I. 1. C'est là aussi le sens du mot
latin conversari. Ailleurs, II, 47
1575, converser présente le sens de convertir, dont il n'est que la forme iatensitive {convertcre — coTMersum — conversaré).
Convoi, voy. le mot suivant.
Convoler les yeux, les diriger H 71 2421 {Et mes yeux... convoi sus ma dume), cp. envoyer des regars, II, 89, 2984 ; de là convoier qqn.
(le suivre des yeux, du regard) 16 506 (Et sitos qu'amant s'entrevoient. De douls regars il se convoient); II, 89 2983; 116 3920. A ces acceptions du verbe se rapporte celle du subst. convoi, regard II, 53 1881.
Cop; à ces copsy à ces mots 119 1122.
Cofiuurt, sot 183 3236; II, 257 44.
Coquet, cachet, coq de girouette II, 266 136. Eust. Dechamps a cochelet.
Coqucvieus, cochevis II, 313 42.
Coquille, nom d'une coiffure d'homme et de femme 93 218. Voy. ma note Jean de Condé t. II, p. 382.
Cor, quorj coin ; de chic f en cor, d'un bout à l'autre 212 49; 231 679 ; II, 78 2657.
Cor (= que or), particule exhortative, II, 260 137.
Corne de buef au sel {jouer à la)y jeu d'enfant 94 233.
Coruulelle, petit cornet II, 309 27.
Coron, bout, fin ; traire ou mettre à coron, mettre à fin, faire cesser II, 102 3443; 154 5178.
Corps ^ la périphrase mon, ton, son corps p. jfe, tu, il, elle se présente
GLOSSAIRE
plusieurs fois, ainsi 126 1344.
Corrovée (d'où corvée)^ imposition II, i09, 3681.
Couart est à prendre dans la bonne acception de doux, timide 204 3963 {Mais d'un atlrai simple et couart, plaisant et gai).
Coulée bellée {jouer à la), nom d'un jeu d'enfant, dont la manière m'est aussi inconnue que l'expression.
Couietier, forme variée de couretier, courtier, encore usitée dans les dialectes, II, 7 209. La permutation der en l n'est pas plus étrange ici que dans peregrinus — pèlerin, altare-^autel. Buchon traduit couletier par culottier !
Couleur, nuance, espèce III, 22 696 {Tant que dire sembleroit songe Ou quelque couleur de mensonge).
Conmellure (l'autre ms. a commellure), mélange (en parlant de la couleur des cheveux) 269 1703 {tel chevelure sans avoir aultre coumellure). Le mot doit se rattacher à un verbe commeller, composé de meller {mesler, mêler), analogue au lat. commiscere de miscere. Je le vois pour la première fois.
Coup (à), tout d'un coup III, 23 748.
€?ouplete8 III, 33 97 : Je fay ci vers Lesquels ne sont pas trop divers (de mesure ou de coupe diverse), Car Hz ne sont que de coupletes En fourme de lignes douhletes ; III, 73 733 : Seize cent couplettes feras.
Vers accouplés deux à deux. Plus loin, 76 791, l'auteur emploie la forme masculine couplets.
Courage, cœur lil, 3 76 {Ayes leauté en courage).
Courcler, voy. courecîer.
Courdine, p. cour^'ne, rideau , voile 273 1926 .
Courecîer (aussi courcier 111, 238 2301), forme ancienne de courroucer ; le sens est plutôt chagriner, fâcher , que mettre en colère ; 3« pers. sing. ind. prés, courèce II, 29 960; 139 4701.
Courous, non pas courroux dans le sens actuel, mais chagrin, mauvaise humeur 221 333 (joie ou courous) ; 227 328 {Soit par courons ou par revel) ; III, 13 406.
Cours, valeur, estime, vogue II, 344 24 {Et roses qui ont bien leur cours); mettre en cours, faire valoir II, 236 13. — A cours, en parlant de larmes qui coulent, à flots 333 171. — Loc. adv. le cours, à la course, rapidement, vite III, 58
Courtois est parfois appliqué à des choses comme synonyme de gent, 238 1532.
Couste, forme féminine de coust, coût, frais 229 596 {N'iressongnoie frait ne coust«).
Coûte, féminin, coude 168 2739 {Et m'apoie dessus ma coûte). Il ne s'agit pas ici, comme on pourrait penser, de cowfe (lat. culcita), coussin, matelas.
GLOSSAIRE
CoaTenant, voy. convenant.
Couvent (lat. conventus), 1 . société, assemblée Î28 568 {Saie en enclostre ou en couvent, qoe je soie solitaire ou en société) ; H, 92, 3079; « communauté religieuse II, 367 4 {Seculer ou gent de couvent) ; III, 67 499. — 2. Convention , promesse affirmation; avoir en couvent, promettre 229 614; affirmer, assurer 95 278; H, 367 8. Par couvent, assurément 192 3571 ; = convenablement II, 277 9 {Occasioîi de faire un lai bel et bon et par couvent). — 3. Condition ; par tel couvent y dans ces conditions, de telle manière 360 416.
CooTert {en), en cachette, sans être vu II, 104 3500; aussi au couvert 153 2252; = timidement 153 2252 {simplement et en couvert).
Coavin, forme masculine de couvine, état , nature , qualité, 311 3059 {besteletes d'un couvin). Il n'y a pas lieu d'expliquer le mot par couvain.
Couvrir {se), se protéger, se garantir II, 20G 377; III, 38 1280: Pour tant de bien faire (en faisant bien) te coeuvrcs (cherche ta sûreté).
Crant (de cranter, creanter), garantie II, 43 1467 {Pour lui fai caution et crant).
Cremeteufl, 1. craintif, humble, timide 45 1482; 47 1589; 130 1482 ; 2. qui fait peur, redoutable 281 2063 ; 320 3354.
