Partie ; aimer sans partie (sans contre-partie, sans retour) H
Partir, actif, 1. faire partir, éloigner II, 114 3841 ; — 2. partir qqn. de qqch., l'en gratifier 116 1006 ; 219 374, de là bien parti, bien partagé II, 75 2552) ; III, 10 301 sans ailleurs partir, sans l'accorder à autruL^Neutre, discontinuer, cesser de II, 27 913 ; tirer avantage, avoir satisfaction 282 2100 {Un désir..
Dont je ne puis ne partir nejo'ir) ; partir à, avoir part à III, 44 1463.
—Réfléchi, 1. se couper en deux II, 241 200 {Non, se partir je me devoie). 2. s'en aller.
Partout, traité en préposition, /)ortout celle contrée 30 1001.
Pas , passage ; II , 159 , 5349. avoir un pas de retour , pouvoir retourner. Pour la locution clore le pas, voy. sous cloî'e ,- on trouve clore le passage III, 263, 2664.
Passant (terme de blason) II, 312 S5 (deux lyons passans) ; II, 326 77 (deux vaches passans). Littré n'a pas recueilli d'anciens exemples de ce terme.
Passe III, 116 28 : Bonne amours, qui est tout passe, Envers sa dame lui procure s'amour.. Voy. les Notes.
Passé =^ trépassé, mort, 353 178.
Passer, actif, en parlant du temps, consumer, employer 89 55 {son j auvent), 118 1082 {la saisoti); passer sous silence II, 1 14 ; sur-
GLOSSAIRE
passer II, i8 606 ; surmonter II, 112 3784; souffrir, supporter 74 733; 113 974; 188 3410; 11,233 457 {Tout fault passer) ; le sens de laisser passer, accepter, se présente 277 1994 {Ovide n'euïst jà passes Tels recors ne mis en memore^ Se vraie ne tcnist V y store). ; IH , 183 7; 188 1GG6 faire bon accueil à une requête ; dans le même sens , on trouve, au neutre, le verbe passer p. être agréé, ib. 206 2247. — Réfl. se passer^ s'écouler 261 Hl^{Ilvoit Veurequi se passe); se passer de a le sens que nous donnons à ce tour, celui de se priver, s'abstenir, se dispenser II, 127 4307 ; 182 708; mais la plupart du temps il équivaut à se souffrir et signifle se contenter de, en prendre son parti , supporter 107 716 ; 69 2353 ; 77 2619 {Au mieux que je puis je m'en passe). Cette signification se rencontre encore dans Molière et Fénélon ; Corneille et La Bruyère ont se passer à (voy.
Liltré, v» passer, n» 65).
PasMerose, III, 90 19 ; voy. les Notes.
Patron, exemple , modèle II, 57 1260 {De prendre patron et exemple). Liltré n'a pas d'exemple de cet emploi du mot remontant au delà du 13« siècle.
Panse, durée de temps 505 2845 iplorer une moult grant pause).
Pol, pieu 94 236 ; plur. peus (terme de blason, pals) II, 324 29. De la
forme diphthonguée piel vient
notre mot actuel pieu.
PcnMeiuent, tristesse 115 974; la
même valeur est donnée au subst.
penser 354 225.
PciiNlon {retenir en) t tenir à gages,
salarier III , 93 1. Voy. retcnance.
Percevant, intelligent II, 137 4648;
Perdre, neutre, périr 129 1449
{Que j'en fui en péril de perdre) ;
303 2789 ; II, 28 934. — Perdu,
pervers (perditus homo) 8 247.
Pcrll joint à son sens ordinaire de
danger (129 1449) celui de peine,
chagrin 306 2883 ; III, 27 873. De
là perilleus, pénible 334 3G60.
Périr, actif, détruire II, 294 96 (Qui
puist périr Ne amenrir En moi le
très doulc souvenir Qui m'esjoïst).
Perlé , orné de perles 29 968 {Les
dames furent drut perlées).
Permisse, subst. masc, 173 2899 :
M'amour te donne , il nH fault nul
permisse ; autorisation ?
Perselle, bleuet, 49 1629 ; II, 345
40 ; 320 56. De pers, bleu.
Persévérer, passer (le temps) 354
205 {Pourquoi., en dolour avez
vous hui persévéré Ujour ?).
Pervertir, maltraiter; subj. per-
verte 150 2145 {Se Fortune te per-
vei'te, si te conforte).
