‹ Œuvres: poésiesChapitre 16 sur 37 · CO'M EGLISE · texte numérisé non relu

CO'M EGLISE

r AUVRE église sans style, humide, basse, obscure, Je t'aime 1 — Oui, quoique ayant laissé par les chemins La ferveur qui brillait, enfant, sur ma figure, lit m'emplissait le cœur et me joignait les mains,

Je t'aime 1 Et je retourne une heure, les dimanches, \vec l'humble troupeau qui sait prier encor, ùr s'incliner toujours têtes brunes ou blanches vis la main qui bénit avec l'ostensoir d'or.

Longuement mes regards errent sur telles places, Vers tels antiques bancs ranges le long des murs, Et trouvent des vieillards aux attitudes lasses, Où j'avais vu des fronts blonds comme les blés murs.

Et vainement je cherche, au lutrin, aux chapelles, Dans la haute tribune où jadis ils chantaient, Quelques aînés de marque aux voix rudes mais belles, Dont les éclats, les jours de fête, m'enchantaient;

Tous se sont tus, et tous dorment près de l'église;

En me dressant je vois l'herbe fleurir sur eux;

Et j'attends, inquiet, que le vieux curé lise

Les noms des morts aimés, tous les jours plus nombreux.

Morts heureux cependant, car nul ne les oublie, Car leurs enfants sont là, fidèles et pieux, Et ce n'est pas en vain que leur voix les supplie D'aider d'une oraison leur âme vers les cieux...

A présent plus d'un va vers la uble mystique ; J'y vois aller surtout les filles aux yeux clairs De celles avec qui nous chantions maint cantique Jadis, les mômes jours et sur les mêmes airs.

Et lentement un charme en mon Ame pénètre; Des pleurs montent, très doux, de mon cœur i. mes cil Est-ce ma foi d'enfant naïf qui veut renaître? Vais-je trouver un port à tous mes longs exils?

Je me laisse conduire au fil d'or de ce songe; Je me refais petit, si petit que je peux, Et dans ce bain mystique éperdument je plonge Ma pauvre âme souillée à tant de bords fangeux...

Église, humble et petite église du baptême.

Des cantiques d'enfants, des amours éthérés.

Des purs bonheurs et des grands deuils, toujours je t'aime.

Et retrouve le calme en tes murs délabrés.

Vers la cMaison

DiC^lSO'M ^ COn.SOLEX

xA DtCadeîeinc.

J E comprends que le soir où, — nouvelle épousée

Si loin de ta Provence en fleurs dépaysée,

Après un dur trajet par combes, monts et bois.

Tu pénétras enfin pour la première fois

Dans ma pauvre demeure, — en voyant ses murs sombres

Où le feu du foyer luttait avec les ombres.

Les solives portant le plafond enfumé,

Et la table rustique où, sur la toile bise.

Notre antique kalel en hâte rallumé

Se balançait ainsi qu'au souffle de la bise ;

En voyant s'avancer vers toi — bons et joyeux, Mais gauches et naïfs et déjà presque vieux — Mes parents, qui t'aimaient, certes, comme leur fille, Mais qui te le disaient en leur simple patois. Sans phrases, mieux encor d'un serrement de doigts Ht d'un regard humide où l'âme tremble et brille, — Tu dus sentir ton cœur étrangement serré : Tel celui d'un enfant aux forêts égaré, Qui craint de voir, du fond de sinistres repaires, S'élancer tout à coup brigands, loups ou vipères, Et crie en appelant, et veut fuir dans le noir... Pourtant elle t'aima, malgré ses airs sévères, Ma maison, — j'en suis sûr, — et dès le premier soir. Elle t'aima de la tendresse d'une aïeule Que ses enfants grandis longuement laissent seule, Pour ses petits-enfants et leurs fraîches amours; Ainsi que les vieux nids adorent les beaux jours Qui les rajeuniront de leurs feuilles nouvelles, De leurs airs printaniers et de leurs frissons d'ailes...

