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« sanl roi d'Arjjos, les Muses méconnaissent le plai- « sir... »
« Il allait continuer. Tout-à-coup les portes de la salle du festin s ouvrent avec fracas. C'est Tydée, tout couvert de san^if et de poussière. « Mort à «Tbébes, s écrie en entrant le prince de Galydon, « mort à Thébes ! Je suis allé dans la ville perfide , « j'ai parlé au faroucbe Etéocle : il m'a accablé d'in- " jures , parceque je lui conseillais de céder un trône « usurpé. Je me suis retiré en frémissant de rage. « Arrivé au lieu où se termine la forêt de Némée , « et où rinacbus sépare les terres fertiles d'Ai^os «du territoire de Mantinée, je suis inopinément « tombé dans une embuscade de Thébains. Seul «j'ai soutenu l'effort de cincpiante guerriers; j'étais «semblable au terrible Até; mon glaive s'est désal- « téré dans le sang. Mort à Tbébes! Ville de Gad- «mus, tu compteras mes blessures à la lueur de « tes incendies ! »
« Adraste ordonne aux femmes de se retirer, et confie la malbeureuse Antigone aux soins d'Argie et de Déipbile. Les guerriers restés seuls dans la salle du festin , Adraste dit avec douceur au prince de Galydon: «Tydée, vous n'avez aucun respect « pour la faiblesse. La présence des femmes devrait « cependant retenir vos discours. Dans la force de «l'âge, nous savons mal réprimer nos emporte-
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« mcnts; combien je redoute que vous n'ayez cétié à «la colère! Prince, vos menaces auront irrité 1 or- «gueil d'Étéocle. Ah! plutôt, que n'ai-jc pu eu- «voyer quelque safje vieillard, comme Ampliia- « raùs ! il eût employé le langajye de la persuasion ; « et le Thébain , sans doute, eût reconnu les droits « de mon fjendre. j'
« Le droit, c'est le fer, répond Tydée; la justice, « c'est la mort ! >»
«Mon fils, dit Adraste, je le sais, les combats « plaisent aux héros; mais craij^nons que trop d'ar- « deur pour la guerre ne nous rende injustes et « cruels. Voyez deux coursiers maîtrisés lun et « l'autre par une main puissante : le cri de la guerre «les réjouit; ils se dressent sur leurs jarrets uer- « veux ; la tête élevée, ils respirent de loin le bruit « de la bataille. Au son de la trompette de Tyr- «rhène, tous leurs sens sont éveillés; ils secouent «leurs crins flottants; de leur ongle d'airain ils « creusent la terre. Tous les deux ont de la flamme n dans le regard; le mépris du danger habite leur « forte poitrine, et la terreur sort de leurs naseaux « fumants. L'un a été nourri dans les étables de « l'affreux Dioméde, qui fut tué par Hercule; l'autre « a été élevé dans les riches haras d'Argos. IjC cour- « sier, accoutumé à l'horrible pâture (pii lui fur «donnée par les esclaves duu tyran, a (juel((iic
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" chose de féroce dans son courage : il lui faut de la «chair et du saufif. Le noble animal qui se désal- '< térait dans leau des fontaines, et qui paissait les « gras pâturages de Unachus, n'est pas moins fier, « na pas moins de courage; mais un sentiment gé- M néreux l'anime : c'est la gloire toute seule qui « lentraîne au péril , et non point le désir féroce du « carnage. Telle est la différence de deux guer- « riers. «
«Je vous comprends, dit Tydée, je vous com- « prends, roi d'Argos. Ainsi vous payez mes ser- « vices avec des outrages! Oui, je suis le coursier « nourri dans les étables de Dioméde. Oui, il me « faut de la chair et du sang. Mais c'est la soif de « la vengeance qui me rend féroce. Je le sens , les « larmes de Thébes peuvent seules apaiser les tour- " ments de mon cœur; les cris des épouses et des « mères désolées peuvent seuls réjouir mes oreilles. « Je veux les plaintes de mille mourants ; je veux les « gémissements de tout un peuple. »
« Malheur à moi, s'écrie alors Polynice, malheur « à moi ! Je porte le fer et le feu dans la ville qui me « vit naître! Je porte le fer et le feu dans la ville qui « me donna l'hospitalité ! Je suis pour tous un sujet «de trouble et de terreur! Barbare destin, tu l'as « voulu ainsi ! »
" Cependant il se faisait un grand tumulte à la
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porte du palais. C'était Timpic Capanœ. Il avait vu revenir le prince de Calydon, et le cri de la fjucrre avait retenti dans tout Arf^os. Erinnys secoue SCS torches invisibles. On entend comme un sourd gémissement dans l'air. Les mères pressent leurs enfants sur leur sein. Les cavales, dans les étables, témoi{|nent une sorte de soufliance par des hennissements douloureux. Les chiens hurlent dans les maisons comme lorsque, en gardant les troupeaux, ils voient des loups affamés rôder sur les hauteurs. Des nuées de corbeaux s'abattent sur les toits, et demandent la proie qui leur est promise. »
Tirésias, en racontant ces choses, avait lame f)ppressée. Il s'arrête; et, adressant la parole à Daphné: «Ma fille, redis-nous l'hymne de Castor et « PoUux , cet hymne qu'un jour les nations de la " Grèce chanteront en marchant au combat ; car « les hommes semblent se plaire encore à répéter les « chants de la concorde, au sein même de la guerre, « comme pour en adoucir les horreurs. x\insi les «Arcadiens, au milieu du tunuilte des armes, « aiment à jouer sur la flûte de Pan les airs cham- « pêtres dont ils font retentir leurs montagnes jien- « dant les loisirs de la paix. Ma Hlle, la peinture de «l'amitié de deux frères soulagera nos cœurs i\u