Pesant de, peu disposé à II, 7 216
(Je sui de tous biens faire sipesans), Peus, voy. pel.
Peuture, pâture, nourriture 88 65.
Ce mot très-répandu dans la lan-
GLOSSAIRE
gue d'oïl , dérive directement du participe peut , pu , repu. Il est vrai , OH ne trouve pas peûture, mais la fusion de eu en eu est naturelle en syllabe atone.
l»lés (sur), sur le champ III, 44 i464.
I»letycr, marcher II, 253 239.
l»lcu, pieux, est monosyllabe 153 2236. Notre dissyllabe moderne représente un type piosus, tandis que l'ancien pif, piu, pieu répond au radical piu du latin pius.
Pignon, petite penne, forme mouillée de pemion, 310 3050.
Piloter, 1. hdiûv s,m pilots II, 247 10; — 2. jouer à la balle 93 207.
Du bas-latin piiofa, dérivé àQpila, balle.
Pince merine {jouer à la) 93 196 ; \ II , 87 2935. Voy. sur le jeu de
pince-merille , écrit pince-morilîe dans rénumération des jeux de Gargantua (Rabelais, 1. 1, ch. XXII), la note du Ménagier de Paris , p.
Piner, peigner 165 2651; II, 94
Plone, pivoine (lat. paeonia), du genre masculin 19 1632 ; 240 876 (De Vanquelie et du pione).
Piteus, 1. compatissant, 168 2759; 2. digne de compassion 334
Place, subj. de plaire, plaise 104 596; 107 694; II, 76 2376. (en rime avec face et place.) Hors de rime 291, 2360 (ne jptoce à Dieu).
Ailleurs /î^awe 124 I27s ; 321 3373 (rimant avec aise).
piaidoier, verbe, plaider II, 244
Plaicr, blesser II, 376 13.
Plain, clair 153 2243 {cler et plain).
Plaint, généralement plainte, mais aussi sujet de plainte, chagrin III, 2 18 {Que je me sens rempli de plains).
Plaire, actif, agréer, accepter 167 2721 {Croire le doi et forment plaire).
Piait {assaillir qqn. de), lui intenter un procès III, 99 13.
Plançon, pique, épieu II, 333 49.
Planer, effacer, ôter, enlever 36 1202; 209 4131; II, 253 217.
Plenté, quantité, abondance ; employé adverbialement dans le sens de beaucoup {valoir plenté) 103 576, et de longtemps 241 908 {ne demora plenté).
Ploi, pli II, 346 19 {Une cote à un large ploi) ; fig. disposition 342 25 {El puisque tu es en bon ploi).
piommion, plongeon (oiseau) II, 31 1054.
Plonimoujs, plombé 435 1654.
Poch, pouce , mesure de longueur 229 616.
Poindre (se), pousser, grandir (en parlant de l'herbe) II, 36 1224; sans se III, 50 1659 {Où Verbe estoit souef poignant).
Point , participe passé de poindre peindre III , 18 576 ; pointure peinture ib. 588.
GLOSSAIRE
Poini {venir à), plaire, conTenir II, 101 3104.
PolMon, fëminin, breuvage 11,92
Poiflsance , synonyme de force , quantité : 211, 14 : On leur voit en lextr main tenant Puissance davoir et d'amis.
Porion, poireau 11 , 62 320. En rouchi on se sert encore de ce mot ; sa forme varie entre porion et porjon (cp. govion et goujon , plommion et plongeon).
Pori, porte, 3" pers. sing. indic.
prés. Il, 112 3772. {Car cils qui vion message port).
Poser, arrêter, retenir dans le silence 144 1952.
Posnéc, ponele, arrogance 297 2573 ; II, 267 139; 334 34. L'étymologie de ce mot ancien très-répandu est encore toujours à trouver; lopinion de Cachet, qui partant du sens puissance matérielle, force du poignet , y voyait une dérivation de pugnus, est insoutenable.
PoflseMer de, être en possession de II, 333 6; 111,118 11.
Po.HMeMlon, pouvoir, domination II, 237 50 {Quant un yver... Aura mis à destruction, Par sa longe possession. Arbres et fruis).
Pote {main), main gauche III , 167 34 : ^ans tourner à main pote (à gauche). Propr. main grasse, potelée, lourde ; cp en it. mano stanca, main gauche, propr. main fatiguée, pesante ; notre mot gauche, TOM. III.
venant de Tall. welk, affaibli, présente la même métaphore.