Rappelle-toi, d'ailleurs, l'aurore et le réveil, Les abeilles entrant dans un rai de soleil, Le moulin caquetant, la basse-cour joyeuse, Et la grand'salle, encor la veille soucieuse. Illuminant enfin, pour mieux te faire accueil, La pierre du foyer et la pierre du seuil...

Oui, ma pauvre maison t'aimait... Et même, à l'heure Où tous les êtres chers qui l'animaient alors

Sont partis, — la plupart pour aller chez les morts, — Par les rameaux jaunis du poirier qui l'effleure Sans doute elle se plaint de ne plus te revoir, Toi qu'elle effaroucha d'abord, le premier soir. Mais dont elle abrita longuement la chimère De jeune mariée en rêve déjà mère, t ces bonheurs profonds, mais tremblants et voilés -omme les fins bluets perdus dans l'or des blés...

Aussi, si tu m'en crois, quand l'été nous ramène Dans nos forêts, descends quelquefois, en semaine, Aux heures où fermiers et bêtes sont aux champs. Vers ce logis muet aux souvenirs touchants; Pousse la porte grise aux ferrures rouillées. Et pénètre, furtive, en cette demi-nuit Où, parmi les sanglots d'eau discrète qui fuit, Pleurent sans fin de pauvres âmes esseulées; Car les vieilles maisons, comme les vieilles gens, Souffrent, j'en suis certain, des déclins affligeants, l't veulent quelquefois être aussi consolées.

LES %ETOUXS

i\ Il I combien triomphants les retours au Pays I

— Retour de l'écolier ou du soldat, qu'importe? Comme la vision se dresse, fraîche et forte, Dans nos cœurs palpitants et nos yeux éblouis, Du rustique clocher et du seuil de la pone!

Comme nous évoquons en nos rêves fiévreux,

— Des jours, des mois entiers avant l'heure bénie. Puis en route, oublieux de la tâche finie,

De la cloche d'étude et du vieux mur lépreux, — Les cloches de chez nous chantant leur litanie!

omme tout nous sourit le long des vieux chemins : i -arbre, le roc moussu d'où la source s'épanche, L'oiseau qui nous salue au bout de chaque branche, L'hôtesse qui s'écrie en nous tendant les mains, Un travailleur là-bas, appuyé sur le manche;

Des inconnus levant leurs grands chapeaux déteints lu nous disant : « Bonsoir, petit ! » d'une voix grave ; Le vieux ravin sinistre où l'on s'engage en brave, De longs abois de dogue en quelques mas lointains, Le ruisseau qu'un moulin fait jaser comme un gave;

l't — soudain reconnu — le sommet arrondi,

• luclquefois surmonte d'un grand arbre en panache,

Au pied duquel on sait que notre toit se cache,

Bien abrité du nord, l'escalier au midi,

Avec la basse-cour où le vieux coq se fdchel...

Plus qu'une lieue! Allons, un coup de vin, debout, A. la dernière auberge... et vite l'on s'échappe... l'eut à l'heure, là-bas, les coudes sur la nappe Et le dos à la flamme où la marmite bout. On oubliera si bien les douleurs de l'étape 1

Vite! vite!... Et pourtant on ralentit son pas, Dans la tiède douceur qui sort du crépuscule ; Sur le point d'arriver, il semble qu'on recule ; On voudrait débarquer de jour, on n'ose pas. Car on craint de pleurer et d'être ridicule...

Descends donc, tendre nuit aux longs voiles cendrés, Estompe les coteaux, les arbres et les roches; Laisse venir vers nous les angélus des cloches, Et les flûtes de nos ruisseaux au fond des prés, Et l'exquise langueur des natales approches!...

On arrive. — Voici les premières maisons, L'une depuis longtemps lourdement endormie, L'autre d'où sort encore une rumeur amie Et de vagues clartés s' échappant des tisons, Et le chant des grillons berçant cette accalmie.

On presse le loquet : « C'est moi ! » Moment divin ! — Surtout quand nul n'attend la soudaine arrivée, Quand toute la famille, en hâte relevée, S'ébahit et s'exclame en des baisers sans fin A celui dont le sort si longtemps l'a privée I...