Cremir, pr. craindre ; dans le lan-
gage amoureux, comme dans le sens religieux, il exprime vénération, soumission respectueuse 151 2180 et passim.
Cren, entaille II, 122 4134 {fendre un grant cren).
Créneler (p. crancier)^ créancier II, 153 5171.
Créa, forme contracte de créés, 359 378; II, 123 4161; 166 149. Cp.
mescrés p. mescreés II, 60 2025. De même vés p. veés (voyez), voy. ce mot. La forme non contracte créés se trouve II, 123 4208.
Creter, lever la crête 310 5020.
Crétin, panier II, 336 51 ; encore usité dans les dialectes du nord.
Du vieux haut ail. cra^to, ail. mod.
kratlen.
Cri, publication II, 326 11.
Crincier appliqué au frémissement des feuilles remuées par le vent II, 37 1242. Mot connexe, sans doute, avec le picard grincher, grincer^ comme avec crisser et l'ail, kreischen.
Crlssu, participe passé de eroistre, surgir, se produire, 209 4141.
Crolsié 29 968 {Les dames furent orfrisies, Drut perlées et bien croisies), paré de petites croix (?), comme perlé, semé de perles.
Crolstre, naître, surgir, se produire II, 7 206. Voy. aussi crissu.
Cron, courbe II, 352 44; terme encore usité dans les dialectes; c'est l'ail, krumm.
Crnçon, croissance II, 210 41 ; 264
GLOSSAIRE
Cneslr, forme variée de coisir (143 1907), choisir II, 211 64; à mon cuesir, k mon choix, à mon gré II, 2Uio4; voir, regarder 76 824; 253 1213.
Culdier, subst., présomption, outrecuidance, folle illusion, 90 97 ; II, 357 6 ; 358 31 {Cuîdier fait abuser cm'rfans).—Cî«*c/anf, outrecuidant, insensé II, 358, 23 et 31.
Cufart, III, 184 20, paresseux. Hécart dit que ce terme se dit en rouchi d'une femme qui a de l'embonpoint et qui s'accagnarde au coin du feu. Il donne aussi cufarder, rester au coin du feu à ne rien faire.
Culrie, curée II, 97 3280.
Cure (faire) de, guérir 330 3534 (5»
n'est qui m'en face cure); avoir cure, se soucier II, 214 154.
Curer de qqn. ou qqch. , avoir soin de, s'intéresser à, 40 1320 ; curer à, s'appliquer II 265 101 (S'au diffamer cure) ; verbe actif, guérir, syn. de saner, II, 256 326. Le mot se trouve associé à taindre II, 275 184 [Qui d'ardure Taint et cure Ma figure) ; l'acception donnée ici au verbe paraît être celle qu'il a dans le dialecte rouchi, où le mot s'emploie pour blanchir le linge à l'air (voy. le dictionn. de Hécart). Le sens général de soigner s'est singulièrement spécialisé.
Curleus, désireux, soucieux, empressé 86 .154 ; 106 658 ; II , 354
Cuverse, féminin insolite de cuvcrt^ vil, mauvais 11,265 82; cp. cainse p. çainte {ceinte) .
Dancniarce, nom d'une espèce de bois 255 1250 {une laieite fête de danemarce bien ounie).
Dansler, d'abord droit de disposition, pouvoir, domination; {être ou se mettre) ou dangicr de qqn., ou en son dangier est une locution d'un retour fréquent : au pouvoir, à la merci, à la discrétion; 60 239 ; 308 2946. De cette première signification découlent les suivantes : action de faire à sa volonté, de refuser, donc refus 216 158 {Je n'ai cure de leur dangier) ; 173 2921 ; 282 2104 ; faire dangier de qqch., refuser III, 85 21 ; comme personnage allégorique, Dangier est souvent associé à Refus et Escondit, ainsi II, 135 4563; — parcimonie , situation précaire , besoin, disette 19 607; 22 723;
. 123 1235; tenir en dangier, traiter durement II, 285 2 ; — peine, difficulté 74 732 [estre en grant dangier de faire qqch.); II, 159 4703 {Ne savourer les dangiers de viellece). L 'étymologie du mot , damnarium (de damnum) ou dominiarium (de dominium), est encore
. un point de controverse. Voy. les dictionnaires de Diez , Cachet et Littré. Le sens moderne de péril se dégage facilement du sens ancien : situation pénible , critique.
GLOSSAIRE
»«rde, forme féminine de dart, 151 2188; II, 96 3210.
Dchtttrc qqch., refuser, contester; qqn., débouter loi 2173.
Ucbeffer, déchirer (un babil) II, 339 10; c'est un composé de differ^ faires des raies. Marot a desfn/fer.
pebout = bout, pointe H, 217 45 (Dou debout de ses talons me ferra de ses esporons).
|»eboaier , rejeter , chasser 293
peb(« (dette), état d'obligation, de sujétion 154 1288 {Qui me tient en si douce dette).
Décevoir joint généralement à son acception de tromper, celle de faire du tort. Le sens d'attraper, surprendre (en déjouant une intrigue) se remarque 250 1101 {Mais je les déchus par leur nVe); II, 133 4567. 5e décevoir^ être trompé dans son attente, être frustré III , 23 798.
Décliner, altérer, changer 188 5433 {Sans leur pensée décliner) ; — répéter (en parlant d'une sentence) 88 52 {Car en pluisours liens on décline..). Peut-être, dans le premier des deux passages cités, decMnera-t-Jl le même sens (indiquer,
. révéler) que dans l'expression « dé-
. cliner son nom. »
Dcconrii, déclin III, 35 1172 {Jà court ne seroit en decours),
Dedeiifrain, adjectif, intérieur II, 291 7 ; adverbe, dedenlrains, à l'in-
térieur II, 157 27.