Poil, participe de povoir, pu 14 457; 173 2915.
Pour, malgré 134 1031 ; 260 1591 ; II, 267 139.
poiireas, je pourchasse II, 293, 44.
Pour ce que, parce que ; on trouve cette formule augmentée de la conjonction se \l , 350 63 {Pour ce que se tu es failis , Ten cuides tu mieuls marier ?).
Pourchaeler {se) , faire des poursuites, se mettre en peine (pour obtenir qqch.) II, 349 32; 381 10.
Fourchas, subst. verbal de pourchacier^ poursuite II , 84 2826 (voy. les Notes) ; II , 125 4219.
Pour cosc que , quoique 282 2101 {pour cose que fy painne , malgré tous mes efforts).
Pourir, actif, faire pourrir II, 49 1650 (Le Soleil Tamaint visce en son cuer pourist).
Pourpos, sujet, thème 109 778; pensée, réflexion 105 637; 111 826 ; II, 194 13.
PoursievoU , poursuivi , 28 917 (voy. les Notes).
Pourvcance , propr. prévoyance, prudence ; puis action de pourvoir, de là : 1 . soin porté à qqn. II, 34 1158: Tai de sa pourveance (grâce à sa sollicitude) Déduit, solas et plaisance ; II, 27 920 {Car mon jone temps s'est passé Sans pourveance (sans sollicitude à mon égard) e« sans ressort) ; II, 300 70.
GLOSSAIRE
— 2. ce dont on pourvoit, moyens d'existence , vivres II, 32 1086 {Leur pourveance et leur pasture).
Locution : avoir de pourveance , avoir en réserve (préparé d'avance) 31 1040 ; 324 3456.
Vourxeolr {aiUSii\pourveïr,pourvir), 1. voir tout autour, examiner avec soin 235 1268 : Et que bien les (les lettres) euch pourveûes, Ymaginées et veiies ; — 2. pourvoir ; qqn. ou à qqn. de faire qqch., l'assister II, 21 701 (Deramentevoir li pourvoit Polixena au corps parfet); ib. 276 213 {Amours m' en pourvoit Dou bien servir) ; — 3. procurer 218 243 (Elle est plus disposée à faire du mal Que d'un bien donner ne powvir). — Neutre : y pourvoir j intervenir secourablement III, 26 849 ; 30 990. — Se poiirveoir à, s'apprêter , se disposer II , 70
Poiirvcii de OU pour, prêt à II, 79 2670 ; 91 3046 ; dans un sens absolu, ce participe prend la valeur de doué, accompli, en parlant de personnes II, 144 4859 (cp. garni), et de parfait en parlant de choses, 347 3893. — Pourvuement, résolument 354 197.
Ponrvir, voy. pourveoir.
Ponsset , maladie des moutons (diminutif de pousse) II , 307 21.
Povoîr. sens absolu , être puissant III , 29 965 {Api'ès Dieu je puis sur tous) ; pouvoir exister II , 415 LXVI {Sans vous ne puis ne heure
ne demie) ; être possible II , 381 15 {Il nepoet quil ne se mefface); II, 400 XIII ne pouvoir en avant ^ n'en pouvoir plus, être à bout de force. — Actif, pouvoir faire II , 377 21 {Et poeent plus de painne et de hvstin Qu'omne ne font).
Prang;eier, en parlant des troupeaux , prendre le repos de midi II, 349 36. De prandium , le repas de midi.
Pransicre, heure de midi (où les moutons prennent leur repos), II, 341 3.
Prccier, prêcher II, 29 961 ; II, 29
Prée, forme féminine de pré, d'un type prata p. pralum II, 330 51.
Premlerjs, adv., en premier lieu, pour la première fois 247 1013; de premiers , d'abord , 244 , prose 1.3. — Premièrement, plutôt (suivi de que) U, 172 337.
Prendre, neutre, commencer 348 14 {Au raverdir prendent cil arbrissiel).
Prcorie, prairie II, 30 1019; 308 2.
La forme usuelle de l'ancienne langue est praerie, d'un type prataria (prov. pradaria]; comment expliquer la formation de prcorie ?
Voici ce que j'en pense : prataria a fait d'abord procrie (cp. natalis, noè'l) et de là par transposition préorie (cp. meolle et moelle).
Près, priés, presque 284 2164 ; II, 197 108.
