‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 68 sur 184 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

« lia nuit couvrait la terre; la triste Hécate s était levée sur riiorizon , et éclairait d'une lumière douteuse toute la campapue de Thébes. De temps en temps, des nuaj^es noirs venaient couvrir d'un voile épais le disque argenté de la lune. Alors les feux des troupes argiennes offraient seuls quelque clarté, mais une clarté sinistre, et dessinaient comme une ceinture de mort autour des remparts thébains; et du sein d'un profond silence il sortait des sons inarticulés, semblables à des voix gémissantes; il y avait une odeur de soufre répandue dans l'air ; le présage de mille maux accablait tous les cœurs, et la nature elle-même paraissait être dans une attente lamentable.

«Ampbiaraûs, assis devant son camp, considérait la porte Homoloïde, gardée par Etéocle, et vers laquelle il devait diriger son attaque. Il voyait avec effroi cette inquiétude secrète qui régnait de toute part, ce tourment qui semblait soTtir même des objets inanimés. Il fit, en tremblant, un sacrifice à la Terre. Ce sacrifice magique ne rassura point son ame: " Dieu de Délos, dit-il en lui-même, vous " aviez promis à votre grand-prêtre qu'il ne serait « pas obligé de combattre dans cette guerre ; ab ! '( daignez me ravir à la lumière. Et vous , mère « commune des hommes, vous à qui je viens d'of- " frir des sacrifices expiatoires, ouvrez- moi votre

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