Dcfaillr de qqch. , y manquer, y faire faute 109 786 {Je n*en vodroie defalHr).
Dcffalre, ruiner, perdre dans l'opinion III, 36 1197 ; rén., ib. 32 1048.
Dcforalu , extérieur II , 292 16 {biens deforains); deforains, adv., extérieurement II, 257 45.
Defrire {se)^ frissonner d'émotion, de colère II, 77 2600 {Et je me de fris et nicngiie);Si 2818 {Tous me deris et me defri); 258 63 {Ensi frire et defrire le fait); 304 206. Renforcement de frire.
Defroissler, briser, mettre en pièces 273 1845 (joint à dehrisier),
DefuVr, fuir, éviter 136 1678; II, 223 87.
DegolH, allégresse 332 145 (Là où le plus le cuidoie en degois). Subst.
verbal de degoisier (voy. ce mot).
Dcgouier {se), s'égosiller à chanter II, 29 969.
Degré est souvent synonyme d'état, situation ; ainsi III, 178 17 le degré d'amours, l'état d'amoureux. — Ou degré que, au point que III, 146 20.
Dcïté, au plur. , choses divines, c'est-à-dire merveilleuses, magnifiques III, 71 612.
Delà, prépos., outre ou après 139
Délaie, delaiement y interruption, arrêt 159 2461; II, 267 161. La forme masc. dclay, 174 2950.
Délayer^ pr. laisser là, quitter, in-
GLOSSAIRE
terrompre 159 2460; renoncer à 336 296 (Ce qu'on ne peut avoir fault délayer).
Délié, fémin. délie, du type latin delicatuSy fin, délicat, exquis 289 2302. Adv. deliement, avec délicatesse, doucement 23 832.
Délivre (à), avec empressement, promptement 286 1220.
Délivrer, expédier (un messager) 257 1283. — 5e délivrer, se débarrasser, se défaire de qqch. II, 220 H ; 222 73; se dépêcher, se hâter III, 281 3195.
Demander (en) à qqn., en appeler à III , 8 233 (J'en demande aux amans leaux).
Demant, forme masc. de demande 170 2798.
D^mentroes que, pendant que 175 2996 ; endementroes, dans l'intervalle 11,58 1933. C'est un composé de dementre (voy. Burguy II, 283) et de oes (=opus, chose, équivalent de illud); cp. entrées (de entre), interea.
Demeure, retard, absence 111,26
Demeurer, hésiter 145 2003.
Demi, adj., à moitié 111,42 1426 (Car sur terre ne croi je mie Que la finance y soit demie).
Demi {sans nul), au complet, parfaitement II, 152 5121 ; sans demi, sans partage III, 124 882.
Demour, subst. verbal de demeurer, demeure, durée 189 3459 {Avec bonne amour fault que loyauté ait
demour) ; faire demour, séjourner III, 46 1554, sans demour, sans tarder II, 68 2311.
Denrée, pr. chose ne valant qu'un denier, chose de petite valeur; de là « petite portion » II, 109 3682 ; 282 183 ; employé adverbialement p. un petit peu II, 323 50 {Scet il de no mestier detirce'i).
Dentier, chose précieuse, plaisir, 240 867 {c'est grans dentiers)', II, 133 4492 {Et m'est au veoir grant dentiers).
Départ, partage II 143 4838 {sans nul départ).
Département, 1. partage II, 138 4660 {sans nul département) ; 2.départll, 129 4371.
Départir, verbe actif, distribuer, donner 204 3071 ; partager : sans départir, sans partage, en entier 121 1190; 159 2442; 351 108; — verbe neutre, partir, s'en aller 159, 2435 {Au départir de vow).
Déport, 1. maintien, attitude 154 2300 (Le gent corps et le bel déport); II, 105 3558; dans le même sens simplement por^ II, 111 3757;— 2. plaisir, divertissement II, 273 130 ; — 3. ménagement, pitié, répit II, 255, 300 {sans déport).
Deportement, plaisir 171 2889.
Déporter, v., act., 1. amuser, donner plaisir 273 1053, cp. les expressions analogues déduire, divertir, distraire ; 2. excepter, dispenser, ménager, épargner 23 752 ; 338 3758; II, 69 2362; III, 221
GLOSSAIRE
16.— Réfléchi, i. s'amuser 25 828 ; 1261350; prendre plaisir, 4C 1534; 127 1583; 171 2831; — 2. se dispenser II, 1133889; —3. s'abstenir 113 895; III, 193 1829.
9epoa, dépôt ; mettre en depos^ réserver III, 186 1604. La forme du mot est conforme à celle de repoSy repas y propos ^ dispos, qui sont également pour repost y repast , propostf dispost.
»erlre(<e), s'égayer II, 84 2818; 304 205. Cp. se gober et se desrisier Ghron. XI, p. 234.
Derrière {mettre^ négliger, dédaigner II, 250 131 ; en estre derrière^ en éprcaver du dommage II, 289
DéMisréer, déplaire II, 253 218.
Désavancier, mettre en perte II, 7 212; 404 XXIX.
Descendre à, parvenir à qqcb. , l'obtenir 144 1938; se laisser aller à 11 334 (Mes tu ens une opinion es descendus) ; consentir , condescendre, 340 prose 1. 6; II, 379
DesconOre, neutre, périr 123 1236 {sus le point dou desconfire).
Deaconforter, neutre, se désoler 150 2142; subst. desconfort, désespoir 33 1098.
Descongnoliisanee , manque de sagesse, déraison III, 32 1057.
Descouper, opp. à eiicouper^ disculper 11 120 4260.
Dcttcoustamer un vice, en faire perdre l'habitude, l'extirper III,
Deflcoaverie {à /a), ouvertement, franchement 150 2(40.
