retirer vos j^ardes. » Les gardes se retirent, et Etéocle demeure seul. Antigone alors se jette à ses genoux, et, levant son voile: « Recon- « nais ta sœur, dit -elle, reconnais Antigone. » Etéocle reste muet d'étonnement. «« Oui , c'est moi , «continue 1 héroïne, cest moi qui ai suivi OEdipe u dans Texil ; avec lui j ai partagé le pain de la mi- « sère; j'ai reposé ma tête où il reposait sa tête. Il a « disparu à mes yeux au sein d'un orage effroyable. « Colère des Dieux , que vous êtes terrible ! Mon « frère, j'ai entendu les dernières paroles de l'infor- « tuné qui fut ton père et le mien, qui fut aussi le « père de Polynice ; j'ai entendu ses derniers gémis- « sements. Te souvient-il des malédictions qu'il pro- «féra lorsqu'il descendit du trône oii tu es assis «maintenant? Etéocle, ô mon frère! rassure- toi; « ces malédictions n'ont point acquis cette sorte de « solennité qui accom])agne llieurc suprême. ( Siili- « pecst mort sans maudire de nouveau ses fils mal-

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