‹ Œuvres: poésiesChapitre 28 sur 37 · C^ VIEILLE ÉCOLE · texte numérisé non relu

C^ VIEILLE ÉCOLE

v>* ÉTAIT, li-haut, CCS deux croisées Aux vitres .\ moitié brisées Par où sortaient nos cris souvent, Mais par où venaient les haleines Des prés, des landes et des plaines Et des bois balancés du vent.

Parquet troué, tables boiteuses, Murs fendus où, toutes honteuses.

S'enfonçaient quand nous entrions D'extravagantes araignées; Poutres d'où pendaient à poignées Les pailles couleur de rayons

D'un galetas plein de ramages

De pierrots, de rats en voyages

Et de batailles de matous;

Enfin, auprès d'un christ en plâtre.

Un Napoléon Trois bellâtre.

Que fixaient au mur quatre clous...

Et le Maître ! Ah ! le vieux brave homme I

Poil hérissé, voix de rogomme.

Et toujours, comme un sceptre aux doigts,

La longue gaule souple et fine

Sifflant derrière notre échine

Et l'époussetant quelquefois.

Il n'en sait pas bien long, sans doute.

Mais on le respecte, on l'écoute ;

Il est le Maître, il nous pétrit

Et nous façonne à son image,

11 nous aime... et c'est un vrai sage:

Une ronce, mais qui fleurit.

Vers Toussaint, — closes les étables, —

Nous reprenons nos vieux cartables,

L'encrier maculant les doigts,

Une énorme bûche de hêtre.

Et retournons vers le vieux maître

Que nous avions quitté six mois.

J'entends son accueil sarcastique :

« Ahl voilà toute ma pratique; Ils sont, ma foi, tous revenus, Toucheurs de bœufs, gardeurs de chèvres, Même ceux qui n'ont que des lièvres A paître sur les monts chenus...

« Jcan-lc-Long, va sonner la cloche.

Ht nous les mains hors de la poche!... S'est-on bien lavé le museau?

A-t-on passé dans les tignasses Le peigne en buis, et sans grimaces Plongé sa tète dans le seau?

« Bon. Entrez 1 — Tony-de-la-Lande, Dis la prière, et qu'on t'entende!...

Fric-del-Bosc, charge-toi du feu...

Francésou, fais lire leurs lettres Aux petits ; c'est nous d'eux les maîtres ; Et fais-toi respecter, morbleu !

« — Pour vous, les grands, les fortes têtes.

Voyons si la garde des bêtes

Ne vous a point trop abêtis... »

— Et c'étaient de longues lectures.

Et de plus longues écritures

Martyrisant nos doigts raidis ;

Puis d'inextricables problèmes Qui vous font angoissés et blêmes, Les yeux lointains, les fronts barrés, — Avec des frissons dans l'épaule Chaque fois que siffle la g.aule Comme un serpent dans les fourrés..

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