BesdU, participe, qui se dédit, se parjure, perûde II, 266 106.
Deseri, adj., ruiné, perdu III, 46 1561 ; 82 9.
Déserter («e), se ruiner III, 177 21.
Deseure, adv., dessus; venir à son d. arriver à ses fins 23 741 ; estre au d., être heureux II, 578 21. — Préposition, contre II, 61 2059 {Ouvraient deseure nature),
DesQnceler {se) y pour desfunceler (par concession à la rime), se débrouiller, se dégager II, 104 3524 C'est l'opposé de enfuncelerj Toy.
ce mot.
DcsCrumer, p. desfremerj défermer mettre en liberté, lâcher 80 952.
Cp. enfrumeTj enfermer. Pour la mutation t ou e en u , cp. fumier p. femier.
Dcsgréer, refuser II, 281 171.
Desjan, subst., déjeûner, repas, 195 3659.
Desjaner, v. actif, repaître, nourrir 142 1883; réfl., se repaître (au fig.) 248 1032.
Desmasser, disperser, dissiper (des douleurs) 75 756.
Despareil, non pareil, 144 1941.
Vieux mot, bon à reprendre, dit justement M. Littré. — Par manière de desparely par contraste (?) 241 882.
Despcndre dépenser II, 321 82; III, 177 29.
GLOSSAIRB.
Dcupercr, actif, mettre au désespoir III, 213 6.
Despit, adjectif, propr. dédaigneux, fier, puis méchant 271 1790 (en parlant de chevaux).
HcMpltous peut être ou un dérivé de despH mépris (donc méprisable), ou une forme exlensive de l'adj. despit, méchant (voy. pi. h.), ou le négSilif de pitous , miséricordieux ; II, 69 2340 {fel et despitous); 87 2915. Dans Froissart le mot est synonyme de fel (cruel) et orgueilleux.
Despoiiille appliqué aux produits de la terre 288 2268.
Dcspris signifie d'ordinaire réduit à la misère, mais 206 4035 il semble être syn. de desprisé, blâmé.
Oe^prlser (se), se tenir pour malheureux 320 3352 {Chil pays se doelt et desprise).
Dcsquircr, forme picarde de deschirer (94 262), II, 50 1700 (==detruire).
Desreé, déréglé 94 261.
Besrecr, contraire de arreer , conreer, mettre en mauvais état, mal arranger 274 1894.
Desserte, mérite 150 2143; avoir desserte de reproche, être digne de blâme III 177 23.
Desservir, 1. mériter 48 1586; 58 169; 79 912; — 2. récompenser 41 1364; 214 90.
Dessevréc, séparation, départ II, 1297 198; cp. ail. absehied de scheiden (séparer) et fr. départ de
partir (pr. partager, séparer).
Dessevrer (pr. séparer), éloigner , détacher (le regard) II, 55 1879, puis distinguer, démêler 268 1671 (Le bien et le niai dessevrer).
uesMoussier (se), se chagriner 20 646. Le préfixe des (lat, dis) n'est point négatif dans cette application, mais il renforce l'idée du mot simple comme dans disturbare (fr. destourbier) et autres cas.
Dessus , selon , d'après 107 709 {dessus vostre avis).
Destaindre, faire pâlir 130 1499 (La maladie qui destainte m'avoit la coulour et la face).
nesta,lnt=estaint 135 1665 (à voix destainte).
Destaleuter, mettre en mauvaise humeur, 227, 524. De talent, volonté, disposition. On peut d'ailleurs aussi traduire le verbe par déplaire, en l'envisageant comme l'opposé de atalenter, plaire.
Destente, détente (pièce d'horlogerie) 63 357. Je note le mot , parce que le dictionnaire de Littré manque d'anciens exemples de son emploi.
Destinée, décret II, 109 3686.
Destlntcr (type distinctare, forme intensitive de distinguere), exposer distinctement II, 343 35.
Destour, lieu écarté II, 214 153; 329 81.
Destraiute, subst., nécessité 197
Destroit, participe, lat. deslriclus.
GLOSSAIRE
serré de près, tracassé II, 69 2569 ; adjectif, tourmenté, affligé i75
Déterminer, actif, reconnatlrc , constater après examen II, 171 410 {Et quant tu Va» examiné et justement détermine'); démontrer, syn. de esclarcir II, oH 19; neutre, prendre une résolution, se décider, se prononcer 151 2169; m, 243 15 ; 261 2605.
Detrler, retarder, puis retenir, dissuader 344, I. 2.
Devant {estre ou aller au), faire obstacle, empêcher II, 243 253.
Devis, 1. partage, de là lot échu en partage, destin {cp. parti) 45 1494 {Cestpour moiun trop durs devis);
— 2. gré, souhait, à mon devis II, 403, XXV.
Devise, forme féminine de devis,
— 1. parole, discours II, 149 5029 ; pièce littéraire en prose ou en vers 343 , l. 7 (lettres , épitres, traités, balades, virelais, complaintes et toutes manières de devises); — 2. sentence, devise, emblème 256 746; 240 864 ; — 3.
souhait II, 167 165 (à devise).
DevUer, 1. parler, discourir II, 149 5028; III, 2 29; exposer, énumérer 60 256; 66 472; se deviser, s'entretenir, causer, 30 1005; III, 241 , 1 ; 2. souhaiter 263 1497 (mors me devis, je voudrais être mort), viser à, rechercher 125 1335; 240 865.
Dcvlslou, souhait, gré II, 582 15 TOM. m.
(Et respons ot à sa devision).
Devoir, verbe, comporter 353 261 {Et pas ne doit ne vous ne vos estas Que vous soyez tristes).