Près, sujet sing. de prest 99 416 ;
GLOSSAIRE
II, 499 172 ; cp. os nom. sing. de ost (armée).
i»rrH4>nt, subst. verbal de présenter {\at.praesentare), \. action de présenter, II [, 28 801 en faire présent, le présenter (en faire mention); •— 2. chose présentée, don; — 3.
chose qui se présente aux yeux, objet II, 130 4401 (Quand je vois sa belle figure, Je ne puis de ce présent Mes ye\ix os ter).
prenent (en), sous les yeux, en présence II, 130 4399 (Car quant je vol eu présent Son doule corps gent); en vo présent , en votre présence 76 822 ; en ton présent II, 57 1943 (cp. V. 1998 en ma présence).
Présentement, aussitôt 112 866:
Presse, empressement 11,109 3673; 141 4756.
Presser à une chose, s'y livrer avec plus de force 290 2343,
Prestement, promptemept, 64 401.
Presier la main, se laisser prendre par la main II, 72 2444 (au v. suiv.
bailler la main).
Présumer , interpréter 62 312 {Chose qui soit présumée à mesdire) ; accepter en confiance, ajouter foi 344, l. 34.
Preu, adj., heureux II, 393 3o {Eûrcus me tendrai et pour très preus).
Preu, subst., avantage, proût 284 2158 [Compagnie U est preus).
Preux, diligent, empressé, III, 66 458 {Chascuns fut preux et diligcns
de faire serment).
Pris, subst. verbal de priser; rendre pris à, glorifier 114 929.
pris, prisonnier ;«e rendre pris 114 931 ; tenir pour pris III, 17 540.
Pris, caillé 11,311 2d {fromage pris).
Prise, état d'asservissement, servitude 73 782 ; captivité II, 427 (rondeau 107 3).
Prisie, subst., louange II, 148 4983 ; ce qui provoque la louange, vertu, II, 228 278 {toutes prisies Qu'on peut recorder de noble homme ; valeur II, 236 17 [Que Rose est de grignour prisie, Mieuls désirée et plusprisie, Que...)
Prison, 1. captivité 114, 931 ; — 2. prisonnier 114 943; 11,284 261.
Privé {se tenir) de qqn., lui témoigner de la confiance II, 53
proçain, présent, dont l'effet se ressent actuellement 204 3978 {Car proçains Est si li cops premerains) ; 19 604 {Sans veoir sa grasce prochaine, sans être mis en jouissance de sa grâce) ; présent à l'esprit 282 2107 ; actuellement senti II, 143 4834 ; 155 5213.
Procès , procès II, 243 342 {Atant fu là cils procès clos); — 2. intérêt, réclamation , 71 647 {A poursievir les procès de s' amour) ; 72 684 ; II, 238 9 {Poins, procès, articles et cas); 11,243 271 {Rendes nous sentence., sus nos procès).
Procurer, verbe neutre, s'entremettre, soigner les intérêts, 17
GLOSSAIRE
530 {Trop bien scet pour qui il procure); 40 1319; être en instance pour H, iOS XLIV {Quant cascuns d'euls en bonne amour procure). — Sens actif, pourchasser, négocier II, 112 3798.
Propisce, 1, favorable II, 18 603 (opp. à nuisant) ; témoignant de la sympathie 132 2210 ; enclin à, porté vers 228 561 {propisce à Amours) ; conforme au goût, au vœu 233 71 1 {matere prospisce) ; 259 1365 ; — 2. suivi de de, capable 336, 1. 16. {Car elle est bien propisce de faire ce) ; II, 5 141 ; — 3. habilement fait II, 15 483 {Un image bel et propisce).
Proposer, se représenter, se rappeler 144 1947.
Propre, particulier, extraordinaire II, 42 1406 {Une couleur très propre) ; III, 18 588 {Pointure de si propre affairé), doué d'une vertu particulière II, 25 843 {Sont si propres d'elles meïsmcs Et si vertueuses aussi).
Proprement, précisément 54 49 59 223; convenablement 56 115 particulièrement III, 18 585 en personne 32 1044 {Où le dieu d'Amours proprement Estait dedens sa belle tenté); III, 31 1055; même II, 347 36 proprement li Sarrasin).
Prose {mettre en), affirmer, prétendre II, 240 177 {Et tout premiers je mac en prose). Cette locution se rattache au sens général de texte
que prend souvent le mot prose, ainsi 231 685 et 233 703, où la signature d'une épître est mise en opposition avec le texte même.
Prounictire {sans), sans délai, aussitôt 355 3695.