Pourquoi faut-il parfois de tragiques retours Vers le lit d'un mourant aimé qui nous appelle? On voudrait dévorer la distance rebelle, Et crier : « Ne meurs pas I je suis ici 1 j'accours 1 » Mais dans les bois le vent fait sa plainte éternelle ;

Ht le gouffre répond par la voix des torrents, El les arbres tordus menacent les nuées De cris aigus, de craquements et de huées. Hntendez-vous passer, par tourbillons errants, Les âmes mortes en feuilles mortes muées?...

Amis, n'ayez jamais que des retours joyeux I Lorsque à votre berceau le destin vous rapporte, Ne trouvez au foyer jamais la flamme morte, Jamais les volets clos, ni les bras, ni les yeux. Ni jamais un cercueil derrière votre porte!

X^CIISiÉS ET DÉTl^CI'K.ES

,A diCauricc 'Barrés.

Ils sont là huit ou dix, dans le champ ou la vigne,

— Pioche ou bôche à la main, épars ou bien en ligne,

Hommes mûrs, jeunes gens, des femmes quelquefois,

Les sabots enfoncés dans la glèbe attiédie,

Le dos courbé sous le soleil qui l'incendie,

A peu prés sans regard, sans haleine et sans voix.

Ils vont plantant, semant, sarclant, selon leur force, Poussant jusques au cœur, ou glissant sous l'écorce Tige, racine ou graine, espoirs lointains ou prompts, Aprement, sans répit, dans la hâte et la fièvre Des beaux jours revenus, l'amertume à la lèvre De la sueur coulant des fronts.

Là-bas, le hêtre feuille au bord du bois qui chante ; Près d'eux, sur le coteau, dans leur pudeur touchante Rougissent les pêchers; et là-haut, dans l'azur, L'alouette en montant se grise de lumière... — Le paysan poursuit sa tâche coutumière, î cj yeux rivés toujours sur le sillon obscur.

Mais un coup de sifflet strident perce l'espace ; Un grondement le suit : le train débouche et passe Et fuit dans la fumée épaisse en haletant... Les rustiques, surpris, ont redressé l'échiné, Li fixé leurs yeux las sur la lourde machine Qui se hâte car on l'attend.

Eux, dont les pieds sont pris dans la glaise natale, Comme les ceps tordus que la colline étale, Ils regardent passer courant vers l'horizon La tribu des errants que le destin charrie, Comme l'herbe séchée et la feuille flétrie due promènent les vents de l'arrière-saison.

Ils regardent passer, en ce convoi de rêve Volant vers la cité, vers le mont ou la grève, L'ambition, l'ennui, la chimère, le deuil. Les longs espoirs déçus, la soif inassouvie De tous les vains bonheurs qui dévorent la vie Quand on s'est exilé du seuil.

Puis lentement, tournant le dos à la vallée Où décroît le fracas de la fuite affolée. Le paysan reprend son labeur obstiné, Enfonçant plus avant ses orteils et sa pioche Dans la terre fumante ou le creux de la roche D'où nul souffle nouveau ne l'a déraciné.

Seuls, à l'écart un peu, l'œil perdu dans leur songe, Deux amoureux, tandis que le train hurle et plonge Sous la montagne morne où finit l'horizon, '^entent leur cœur troublé du passage d'une ombre ; ir Lui va s'en aller vers la caserne sombre, Elle, l'attendre à la maison.

s'en ira bientôt par cette même voie, ...^portant avec lui pour longtemps toute joie. Les bons regards, les doux propos par les chemins. Le charme de ces champs fleuris de leur tendresse. Les travaux en commun, — si douxl — et la caresse De l'épaule à l'épaule et des mains dans les mains.

li, — triste de quitter la petite Payse Au teint clair, aux cheveux dorés, à l'âme exquise, — Ouvre pourtant son rôve à des bonheurs lointains; Mais Elle tremble, hélas 1 qu'après plusieurs années, Il ne revienne aux lieux où leurs amours sont nées Le cœur vide et les yeux éteints;

Ou que même la Ville à jamais ne le garde ;

Et qu'après les longs jours de fièvre où l'on regarde

Le chemin par lequel le promis s'en alla,

Elle ne reste seule à jamais, vieille fille,

Sans gaîté, sans espoir, sans amour ni famille,

Fleur sèche de la lande où le vent la brûla.