Devoir, subst., faire son devoir de qqch., montrer du zèle, être empressé 10 296; 61 269; 74 742; 82 1031. A son devoir, dûment, convenablement 5i 35 ; 80 933 ; II, lô 510. On trouve dans le même sens à son droit.
Dévotion, bonne volonté ; sans dévotion II, 77 2614, à contre cœur.
Dieiinc, dyenne, rimant avec gardienne, se trouve dans deux passages du Trésor amoureux ; 62 330:
Tel qu'il affïert à gardienne Qui n'est pas nommée dienne, et 200 2074 : Se la gardienne N'a plus dur cuer que n'ot dyenne. Les deux fois il s'agit d'exprimer l'idée de dureté, de férocité ; et je ne vois d'autre explication à donner, si ce n'est que dienne ait été dit dans quelque dialecte pour hienne, ou que cette forme soit le fait d'un lapsus commis par le scribe, ou enQn qu'il s'agisse de Diane, la déesse insensible aux douces sensations du cœur. En tout cas, je crois avoir eu tort d'avoir, dans le second passage, imprimé d'yenne.
uifTcré, diaërent III, 170 25.
Différer (se), être différent II, 238 102 ; se différer h faire qqch., s'en dispenser II, 3^18 72.
Ulfi?crence, inégalité 549 27 {Tout bleu vesti, sans différence vir, sans
GLOSSMRE.
laisser voir aucune autre couleur); contrariété, désagrément 169 2770.
Digne, suivi de pour au lieu de de H, 70 2387 {Dignes sont pour servir un roi) ; dans un sens absolu et appliqué à des choses, digne équivaut à précieux, magnifique
II, 177 346 {Vestis de dignes draps royaux) ; II, 580 13.
DiNce ou dice, dise (subj. de dire)
113 900; 130 2161; 133 2233. La
forme normale est die.
Discré, honorable, distingué 174
sage, prudent 169 2786 ; 174 2936;
Diserction, discernement, intelligence, prudence 71 622 ; II, 6 139.
DIsminucr (se), s'affaiblir 33, 1103.
Dispenser, dépenser II, 333 7.
Dit, opinion II, 162 1 {c'est mes dis) ; 328 73.
Ditter, composer, rédiger (en parlant d'un poëme) 107 707.
Divers, 1. différent; 3i(\w. diversement 74 729; 143 1993; — 2. contraire, mauvais, méchant 96 309 {temps divers, mauvais temps) ; 161 2304 {vent divers) ; 343 1. ^6 {diviers meurs); II, 183 803; diversement Ô'i ùl9 ; 288 2238.
Doctrine, instruction, exhortation 66 466.
Dolereus, doulereus, souffrant 19 600; 126 1333; 192 5378.
Doioir {se) de, se plaindre III, 102
Donnée, don, présent II, 100 3673.
Donoicment, amusement, 188 3442.
Dont, lors ; à ce dont, alors 93 291 ;
dont-dont, tantôt- tantôt 74 729;
II, 99 3326; que dont que, comme
si 99 420 ; 288 2233.
Dormant, subst., sommeil ; enmon
dormant H, 63 2158.
Dosnoy, puissance (?) III, 263 2042.
Voy. les notes.
Dosscrct, dossier (d'une chaise) III, 21 687 ; au v. 698, ou trouve le primitif dossier.
Doubtc, féminin, crainte 62 318 ; II, 129 4332 {sans doubte, sans crainte); doute III, 9 281 {Sans donner nulle doubte à croire).
uoiibter, redouter III, 32 1072.
Douiitif, nom. sing. doubtieus, timide, craintif, 104 387; 142 1894.
Drag;nie, monnaie II, 403 XXV ; cité comme nom de pierre précieuse propre à monter en or II, 388, 13.
Drap, au pluriel, habillement, costume 11 341 {je me vestioie d'uns draps) ; 94 262.
Draper, fabriquer du drap II, 221
Drecier, neutre, être debout, opposé à seoir, II, 233 226.
Droit, raison, surtout dans la formule avoir droit, avoir raison III, 38 206. Le mot signifle aussi proverbe II, 419, rondeau 81 : Or regardés dont se drois a dit voir. A vrai dire, c'est plutôt la loi morale qui est exprimée par ce mot dans la formule drois dit. Cp. le Dit du Droit de Baud. de Condé.
Droit, adj., a, dans l'ancienne langue, comme on sait, généralement )a signiGcation de vrai, véritable, pur ; je n'en ai pas recueilli les exemples.
•r«ll, adverbe, précède souvent pléonastiquement d'autres adverbes ou prépositions de lieu ; ainsi H 352 {droit H); 182 3230; 17 536 {droit parmi ceuls); 26 873 {droit là). On dit encore dans le dialecte rouchi drochi, drolà (voy.
Hécart). — A droit ou d «on droite dûment, comme il faut, bien, 70 615; 81 994; II, 319 12; 384 29.
Cp. à son devoir.
Droiture, raison II, 212 95 {il y ot bien droiture); ib. 236 47 {Or entendes droiture).
Droltiirer, régler 59 210 (en parlant d'un rouage d'horloge).
Droiturler, qui est en droit et en mesure de faire qqch. 159 2444 {Car vous estes droituricre dou pourvéîr); protecteur, médiateur 17 536.
Duelllance, douleur, doeil III, 27
Dulere, forme de sujet, conducteur, chef 31 2 3087.
Duirc, guider, conduire, conseiller III, 18 568.
Doit, élevé, exercé, dressé, suivi de à 162 2543 [Et les gens y sont si bien duU}i duit de, accompagné, mêlé (?) 282, 2104 {Car si attrait sont tout de dangiers duit).
Dar, subst., dureté II, 407 XXXVIII ;
peine , malheur 190 3790 {veci grant dur). Loc. adverbiale à dur, difficilement 39 1285; 176 3013; 182 3219 {à grant dur).
