L-/an s le bois qui bourgeonne, au fond de la prairie
Les geais au plumage vermeil
S'ébouriffent sous le soleil Et jasent. Écoutons leurs propos, je vous priel
L'un va disant : « Je me marie, Je me marie! » Un autre, en aiguisant son bec,
— Un peu jaloux et d'un ton sec :
« D'où la prends-tu? D'où la prends-tu? De la Ramière,
Ou des Taillades du Gifou? »
Mais l'amoureux, gonflant le cou
î't dressant son bonnet à poil dans la lumière :
De Lincou ! Je la prends de Lincou 1 De Lincou ! » lit tous de rire : « 11 est donc fou? tout à fait fou?
— Et tu la prends sans dot? » Lui d'une voix vibrante : On lui fait cinq cents francs, dont je touche la rente I
— Cinq cents francs 1 — Cinq cent francs! — Cinq
[cents francs I... » Par le bois Ainsi s'en vont jasant, criant à pleine voix Les geais que le printemps convie aux épousailles l:t dont un vieux berger m'a traduit les ga:^ailles*.
' Propos de geais, bavardages.
SOUS LES IsLOISETIEIlS
i\ u bord de l'étang bleu les beaux noisetiers blonds De leurs rameaux souples et longs Égraiignent l'eau fraîche et claire,
Attroupant les menus fretins en argent vif, Qu'une truite i l'œil de colère Disperse d'un clan furtif.
Les noisetiers demain vêtiront leurs épaules, Comme leurs doux frères les saules, D'un feuillage tendre et soyeux;
Deux merles y viendront nicher, la libellule Accrocher, dans son vol joyeux.
Le bout de son aile de tulle.
Mais nous, nous n'irons plus par les petits sentiers
Que surplombent les noisetiers,
O ma première et douce aimée.
Si lointaine et si douce encore après trente ans,
Fleur de mon enfance embaumée,
Pâquerette de mon printemps 1
Nous n'irons plus par la prairie ensoleillée.
Dans l'herbe encor toute mouillée,
Vers ce nid par moi découvert Et que tu voulais voir balancé dans les branches.
Sous un dais de feuillage vert