Ah ! malédictions sur vous, Cités ogresses, Mangeuses de cœurs chauds et de jeunes tendresses, Q.ui dépeuplez nos champs des beaux semeurs de blé ! Quand donc un Laboureur aux géantes charrues Fcra-t-il des sillons larges comme des rues Sous votre granit écroulé 1

LES TfÉT^4TlTS

A I^oulct.

L-' E p u I s plus de trente ans je refais ce voyage, Tous les ans à pareille époque; et tous les ans, Le même jour, au même endroit, — sans que ni l'âge, Xi l'amitié, ni l'art aux appels caressants Aient pu diminuer le regret que je sens, — Je pleure en quittant mon village.

J'avais cru que le jour où ma vieille maison N'aurait plus un vivant pour m'en ouvrir la porte, Mon cœur plus aguerri de saison en saison Laisserait, au départ, mon âme un peu plus forte; Car, en effet, pourquoi pleurer quand il n'importe du'aux morts dormant dans le gazon?...

Or comme aux premiers temps où, dans une agonie, Je m'arrachais des bras des miens tout éplorés, Mon âme saigne encor d'une angoisse infinie A quitter ce vieux toit, ces champs, ces bois, ces prés due j'aurais dans mes vers à jamais consacrés Si le cœur donnait le génie.

Plus que trois jours, plus que deux jours, un jour, un seul I Plus qu'une seule nuit, triste et pourunt trop brève, A passer au foyer, dans le lit de l'aïeul- Et du père, — attendant que l'aurore se lève Pour reprendre sa route et poursuivre le rêve Qu'eux ont fini dans le linceul I...

Debout ! le coq le crie et la cloche et l'écluse, Le nuage qui passe et le soleil qui luit, Et la brise aux forêts donnant sa voix confuse, Tout ce qui court, travaille et se hâte et s'enfuit... Debout 1 il faut qu'un peu de fumée et de bruit Quelques jours encor nous abuse!

Et l'on repart, le cœur serré, des pleurs aux yeux Rien qu'à quitter des murs, un verger solitaire, Des bêtes, des voisins qui connurent nos vieux, Des arbres dont le front nous fait un signe austère. Comme pour nous montrer leurs pieds pris dans la terre Où reposent tous les aïeux.

Et tout ce qui demeure à son tour nous supplie De rester : seuil, jardin, clocher, doux horizon ; Les infinis liens dont la glèbe nous lie Du petit coin natal nous font une prison, Et le cercle magique autour de la maison Mille fois sur nous se replie...

Ahl quel mystère en toi. Terre que nous foulons De nos premiers sabots d'écolier ou de pâtre. Maigre et dure parfois, mais qui prends nos talons, Ainsi qu'avec la main une mère idolâtre, Roche dont notre père a fait le seuil et l'âtre D'où les fous nous nous exilons I

Quelle force cachée et pourtant souveraine, Quelle vertu secrète et que rien n'affaiblit 1 Jeunes, nous la bravons ; vieux, elle nous ramène Vers l'antique foyer et vers l'antique lit, Et vers le sol connu qui nous ensevelit. Ainsi que le sillon la graine...

Départs, tristes départs 1 — D'abord, aux matins froids D'octobre, pour aller en un lointain collège ; Nos mères nous menaient, pleurantes, à la croix Du carrefour, où sur ces adieux qu'on abrège Le doux Crucifié par qui tout deuil s'allège Pleurait avec elles, je crois.

Puis départs de conscrits que la caserne appelle... Leur promise, la nuit, a juré sous l'auvent, Dans un très long baiser, qu'elle serait fidèle. Ils partent, — quelques vieux en larmes les suivant Jusqu'à leurs petits biens où, plus cncor qu'avant. Le sol va leur être rebelle...

Ht que d'autres départs dans la vie espacés, Faits de l'arrachement de fibres douloureuses, De morceaux de nos cœurs aux églantiers laissés, De sanglots maternels et de pleurs d'amoureuses, Et de ces longs regards qu'ont les faces terreuses Des moribonds déjà glacés!