Durer, résister 326, 1. 18 ; s'étendre 325, 1. 1 (5» avant que ma poissance et entendement poeent durer et estendre).
Durté, peine, synonyme de grie'té, 7
Dyai, pièce d'horlogerie, le rouage à 24 brochettes qui fait son tour en un jour 63 347-348 {Et ce dyal est la roc journal).
Dyeune, voy. dienne.
Ebricn, hébreu 153 2241.
Eciicc (éclisse), morceau de bois mince et pliant pour faire un chapelet, 49 1621.
Edefler, instruire, enseigner 14 459; 63 367 ; 258 1320. Pour le rapport d'idée, cp. construire et instruire.
Eirnchic, défiguré, méconnaissable II 426 CIV.
Eirait p. effet, 91 132.
Effondre 20 660 ; 274 1879, p. cffoudre, foudre, orage. Dans les deux passages le mot rime avec confondre; comment en expliquer la formation ? Il serait très-naturel qu'un primitif effondre devînt effondre par la permutation usuelle de n en M (ainsi convcnt couvent ; monstrermoustrer), mais l'inverse, c'est-à-dire le changement de u en n, donc de effondre en effondre, n'est pas admissible. En effet, des
GLOSSAIRE
deux formes l'une ne procède pas de l'autre; toutes deux dérivent d'un primitif commun , qui est csfoldre — forme extensive de foldre (qui est le lat. fulgur) — d'où d'une part, par la résolution de l en u, effondre, d'autre part, par la conversion de l en «, effondre.
Cette dernière conversion se voit encore dans le bas-latin multo donnant à la fois l'ital. montone et le français mouton; cp. encore monteplier p. mouteplier, marne p. marie (de margula), etc.
EfTorcier, vaincre 304 2833. littéralement mettre hors de force.
Effort, force, puissance 517 3251 ; II, 261 478; force armée, troupe militaire 299 2613; renfort 303 2783 {Car trop grans effors leur sourvint). Loc. adverb. à efforSy avec effort 261 1430.
Effroi, généralement bruit 8 230.
Il a le sens moderne III, 2 33.
El, autre chose, 231 676 ; 360 408.
Embatre, avec ou sans se, s'engager, se rendre (à une fête), se mêler (à une compagnie) 228 582 et 589; 245 15.
Enihegaré, souillé II, 359 18 {un pourccl ort et embegaré). 11 y a probablement connexité entre begarer, troubler, salir, souiller et bagarre, trouble, mêlée, bruit confus. Le mot est-il identique avec bigarrer? Cela reste h examiner.
EiubEer, enlever ; saisir avec avidité
249 921 (en pari, d'une pièce de vers : Mon cœur premièrement Vembla,Etpui8 liside c.ief en cor).
— S'embler, se dérober, s'esquiver 258 777. — En emhlant, à la dérobée 193 3610 ; 11, 58 1978; 71 2422. — Par parolle embUint 119 1110, par parole furtivement jetée.
Eiubolrc (s'), voy. cmbu.
Enibroncié, ayant la tête penchée, pensif, triste 124 1300 (cp. chief enclin 130 1494). Pour l'histoire du mot, voy. le dictionnaire de Diez sous embronc^ et le glossaire de Cachet.
Embii en,. absorbé dans II, 111 3741 {Comment en son doulc viaire Je sui tous embus) ; embu de, pénétré II, 94 3155 {De Vardant fu d'amours embus). — Participe du v.
emboire, que l'on tronve II, 98 3311 {En ceste ardour si il semboit).
Eniniayoler, gratifier d'un bouquet de mai II, 414 LXII.
Eniparlé, éloquent II, 252 196 ; cp.
enlagagié.
Enipartir, gratifier, faire présent de (lat. impcrtiri) II, 257 37 (De ce rempart Fortune). Peut-être faut-il lire aussi II, 37 1248 emparti au lieu de en parti.
Enipccicr, tourmenter 293 2439 (associé à contrarier et hei'ier ; 11, 288 125 {Tristece le coer m'empcce). C'est le verbe empêcher dans son sens primitif de donner des embarras.
Employer (lat. implicare), obliger.
GLOSSAIRE
5lt
engager II, 277 37 (Mes la douceur mi emploie et m'i loie); employer un don, l'appliquer, le destiner II, 93 5134; i82 691 ; s'employer , s'appliquer, s'attacher 239 831 [Car tous au bien amer m' emploi).
Enipolut, forme variée de empaint^ partie, passé de einpoindre (lat.
impingere), pousser avant, faire avancer II, 180 636.
Kniiiolnte, attaque 302 2781.
Emprise, 1. entreprise; passim; — 2. intercession, initiative II, 117 3948 ; 122 4107 ; — 3. bon courage II, 227 247 {Plain de confort et d'emprise); '290 169.
Emplir le chief tête nue 352 156.
Voy. ma note Jean de Condé, I, p. 425.
Enamcr, v. act., s'éprendre d'amour 202 3896; II, 363 15; II, 103 15.
Enamourer f éprendre d'amour , II, 356 46 {Faite pour tous amans énamourer).
Enarffc, enflammé 112 865.
Encarsier, prendre sur soi, entreprendre 29 949.
Encerchier, faire des recherches, examiner II, 4 118 {Faisoient les enfants cerchicr Et de leur nature encerchier); obtenir (des informations) par enquête 261 1427.
Eucheoir en qr/ch., neutre, tomber sur, trouver, obtenir II, 105 3535 ; actif, engager II, 86 2880 (Pour nous en parolle encheoir).
Bnciiierir, prendre en amitié II,
EncloHcUrc, enclos II, 212 93.
EncloMtre, lieu cIos, solitude, opp.
à couvent (société) 228 568.