Piiafiilnc267 1641 : A servir de vent et d'esclistre. De froit, de chaut et de gellde. De puasine desgellée De quoi il m'oinderont la barbe. Matière puante? Est-ce une forme variée Aepuatime, puanteur, que je crois avoir rencontré ailleurs?
Le ms. 830 porte punaisie.
Publier qqn., le faire connaître III, 260 2544 : Comment nous as tu publié, en ton livre, moi et mes gens?
Piignir, forme mouillée de punir 111,34 1145.
Pugnition, III, 34 1134 : Preste pugnition du fait, accepte le châtiment de ton action.
Puis, prépos., depuis, III, 14 446; adv. puis-puis = tantôt-tantôt 60 253 61 280.
Puissance, magnificence, richesse II, 340 38.
Puissedi, depuis lors, ensuite II, 131 4427; 157 5293. Altération orthographique depuis ce di (jour).
Aussi depuissedi II, 256 13.
Pun, pomme (mot encore en usage en Picardie) II, 314 8.
Quant, combien, en quel nombre ; au pluriel quans II, 343, 47.
Quarre, coin 111,42 1413 {aux quatre quartes).
GLOSSAIRE
9a«fl, brisé, au flg., en parlant delà mi^moire 11,1 13 [pmsce quasse).
QuuHiicr, abattre, vaincre II, 5 131.
QuMilr (5e), se blottir 260 1392; 550 65; 11,223 113.
9ue, conjonction, omise après les verbes dire, savoir etsembl.U, 374 168 : Je ne voi autrement De ce péril je puisse escaper saus; II, 168 201 :
Dou faud^stoct savoir devc's [que] Riches estait oultre l'ensengne.
Je noterai encore des omissions semblables après ordener II, 204 333, et après consentir 11, 260 148- 50. Voy. sur cette particularité syntaxique de l'ancienne langue, Matzner, Syntax der neufranz.
Sprache, II, 20 et 21 .
Que =r comme, 40 1340 [dur que piere); 41, 1350 (Leur langue..
Tourne que moulins au vent) ; 204 3960 {Li rai.. Sont trençant que fers de dart).On connaît la tournure faire que sage (IIÏ, 100 .1), faire que foly agir sagement, follement.
Que --= car ; les cas de cet emploi ont généralement été relevés dans les notes.
Que retranché devant l'incidente après », tel. J'ai négligé de noter les cas de cette ellipse assez fréquente, d'ailleurs commune à tous les poètes de la langue d'oïl.
Que retranché devant l'incidente après un comparatif II, 117, 5970 {Plus prisic ne soient li troi).
^ae, pronom relatif, devant rinfmitif après une proposition négative,
109 782 : La belle où rien n'a que reprendre, où il n'y a rien à reprendre ; 340 prose 1. 23 : Elle n'y saroit riens qu amender, elle ne saurait rien y corriger; II, 359 4.
En langage moderne, ces phrases auraient un sens tout à fait contraire. Remarquez le tour complet 84 1095 : On ni voit riens qui face à amender. Voy. aussi le Gloss. de Cachet, p. 393a.
Que pléonastique devant de ou pour suivi d'un infinitif, cet infinitif formant le complément d'un substantif ou d'un adjectif; 76,825:
Quant j'ai l'ciir que d'cstre en vo présent ; 88 35 : Et de ma nature introduit Que d'amer., tous ceauls Qui...; 287, 2254 Car toute ma grignour entente Fu que de savoir; 289, 2500; 296, 2543 et 2554 {Couslumiers.. Que des ennemis assaillir)^ 345, prose l. 6 [tenu que dou faire) ; 4 101 ; 62 2098 ; II, 92 5086 («l'en fait son devoir Que de l'ardent fu alisier); devant pour 500 2680 : En signe que pour descouvrir. — Après cesser II, 150 4584 : Je ne cesse nullement que de penser A ma dame.
9uel == lat. cujus ; devant un nom féminin, quelc, laquelle; 1 11 pour quele amour, pour l'amour de qui; de môme 109 776 ; 161 2524 ; 219 260; II, 19 619 {pour Inquele amour); II, 58 1969 {La dame.. En quel nom la figure est fctfc).
Çuel, adverbe, comment lil, 12 357
{Or penses quel il y faisoil). Analogue h tel = tellement.
