‹ ŒuvresChapitre 74 sur 175 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

au lieu d'emprunter l'appui vacillant des faits particuliers , toujours susceptibles , plus ou moins , d'être discutés. Je dépouillerai donc le fait général de la forme qu'il a reçue, et je chercherai à le faire se manifester lui-même dans toute sa netteté philosophique.

Varron, le plus savant des Romains, est le créateur de la science philologique ; et la perte de ses ouvrages est une perte irréparable. Il avait voulu écrire l'histoire du peuple romain comme on fait l'histoire d'un homme. .l'ose dire qu'à présent une telle histoire est plus facile qu'au temps même de Varron. Elle est plus facile sur-tout pour nous qui avons assisté à toute la révolution française, parceque cette révolution , si fertile en enseignements de tous genres , est un cours complet en action. C'est l'histoire de plusieurs siècles, c'est l'histoire de tout un empire , c'est même l'histoire du genre humain jusqu'à nos jours, avec ses phases les plus diverses; et cette histoire est resserrée dans l'espace de quelques années. On en sera bien convaincu.

Il est une autre perte que nous devons déplorer. Claude, qui fut un si méchant empereur, et, à ce qu'il paraît, un écrivain de mérite, avait composé une histoire de la vieille Etrurie. Pour faire sentir l'importance des traditions étrusques, relativement à la chose romaine , il suffit de se rappeler quelles

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