Encombrement, empêchement II,
Encomlirler, subst., revers, malheur 260 1390. Encontre, prép. eu égard à III,
Encontre, subst. masc, rencontre,
conflit 301 2711.
EncoHte (d'), au côté, auprès II, 116
3911 ; par d'encoste II, 59 1995.
Gp. it. di Costa.
Encouper, inculper, accuser 156
EncouTenanclcr , convenir de
qqch., tomber d'accord II, 149
Encricier, v. neutre, s'accroître III,
Endehter (s'), s'engager, s'obliger,
s'abandonner 21 674 (synonyme
de semhatre, v. 718) ; s'assujettir,
36 1192 {Car qui s'en lait endebter).
Endittcr, actif, commander à, tenir
dans l'obéissance II, 273 122.
Endolvie (lat. debilis), faible 131
Endroit, adv. pléonastique, après
ou avant et ou là, 42 1412; III, li
437 ; cp. orendroit = or. Voy
aussi droit.
Endroit de, prépos., quant à II,
317 8. Endroit, subst. ; en tous endroits^
sous tous rapports, eu tous points
GLOSSAIRE
Endnrcr, sens absolu, persévérer, attendre III, 30 993.
Encxcr, annexer, joindre 341 1. 9.
Enfelir, rendre fel (cruel), irriter II F, 33 1089.
RuferA, 147 2064, nom. sing. de enfer (lat. infirmus), malade.
Rnfraint, entamé, blessé, endommagé 172 2865.
Enfrumer, enfermer 80 951 . Rouchi enfreumer.
Enfrun, dur, implacable 142 1890; 171 2832; 311 3049. Le sens primitif paraît être « implacable ».
Voy. Diez.
Enfuncclcr, 36 1190, en parlant de la jalousie : Car qui s'en lait enfuncclcr ; offusquer, litt. enfumer.
C'est un diminutif du rouchi enfonquei\ qui répond à un type infumicare. Cp. enfumer dans Baud. de Condé 7 180. — Voy.
aussi desfinceler.
Engagier, embarrasser, fig. obscurcir II, 71 2412 {El vostresens pas n'engagiés).
Engc II, 12 396 : Si tu savais ce que vaut la loenge (gloire) Et corn prisie en est li engc. Mot difficile ; en tout cas, c'est le subst. verbal de engcr, pourvoir (d'une plante), puis pourvoir, gratifier en général.
Voy. Littré. Je traduirais le plus volontiers par « le don, la possession ».
Enferrant {le larron), nom d'un jeu d'enfant 95 210.
EnKlen OU engin (lat. ingenium), talent, intelligence, caractère II, 181 674; 294 4845; esprit III, 237 4 {engien agu) ; propriété naturelle, vertu II, 47 1591. Mal engien, mauvaise intention, méchanceté, 141 1845.
En;;lanticr, églantier II, 38 1279.
EnslHinc, enclume, 167 2705.
Entrant, désireux, empressé 131 1537 ; 194 3639 ; II, 44 1494 ; 46 1561. Voy. sur ce mot usuel de la langue d'oïl la note de M. Tobler, dans son éd. du hit dou vraianiel, Leipzig, 1871, p. 21.
Engresscr, exciter, instiguer II, 31 1043. Dérivé de l'adj. ewr/rès; voy. mes notes sur B. de Condé, p. 491.
Enhupclandé, vêtu d'une houppelande II, 227 234.
Eniasagié, qui a la parole aisée II, 145 4876; 420, rond. 85. Cp.
emparlé.
Enluminer, éclairer III, 93 26.
Enmanlerc, de bonnes manières II, p. 202 254.
Enert, exhortation, conseil II, 280 424. De enortcr, lat. inhortari.
Enqnoint = acointic, lié de connaissance 314 3152.
Ensengne, ensagne {oullre V), excessivement ; litt. au delà de la marque, du signe. II, 38 1286; 144 2856; \^\T6Q.— Mètre ensengne à qqch., en tirer un enseignement, y faire attention II, 121 4094.
Eusi que, environ, II, 351 4 et sou-
GLOSSAIRE
EnsleTlr, act., obéir II, 177 530 ; imiter 5U, 1. dO.
Bnsonnler, dordin. occuper de, cliarger de , puis embarrasser , tourmenter II, 2i 723 (La /lèche qui si m'ensdnnie et nie blechc) ; empêcher 28G prose, 1. 16 ; s'en ensonnier^ s'entremettre 35 1164.
EnsiiM de, loin 27 876 ; aussi à l'ensus de 172 2873.
Eut, en, est fréquemment placé, contrairement à l'usage moderne, après le verbe, ainsi 93 271 {Pour aler eîit); II, 167 164 (Z)ou trop parler e7it) ; il en est de même de de l'adverbe y, 192 3363 {Car sans mettre y vostre estudie).
Entame, voy. le mot suiv.
Entamer, sens absolu, commencer 3 38 {dàiis le même sens, la périphrase prendre Ventame 204 3976) ; actif, saisir, prendre 103 640 ; II, , 283 10 {Qui bien Ventame^ si on le prend bien, à vrai considérer; cheville) ; atteindre , éprendre (d'amour) 121 1191; blesser, enfreindre 196 2678. Entamer qqn.
en qqch., instruire dans, initier à 89 80 {Qui voelt son cuer entamer en bons viours) ; dans le même sens aussi entamer qqch.à qqn. 233, 1. 20, puis que le vostre rnavés entame^ vous m'avez initié à la vôtre (situation). S'entamer^ s'éprendre (d'amour) II, 93 3193.
Entechler pr. entacher, fig. mettre en faute, rendre coupable 78 883.
Kutcudunt {faire) qqn., lui donner à entendre, III, 211 2. On trouve cependant aussi faire entendre, ainsi m, 113 2.