Querelle, affaire en question, objet d'une demande, d'une discussion, d'une poursuite 34 1134; 75 779; 153 1587; 193 3600; cause, raison, matière à H, 283 236; 286 38 ; soustenir une querelle, soutenir une proposition II, 544 12; question mise en discussion II, 408 XLIII {Mais on n'en scet respondre à ma querelle). On voit que le mot s'écarte fort de son sens primitif de sujet de plainte.
Queate , poursuite (amoureuse) , 149 2105 ; 150 2152 (.. ceste Pour qui je sui entrés en queste).
Questiou {faire), faire preuve, donner le moyen de résoudre une question II, 42 1400 {Pour faire question ne preuve).
4|^ni == si on ; les cas de cet idiotisme ont généralement été indiqués dans les Notes.
Quiseueon, douIeur cuisante, souci, 558 537.
<||uU(er, déclarer quitte, laisser en repos 252 1165.
Quoi, fém. quoie, tranquille, paisible, doux ; ma damequoie est une redite de notre poêle, 155 2302 ; 178 3082 {La très douce, simple et quoie).
Quois, choix ; à mon quois, selon mes goûts 95 288 ; 98 315.
Quoitoiisemeut, selon Roquefort, secrètement, en cachette ; c'est une erreur, le mot quoitc, colle
signifie hâte, et quoilous pressé ; quoilousement faire son message, comme il est dit 317 3261, c'est la faire vile, en se pressant.
Rnimt {sans), sans rien rabattre, sans restriction II, 255 290.
Rachat {sans), sans réserve, propr.
sans rien excepter d'un marché conclu II, 255 290. Locution synonyme de sans rabat et sons rappel.
Rase, chose à faire enrager, guignon II, 231 388 {Or veci tantos trop grant rage).
Rat, rayon 204 3959 {li rai de son regart).
Raliis, reins, du genre féminin 270 1750 {rains plainnes et droites).
Raison, chose raisonnable III, 22 699 {Aussi n'est ce mie raison); langage, teneur d'un discours 270 1745; III, 6, 174. — Loc. par raison, en conséquence, donc 60 233 66 453; 86 1151 , 193 3595; /ïami raison, convenablement, dans la limite de ce que l'on peut exiger 198,3759; 11,227 231.
Raltoyer, III, 250 35 (où il s'agit du char d'or fin fourvoyé par les prélats de l'Église) : Mais qui le pourroit raitoycr , Il vaulroit mieulz tart que jamais. Le sens qui s'impose, c'est arrêter, enrayer ; il se pourrait donc que notre verbe, que je n'ai encore jamais vu ailleurs, fût un dérivé de rail, ancienne forme de ray (rayon de roue) qui a produit enrayer.
GLOSSAIRE
Il me reste bien quelques scrupules à cet égard, mais mon étymologie a cependant une certaine probabilité.
Ralliant, 3e pers. sing. de Tindic.
prés, de ramender, dans le sens de ravoyer, radrecier 177 3058 (A toute joie me ramant Mon songé).
Suppression irrégulière de Ve final (comme dans port, désir p. il porte, il désire). — Ou faut-il rapporter notre forme à un infinitif ramenter (rappeler qqch. à la mémoire, ici rappeler qqn.), correspondant de l'italien rammentare, et faisant double emploi avec la forme plus usuelle ramentevoir?
Banienibrer qqn. de qqch., mémorem reddere 11, 196, 65 {Et me ramembra deceli que f aime tant).
On peut cependant aussi admettre ici l'emploi impersonnel et traduire : Et lors il me souvint de..
— Se ramembrer de.., se souvenir II, lU 3849.
Ramorter {se), 171 2845: A tout le bien que tu poes te ramorte (attache-toi). Forme fréquentative, mais irrégulièrement faite de ramordrc.
Raniprouner {se), se moquer, se jouer 199 3081. L'emploi réfléchi de ce mot est insolite.
Randon, afiluence, grande quantité 126 1354 : J'en avoie (des maux d'amour) si grant randon.
Ranoé, en parlant d'habillements, plein de nœuds, rapiécé II, 360 32.
Rappel {sans), sans réserve, irrévocablement III, 43 1149; sans nul rappel 153 2314 (cp. Çhron. X, p. 11) ; sans rappel mettre 11 338 ; cp. H 113 3825 : Je ni voeil mettre nul rappel = je le dis dans toute la force du terme.
Rataconcr, rapetasser (un habit, un soulier) II, 350 50. De tacon, pièce.
Bataint = atainf, frappé, condamné II, 359 2.
