‹ ŒuvresChapitre 154 sur 175 · TROISIEME PARTIE. 3i · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. 3i

Dieu et ses semblables. Ne percions jamais de vue la pensée qui réside au fond de tout cet écrit, et à laquelle toutes les autres pensées sont toujours subordonnées, à savoir la pensée de l'homme universel, de l'homme général, et la pensée de cet homme divisé en individus distincts entre eux. C'est ainsi qu'on peut expliquer ce que j ai dit plus haut, et le concilier avec ce que je dis ici. L'homme général, c'est-à-dire 1 homme pris dans l'ensemble des générations issues de la substance primitive, je pourrais le nommer aussi, dans un sens, l'homme cosmogonique: celui-là seul est une puissance de ce monde.

L'intelligence et le sentiment moral se sont perfectionnés successivement. L'imagination a reçu un accroissement bien plus rapide et plus prompt, puisqu'elle est de suite parvenue à ses dernières limites.

L'homme arrive dans 1 autre vie avec les perfectionnements qu'il a obtenus dans celle-ci, tel qu'il s'est fait par les moyens que Dieu lui a donnés.

La philosophie des sensations a épuisé toutes ses conséquences; elle s'est brisée contre le matérialisme.

La philosophie idéaliste a aussi épuisé ses conséquences; elle s'est perdue dans la négation des réalités; comme les Indiens, elle a fait de l'illusion

3i6 PALINGÉNÉSIE SOCIALE.

une puissance cosmogonique ; et, chose triste à penser, elle a dû ne rencontrer que le cloute, non le doute qui demande l'examen, qui implore l'expérience, mais le doute dogmatique, le doute rationnel, reposant sur une sorte d'impossibilité d'arriver à la certitude. Cela tient à ce que nous exigeons, pour la certitude, des conditions que nos facultés actuelles ne comportent pas.

Une partie de la philosophie ancienne nous est inconnue; c'est celle qui, sortant à peine de la poésie, en avait encore conservé le langage.

La philosophie pythagoricienne est fille d'une poésie antérieure, que nous sommes obligés de reconstruire par les mythes.

La partie de la philosophie, qu'on a appelée la dialectique, est évidemment le produit nécessaire et obligé du langage. La dialectique est donc la méthode même d'une langue, et cette méthode se modifie selon les esprits.

L'homme s'est toujours trouvé dans un milieu social ; par conséquent toutes ses connaissances reposent sur des traditions, ou sur des enseignements contemporains.

Il a l'intelligence pour comprendre, et le sentiment moral pour choisir.

L'homme se perfectionne au moyen du milieu social où il se trouve placé.

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