Jusqu'à ces noirs départs que ne pleure personne, — Ceux qui pourraient pleurer, hélas! étant partis Pour des pays dont le retour jamais ne sonne; — Départs bien plus amers, par nous seuls ressentis, lît qui sont l'abandon de nos défunts blottis Sous l'herbe haute qui frissonne...

Ah! puissc-]o toujours ignorer ces adieux! Puissé-je ne jamais quitter le sol que j'aime Sans voir quelqu'un pleurer et me suivre des yeux Jusqu'au tournant du vieux chemin toujours le même, Où sur sa croix le pauvre Christ, toujours plus blême. Incline son front soucieux!

lît puisse enfin la voix impérieuse et tendre De la glèbe natale et du foyer en deuil Parler plus haut, — si haut, que mon âme, à l'entendre, En oublie à jamais les chemins de l'orgueil. Et que j'aille vieillir au soleil sur le seuil De ma Maison qui doit m'attendre!

« Toujours regretter ce qu'il a perdu, toujours s'égarer dans les souvenirs, toujours marcher vers la tombe en pleurant et s'isolant : c'est l'homme. »

Chateaubriand (Mémoires d'Ouire-Tomhe).

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J F. ks ai célébrés dans un livre autrefois. Ces vieux chemins qui vont du village à la ferme. Et de la ferme vers les champs et vers les bois. Ou se perdre en sentiers dans la lande sans terme.

Et j'ai plaint les aïeux qui de leurs durs talons Et du piétinement de leurs lourds attelages Les ont tracés sur les sommets, dans les vallons. Lentement, à travers les glaises et les dgcs.

J'ai dit — trop longuement, sans doute — les secrets. Les doux secrets nichés au creux de leurs asiles. Mes vœux d'adolescent, vies amours, mes regrets, — Tout levain bruit qu'on fait des lointaines idylles..

Aujourd'hui j'erre encor par ces chemins couverts. Ils n'ont guère changé : les mêmes sourus fraîches Y jaillissent du pied des vieux houx toujours verts Où la cognée a fait à peine quelques brèches.

Les talus sont cncor plus fleuris, plus herbeux. Car on a fait plus loin de larges routes droites Où passent les charrois de chevaux et de bœufs. Et la ronce a rendu nos sentes plus étroites.

Et j'y marche, en songeant à ceux qui ne sont plus Et dont me parle seule une gardcuse d'oies Surprise à réciter tout haut son angélus. Ou le vieux inendiant fidèle aux vieilles voies.

Aux carrefours les croix de chêne ou de granit. Chancelantes, les bras enguirlandés de mousse Portant un Christ émacié qui vous bénit. Montent d'un piédestal croulant dans l'herbe rousse.

Je m'assois longuement où via mère priait , J'écoute sangloter la source sous la baie. L'abeille bourdonnant sur la sauge et l'aillet. Le geai surpris fuir en criant vers la futaie...

Soudain la cloche tinte au petit clocher bleu : Quelqu'un est né. . . quelqu'un est mort. . . La mort ! la vie ! ^ claire bienvenue! ô déchirant adieu!

t qu'on est vite au bout de la route suivie!...

\ rentre. Et des chemins profonds oii j'ai vagué, — Au lieu de nids pillés jadis après l'école, — Je rapporte, rêveur contrit et fatigué.

Des vers sur ce passé que chaque jour nie vole;

\-s regrets et des pleurs, des colères parfois ntre les déserteurs des glèbes maternelles, 'ntre les bûcherons des âmes et des bois, l'ionniers d'un progrès qui supprime les ailes;

^ !iiis aussi des élans et des retours pieux :rs les gestes et les croyances des ancêtres, \imour des frais aspects dont s'emplirent leurs yeux, : le goût retrouvé de leurs vertus champêtres,

/ le vau — maintenant que ces vers envolés Me rendront quitte envers l'orgueil et la chimère — De vivre en ces chemins à tous les yeux voilés. Et de ne plus chanter que les chants de ma mère.

c4 travers les Saisons

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