‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 75 sur 184 · T.IVRE V · texte numérisé non relu

T.IVRE V

« Non , dit-il à Tydée après un instant de silence, «non, je n'entrerai point le premier en ennemi « dans la ville qui m'a vu naître. »

■< Tydée l'écoute à peine, et il s'élance. Déjà il a franchi le seuil embrasé ; d'autres guerriers se précipitent à sa suite. Des torches ardentes sont jetées dans les maisons, pendant que le fer immole les soldats de Thèbes. Tydée, pareil au dieu Mars, se rassasie de vengeances. Impatient de ce qu'il ne trouve point d'ennemi digne de son courage, il égorge avec dédain ce peuple obscur qui voudrait en vain se soustraire à ses coups. Ménalippe fait des prodiges de valeur pour défendre la porte qui lui fut confiée; il meurt de la main du prince de Galydon, qui se réjouit d'avoir privé delà lumière du jour le vaillant fils d'Astracus. Les soldats de Ménalippe tombent autour de leur chef: les infortunés veulent du moins soustraire son corps sanglant aux outrages d'un vainqueur, barbare; c'est en vain : le vaillant Tydée s'empare du cadavre, et le remet à ses compagnons. Les maisons retentissent de cris et de hurlements. La malheureuse ville de Cadmus est en proie à mille terreurs ; l'incendie menace ses palais et les temples de ses Dieux ; ses citoyens sont immolés sans pitié sur le seuil même de leurs demeures : un nuage noir l'enveloppe comme d'un voile funèbre. La tempête qui

>i,) ANTIOONE.

bouleverse les éléments; les cris confus qui retentissent au loin, semblables à une mer afjitcc venant se briser contre d'affreux récifs; le pétillement des flammes: tout est terrible, tout annonce la colère des Dieux, la destruction , la mort.

«Le vaillant Ilyperbius, qui défendait la porte Néitide, impatient de ne point voir un ennemi dont il entendait les féroces clameurs, avait ordonné d'ouvrir cette porte, et s'était précipité dans la camparrne; Étéocleet Hémon s'y étaient précipités avec lui. Déjà plus d'un Ar{^ien et plus d'un Thébain avaient mordu la poussière : Ilyperbius luimême, victime de sa témérité, était tombé percé d'une multitude de flèches.

« Parthénopéc, dans la fleur de la première jeunesse, et beau comme une nymphe des bois, à la vue des héros tliébains s'avance, et brûle de si{^na- 1er son courage en combattant contre eux. « Qui « ètes-vous? dit le généreux Ilémon. Sericz-vous la « fille chérie d'une belliqueuse Amazone? Rctirez- '< vous, vierge charmante; vous êtes faite pour or- « ner les solennités des Muses, et non pour vous " mêler aux jeux sanglants de Mars. »

".le ne suis point une vierge timide, répond le «guerrier; je suis un adolescent j)lein de force et « de courage. Mon (|uin/iènie printemps vient de «naître; je me suis échappé des bras de ma mère

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