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DEUXIÈME PARTIE

religion de l'humanité. Ce n'est pas ce qu'en avait fait le moyen âge vers lequel il serait impossible de nous faire rétrograder. Ainsi donc , par le christianisme, plus de double religion, l'une pour le peuple, et l'autre pour les sages; c'est là le dernier degré de l'émancipation du genre humain. L'institution même des Mystères que toute l'antiquité considéra comme l' élément fondamental de la civilisation, ne fut- elle pas aussi un moyen employé par les anciens patriciats pour retenir la science, ou la connaissance exclusive de la tradition, à mesure que se développaient dans le plébéianisme l'intelligence, le sentiment moral, toutes les facultés humaines? Cette conjecture, au reste, sera trop prouvée par cette histoire romaine vers laquelle nous serons si souvent obligés de tourner nos regards , et où nous verrons , en effet , les patriciens faire de continuels efforts pour conserver dans leur sein le dépôt de ce que Varron appelle la théologie civile.

Enfin j'aurai à établir, dans cet ensemble de doctrines , que les premières législations écrites ont souvent conservé les formes symboliques des législations traditionnelles, ce qui offre la possibilité de pénétrer plus avant; et à cet égard nous aurons à tirer de la loi des xn Tables, si fortement empreinte encore d'un droit que l'on pourrait

i \:i PALINGÉNÉSIE SOCIALE.

nommer cyclopéen, des inductions qui nous serviront, je l'espère, à mieux entendre l'antiquité: là nous trouverons des formules susceptibles d'être expliquées seulement par le symlolc, en remontant à la signification originelle de mots qui furent témoins d'un ordre de choses antérieur.

Au reste, si j'ai fixé chronologiquement la fable de l'Orphée, c'est uniquement à cause du mythe romain , et non à cause du mythe grec , qui devait m'intéresser peu, ne voulant et ne devant admettre que les données les plus générales.

Je renvoie à l'addition qui ouvrira le volume suivant, et aux Preuves qui termineront la présente publication, ce que je croirai utile d'ajouter sur le personnage même: il suffit bien de savoir que pour nous Orphée est un nom donné à une tradition; c'est, comme il a été dit, la raison de ce qui a précédé. Il ne faut donc pas s'étonner de toutes les incertitudes qui existent à son égard. C'est ce qui arrive toujours lorsque la tradition veut devenir de l'histoire.

Je pourrais m'arrêter ici, puisque j'ai encore à demander un nouvel entretien à nies lecteurs avant de leur présenter l'Orphée; mais on me permettra quelques mots pour expliquer pourquoi chacun

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