‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 66 sur 184 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

\a\ troupe lamentable, conduite par Pirithous et parles soldats d'Athènes, était anssi rentrée, et avait arrosé de ses larmes le seuil de la porte Néitidc. I^e roi des Lapithes, toujours fidèle aux ordres de Thésée, s'était retiré aussitôt dans la noble cité de Minerve.

«Puissant monarque de l'Asie, vous savez les funérailles de Jocaste. Dapliné vous a redit l'hymne des tombeaux ; elle vous a raconté la cérémonie de la boucle de cheveux, le prodige du serpent, les libations de lait et de miel. Aujourd'hui, je ne vous entretiendrai que de la guerre des sept chefs et des malheureux enfants d'OEdipe.

« Déjà des combats terribles s'étaient donnés au pied du mont Phicéus, que le Sphinx a rendu célèbre , dans les plaines fertilisées par les ruisseaux qui descendent du Gythéron , parmi les gras pâturages de Lerne. Déjà cette vallée immense, où les murailles de Thébes s'élevèrent au. son de la lyre, avait été couverte de morts; déjà les ondes du Dircé et de l'Isméne avaient été teintes du sang de mille guerriers.

« Mais les peuples impatients , las d'une guerre sans issue , demandent à grands cris que cette querelle soit terminée en un jour, ou par le combat des deux frères , on par une bataille générale et décisive.

i,^o ANTIGONE.

«c La veille (le eejour, jour afTVcux ({ui auiait dû ne pas naître, le soleil se leva an niilien desprésa^jes les j)lns sinistres: les oiseaux dn ciel volent avce inquiétude dans les airs, en poussant des cris plaintifs; les animaux sauvages hurlent au fond des forêts; les chevaux et les cavales gémissent dans les étables. Le divin Amphiaraiis, du côté des Argieus, et moi, du côté des Thébains, Inn et Vautre le front ceint du laurier d'A[)ollon , Tun et Tautre entourés de victimes, nous nous préparons avec douleur à remplir un ministère de malédiction. Nous prenons les augures, ils sont menaçants des deux côtés. Les vigoureux taureaux égorgés rendent un sang noir, et leurs entrailles fumantes inspirent riiorreur; le feu du sacrifice refuse de consumer les victimes. Il reste une génisse fauve, destinée à l'impitoyable Érinnys. Alors commencent les imprécations; alors Amphiaraiis voue aux Dieux infernaux, et la ville de Cadmus, et ses habitants, el finjuste Étéocle, qui veut priver son frère du trône paternel; alors moi-même je voue aux Dieux infernaux , et le camp des Argiens , et les nombreux guerriers qui le remplissent, et l'impie Polynice, qui vient porter le fer et le feu dans le sein de la patrie. Justes Dieux, vous agréâtes, sans doute, les inqirécations des deux peuples! F^a génisse fauve fut consumée à l'instant. TiCS Argiens évocpient

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