TROISIÈME PARTIE
fice expiatoire pour la société, du moins l'un des deux livre son propre sang. L'un est justement flétri, l'autre le serait injustement: voilà toute la différence.
Néanmoins , lorsque l'homme social sera plus nourri encore du sentiment moral, le soldat sera obligé, ou plutôt il ne pourra plus s'abstenir d'examiner lui-même , de discuter avec les siens , la cause pour laquelle il prend les armes. Le soldat romain prêtait un nouveau serment pour chaque chef militaire qui lui était donné, et voici la formule du serment : In sacramentum , in verba consulis, proconsu/is. C'était donc , au fond , une sorte d'identification de l'armée avec son général , une foi dépouillée de toute acception passive et purement machinale, si incompatible avec la dignité humaine. Cette identification est tout-à-fait dans le sens des sociétés anciennes. Les sociétés actuelles auraient besoin d'une institution analogue, mais qui fût en rapport avec le progrès des idées. Que cette institution revive! alors la guerre, qui est un combat d'êtres intelligents, finira par devenir un combat d'êtres moraux, où la justice triomphera, comme ce fut peut-être, à l'origine, dans les jugements de Dieu. C'est par ignorance que je dis peut-être, et je serais tout disposé à être plusaffirinatif; mais je ne connais point assez le fait psychologique. Je sais seulement