Ratenir, p. retenir 345, 1. 19. Le préfixe ra se trouve souvent appliqué à des verbes simples sans l'intermédiaire d'un composé avec a : ainsi dans radoter, rabâcher, rapiécer, rauerdtr (348 14), etc.
Ratler, 162 2553 : Avec les seignours et les dames.. M' esbaloie très volentiers; De ce n'estoiepas ratiers.
Littré, qui cite notre passage dans l'historique , définit ratier par :
qui a des rats , c'est-à-dire des caprices. Je ne crois pas que Froissart ait voulu dire autre chose que « je ne faisais pas faute de me donner ce plaisir », ou « en cela je ne mettais pas de refus ». Je laisse indécis, si ces interprétations s'accordent avec le sens de capricieux ; mais on pourrait tout aussi bien expliquer ratier par « qui a mal à la rate » ( « pour ces choses là je n'avais jamais le mal de rate, le spleen, j'acceptais toujours »).
Ravaler, traiter avec dédain II,
GLOSSAIRE
Raviser, reconnaître II, 68 2330
Kcbol le, en parlant d'une personne :
qui refuse, peu disposé II, 113 3811 : en parlant d'une chose:
contraire, désagréal)le 73 780 {Trop me serait m'aventure rebelle).
Rebous (à), à rebours II, 118, LXXVII {Mes maintenant il va tout à rebous).
Recenser (un poëme), faire entendre, réciter, 161 2321 ; 200 3827; 265 1571 ; avertir, exhorter 169 2779.
Reciiicier II, 57, 1243: Et en après pour recincier Le doulc air qui venait sus fautre, Il (Zepherus) rendait à la fois un aullre.. Rafraîchir? Ce mot est-il identique avec le terme technique rechinser (laver) la laine dans l'eau claire?
Réciter, rappeler à la mémoire 53 79; 154,2281; 11,210 25.
Réclamer, nommer, proclamer, 229 600 {Que son nom face reclamer En lieus et en pays divers) ; faire connaître (en se plaignant) 7
Recoellller qqn., lui faire accueil 292 2417; II, 10 309; qqch., rappeler à la mémoire, en prendre note 321 3379; II, 28 951 (cp. l'angl. to recollect) ; recoeillier une voie, prendre, suivre 11,117 532; poursuivre (en pari, du chien chassant le cerf) II, 66 2247; 97 2271. — Se recueillier, s'assembler II, 71
RceognolNtre [se), savoir d'eipérience II, 73 2i91.
ReconipciiMcr, synonyme de considérer, repasser dans son esprit 8 215 (..Car loyal amant A l'heure qu'il est reciamans Et recompensans ses durtés). Cette signification se dégage naturellement du lat. compensare, peser ; cp. l'ail.
ei'wâgen.
Réconfort, subst. verbal de réconforter, consolation, encouragement II, 9 264; 81 2747; 111,3 51; objet qui donne la consolation II, 17
Recorder, mentionner, déclarer 26 %oi\ recorder qqn. de qqch., lui en rappeler le souvenir II, 15 477; se recorder de, se souvenir 217 198; 262 1478; se repentir 10 288. — Recorder pour, considérer comme II, 56 1891 {Je les recorde pour soûlas) ; II, 101 3423 [Je le recorde pour esbat).
Rccort, réflexion 3 64 {Amows..
me fist lors faire uns grans recors De mon temps et de mon jouvent) ; mention, faire recort de III, 25
Recoiivrler {sans) , irréparablement 556 280.
Recreable, qui récrée, II, 55 871 {En un lieu assez agréable Et moult grandement recreable).
Recréant, fait avec peu de zèle 78 886 {par recréant service).
Recroire, faillir III, 16 510 {Jamais à honneur ne recroit).
GLOSSAIRE
Recueil, accueil III, 28 908.
Rerucllller, voy. recoeillier.
Reculées {joueraui), cité parmi les jeux (i'enranls03!2â8. Je ne sais pas en quoi ce jeu peut avoir cousisté.
Redargii, opiniâtre, acharné III, 79 2o; 98 18; 183 21.
Rediité (de reditler) , répétition (d'un vers) 329 3515 où le poète dit que le dernier couplet d'un lai est de même taille et de même forme que le premier, sans nul reditté toutesfois.
Refralndre, refréner III, 163 30 :
Amours est frain et bride saine A refraindre les merveîlleus . Un faux rapport avec frain a fait dévier ce verbe de son sens propre qui est refringere, dont il est la francisation.
