‹ ŒuvresChapitre 152 sur 175 · TROISIÈME PARTIE. 3n · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. 3n

lilé en nous, d'assurance dans notre individualité'- Quant à la résistance de la part des gouvernements, elle se conçoit mieux encore. Ils s'accoutument a l'indolence et au repos. Les rois aiment à régner comme un autre homme vit , respire, voit la lumière. Ils sont épouvantés d'un changement quelconque s'introduisant dans les mœurs et dans les idées d'un peuple; encore ils s'en épouvantent trop tard. C'est pour eux l'apparition d'un météore toujours inattendu, d'un signe sinistre dans le ciel. La paisible étoile se levant sur des bergers, et conduisant les mages de l'Orient dans une étable de Beth-

léem, alarme le vieil Hérode; et, pour perdre un enfant, il ordonne que les enfants de tout un peuple soient égorgés, car l'enfant qu'il veut perdre est l'enfant des destinées nouvelles : cela suffit. Les gouvernements ne voudraient (pie des peuples stationnaires; leur devoir cependant et leur intérêt seraient de marcher dans la voie du progrès et du développement, d'y marcher à la tête du troupeau qu'il leur a été donné de conduire. Qu'ils fondent dans l'avenir, au lieu de vouloir sans cesse recrépir le passé : ils seront tranquilles plus long-temps. Balzac a dit que la France avait coutume de prendre pour pilote la tempête. Nos rois, il faut bien le remarquer, ont toujours marché selon les temps; mais ils ne les ont jamais devancés. Voilà pourquoi

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ils n'ont jamais eu de repos. Ne gouverner que le présent, c'est en effet se livrer aux orages. Peutêtre les princes législateurs ne peuvent se rencontrer clans une civilisation tout établie , encore moins dans une civilisation avancée; il y a de bonnes raisons pour cela, n'oublions pas celle de l'émancipation , de l'affranchissement successif de la tutéle.

Les hommes religieux qui voulurent continuer de nier à Galilée le véritable système du monde, auraient compromis la religion , si elle eût pu être compromise. Ceux qui voudraient continuer de croire aujourd'hui que les jours cosmogoniques de la Genèse sont des jours en analogie avec l'espace de temps qui se mesure d'un soleil à l'autre , et que les jours à l'usage de l'homme commencent avant le temps où l'homme a pu s'en servir, ceux-là compromettraient encore la religion. Ceux qui écrivent qu'une seule forme sociale , celle du moyen âge, ou la forme théocratique, est compatible avecla religion , et que l'homme doit rester sous les lois de la tutéle, ceux-là compromettent à leur tour la religion, et la compromettent à un point qui fait trembler. Le sentiment moral et l'humanité ont fait des progrès dont il faut tenir compte : la religion a aidé à ces progrès; que les hommes religieux

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