LIVRE V. 2.M
arjïiciiiics, rentre dans le camp d'Adraste. Le combat lecommeiice avec un acharnement affreux. Les Thébains sont chasses à leur tour du cami) du roi , comme les Arj^iens avaient abandonné Thèbes, forcés à la retraite par le courage mesuré du noble fds
de Gréon.
a La tempête ne ralentissait point la bataille. Ce long jour de carnage était près de finir : les combattants redoublent de fureur, comme pour prévenir l'oisiveté de la nuit. Les malheureux! ne dirait-on pas (lu ils ont tous promis un certain nombre de victimes au farouche Mars, et qu'ils veulent accomplir ce vœu barbare? Ainsi, sur les fertiles coteaux de Prosymne, des vignerons, après avoir, depuis le lever de Vaurore, sans relâche, arrosé de leurs sueurs les sillons d'un maître exigeant, lorsque le soleil commence à descendre derrière les montagnes, s'ils nont pas achevé de remplir la cuve où teiniente le vin généreux, prolongent encore leurs travaux, malgré la fatigue qui les accable, pour se soustraire aux durs reproches dont ils se croient menacés. Ainsi étaient les guerriers autour des murs deThébes. Alors, justes Dieux! quel spectacle vîtesvous des sommets de TOlympe! Ah! je pense (pie les Furies elles-mêmes durent frémir. C'était, sur tous les points, une horrible mêlée. Les bataillons se précipitent au milieu des bataillons, et s'y fondent.
comme, dans une {grande tenij)ête, un Hof immense vient se j)crdie dans le flot sur lequel il rt*tombe en (fémissant. Le bruit du fer beurtiint le fer se fait seul entendre. Pas un cri ! Dieux! j>as un cri pour exprimer la rage des combattants! Le tonnerre, qui retentit par intervalles, annonce que la ven(jeance des Immortels n'est pas encore satisfaite. On croiraitlcs bonimes frappes tous de la foudre, an lieu dêtre immoles par la main des bommes, tant cet étrange silence est affreux! Calamité borriblc <jui pèses sur les jjeuples, ne vas-tu point cesser? Quelques cris rares et faibles retentissent de nouveau çà et là : «Grâce! pitié! rançon!» Aces cris succèdent aussitôt ceux-ci: "Point de grâce! point "de pitié! Vengeance! mort!" Puis encore le silence : calamité horrible, tu touches à ta fin!
«La nuit était descendue sur la terre, et des nuages de feu remplacent, par une lueur livide, la clarté déjà si douteuse de ce jour de ténèbres. liC moment est arrivé. Les paroles de Topprobre et du malheur vont .s'accomplir : la malédiction serre de nœuds terribles les coupables fils d'OEdipc; ils n'échapperont point à leur funeste destinée. Ainsi jadis j ai vu le serpent du mont Ilénuis : caché dans une caverne, le reptile redoutable jeUnt la terreur dans toute la contrée. Une ma{;icienue vient au secours des habiUiuts du pays, i^ile arrive près de la ca-