Enteiiduument, d'une manière intelligible III, 260 2563 ; 275 3030.
Entendre à, visera, s'occuper de, s'arrêter sur 37 128 et 132; 68 536. C'est le latin « intendere animum ». Entendu, porté vers, désireux de III. 89 13 ; propre à, ib. 79 13; fait avec art, ib. 54 70; intelligent, dans le composé malentendu, inintelligent III , 137 21.
Entente, intention, but 62 327; 64 371 {venir à s' entente).
Ententlon, attention 57 146.
Euterln, forme extensive et synon.
de entier, fig. franc, sincère 79 902; II, 44 1494; constant 216 187 {cnterins et fermes). Adv. entérinement 76 804.
Enteser (prés. sing. entoise), propr.
tendre l'arc pour tirer, puis apprêter, ajuster II, 74 2321 {Franchise sa vois joliement entoise pour chanter).
Entier et, si la rime l'exige, entir (85 1124; 190 3485); acceptions figurées : certain, sûr II, 59 1996 ; raffermi , assuré 86 1171 ; bien disposé 341 3840. On trouve aussi au masculin la forme entire II, 134 4323 ; 237 62. — Notez encore le pluriel entiers dans le sens de tous = omnes 183 3249 (elle vous aime plus que ses cousins entiers). Ou ewtier aurait-il ici le
zu
GLOSSAIRE
sens de véritable, germain? Ce qui appuie cette dernière interprétation, c'est l'analogie du vers 190 3193 (Mais les tenoie à bons voisins Trop plus que mes cousins germains).
EnticuH se trouve en deux endroits, 290 2330 {Des souspirs et des plours enticus), et II, 109 3669 {S'en sut entieus et très pensieus) , où le sens doit être « triste ». La forme renvoie à un singulier C7itif, entil ou entieus qui m'est tout à fait inconnu. Je suis porté à croire que le mot est mal lu pour encieus {c et t se ressemblent dans les mss.) et que nous avons à faire à un type anxiosus ; cp. it. ansi»
(anxius) et ansioso. En pour an ne fait pas difficulté.
Entour, environ, à peu près III, 266 2765.
Entrechansier ($'), changer d'état, de disposition morale 74- 731.
Entrée , commencement , début m, 25 800 {l'entrée de tes amours).
Entremet, service, office III, 71 604; divertissement, ib. 72 656 {Entremis de belles paroles).
Entrepiés, 146 2006 : 3'aime mieux morir... Qu'estreentrepie's, je pensais d'abord que nous avions à faire ici au participe d'un verbe entreper , fouler , composé de treper, mais la finale en ié m'en a fait revenir, et je crois, qu'il faut écrire, comme le fait le ms.
830, entre pies (en deux mots) et
prêter à celte locution le sens de « entre les deux » ; ici entre le malheur « qui me court seure » et la mort « qui pour moi labeure ».
Cheoir entre pies est du reste une locution que je me souviens d'avoir rencontrée aussi dans les chroniques de Froissart.
Entrop-s, dans l'intervalle 162 2537 ; II, 30 1006.
Entrois, forme accommodée à la rime p. entroes, 108 744.
Euvaïc , d'ord. attaque , assaut , signifie, dans le passage 74 730, approche, assistance.
Envaïr, entreprendre 306 2806; envaïr parole II, 200 186, se laisser aller à des discours.
Enventureus , p. aventureus II , 135 4349.
Envers, comme vers, comparativement à 134 1615 ; II, 423, XCIII.
Er p. air, 355 246.
Erbclette {jouer à T), jeu d'enfant 93 227.
Erbol, forme masc. de erboie, prairie 2 40. On trouve aussi avec le même sens erbier 260 1391.
Ere =: crt, était II, 83 2793.
Errant, adv., aussitôt, incontinent 275 1903 ; tout à l'heure, bientôt II, 308 10. Le mot simple varie avec erramment ou erraumcnt.
Errer, 1 . --= lat. errare , errer , manquer 325, prose l. 21 ; 2. = lat. iterare, marcher 273 1860 ; 309 2997 ; au fig. procéder, agir 76 802 [errer contre son coer).
Errour, trouble, peine 318 3270.
E«bahl (jouera r)jeu d'enfanl 03 i24.
Eflbunler («') 2io 453,=«'e<6awoier, se diverlir. Voy. Diez, sous banda.
escandir p. brûler. Le mot ne vier pas, comme dit Hécart, escaldar, mais bien dulat. candet =3 ardere.
et Gacliel, sous banoyer. Cachet a EMcautilloa , bord , lisière (d'oi
tort de rallacher à noire mot le flamand bane^ malgré la signiQcatlon qu'il peut avoir accidentellement et que lui donne Kilian :
u locus ubi luditur ». Bane, ail.
bois) II, 166 157. Diminutif de carit, côté, coin; notre échantillon ne désigne au fond pas autre chose qu'une pièce coupée au coin ou au côté d'une étoffe.
6a/t}i, signifie pr. chemin battu et Esearcycr , actif, être avare de
provient d'une tout autre racine.
E»bai, lieu d'ébatlemenl, promenade 261 1421.
Esbaltre (avec ou sans se), se divertir, s'amuser, se promener (syno-
qqch., donner avec parcimonie II, 5 139. De escars.
EMcarnlr, blâmer H, 128 4326. On sait que le sens ordinaire est railler; il se présente 268 1666.
nyme de se déduire, se delitler) ; Kscarnltion, moquerie 268 1637.
prendre plaisir (= s'esjoir) II, E«cars, avare, puis: qui fait des dif-
396, I {Mon coer sesbat en odou-
rantlarose).
Esboulcr, p. esboueler, ôter les
boyaux(6oi<€f).éveutrerII,224127.
EUtcafote, écale de noix 92 165 et