Refrenier, raffermir 137 2381.
Refui, refuge, abri, retraite 207 4073 ; fig. recours, appui, consolation 148 2098 ; 207 4083. Directement du latin refngium.
Refaite, même sens que le préc, consolation, ressource 2 35. Subst.
verbal tiré du participe refuit.
Regarder, prendre en considéralion m, 27 884 (J'ai la loyauté regardée) ; regarder sus^ surveiller II, 48 1619. Loc. or regardés, servant à faire ressortir un fait et équivalant à peu près à notre expression « imaginez, pensez-y bien », 282 2083 ; III, 119 4014. — Se regarder à, faire attention 78 861 . — Regarder j subst., regard II, 283
Rcicarf, aspect, apparence II, 96 307 ; 229 228 : ont estât (train de maison) de plus grant regart ; espèce H, 146 4908 {Arbres et flours. . de tous regars et de divers compos); appliqué au site d*uu château III, 53 19 : [Car il (le château de Beauté) siet en si beau regart Et si plaisant ) ; chose qui donne lieu à la critique II, 284 239 ( Car en vo contenement N'a regart n' amendement). — Sans regart, sans restriction II, 124 4188 [Il le lairoient sans regart Parler à vous) ; II, 294 78 {Di li bien Que mi bien Sans regart et sans moyen Sont en soi). — Au regart de, en comparaison de.. II, 201 234 ; S' est river voloient contre elle De leur beauté à son regart (en comparaison de la sienne).
Registrer, mettre par écrit II, 138 4674 ; indiquer , mentionner 29 942 ; qqn. de qqch., commissionner, charger II, 178 566.
Regnable, 1. régnant, dominant III, 233 24; 2. (p. resnable III, 207 2280), raisonnable ib. 240 25.
Règne, royaume III, 65 409.
Regreter, appeler au secours III, 242 29 [Bien à point vous ay regretée Pour avoir aide et secours).
Reïtrer (réitérer), renouveler, donner une seconde fois II, 33 778; répéter III, 138 4679.
Reiualndre, forme concurrente de remanoir, rester 6 161.
Renianant, 249 1055 : Or avint
proprement ou mois Qu'on vole et cache (chasse) as remanans. Je ne sais en quoi consiste cette chasse.
Reiuanant (sans), sans rien omettre, sans exception 244 935 ; II, 140 4745.
itemanolr , rester ( prêt, défini i« pers. remcs^ 3« pers. remest); mourir sur un champ de bataille 213 66 {Cest chils qui remest à Crechi) ; tarder, remanoir ne peut que.. 296 2344; sans remanoir, sans tarder, à Tinstant 246 984; 261 1434; 276 1930.
Remède, du genre féminin 279, 1. 3 [la grignour remède).
Remerir, payer 79 913 (Les guerredons m'en soient remeri) ; II, 123 1452 (5e seroit la chose mal prise S'il ne li estoit remeri).
Remontlere , après-midi II , 342
Remordre qqn., avertir, syn. de amonester II, 1 7; saisir 224 448 {Quant penser le rewîor^) ;, qqch., rappeler à la mémoire 157 2370; II, 105 3557. — Impersonnel, souvenir 302 2759 {bien me remort, bien m'en souvient). Personnel et réfléchi 4 1 13 (Quant me remors des grans soûlas); II, 261 179.
Remort, avertissement, ordre 263 1565; avoir remort à, penser à 317 3239 (Je n'ai à rien remort.. Quant je ne te voi); III, 27 876.
Remoareux, III, 72 650, où il est dit qu'au Trésor amoureux II n'affiert nul remoureux, mais des
gens exercés à tout genre de plaisir* Le mot m'est inconnu ; le sens de morosus conviendrait assez bien ; mais je ne prétends cependant pas présenter cet adjectif latin pour l'étymologie de remoureux^ qui doit tenir, sans doute, au subst.
remours^ cité par Roquefort avec le sens de querelle, débat.
Remuer, s'en aller, partir II, 359 13 (preste pour remuer).
Renacerer, rendre plus acéré, plus dur et plus tranchant II , 407
Renarde (p. renardie, cp. estude et estudie), astuce, ruse III, 184 18.
Rendus, fermé, inabordable (au fig.) 151 2177.
Reudage, paiement, récompense 4 86.
Rendre (ses liçons), réciter 94 252 :
Et se je variote (hésitais) au rendre mes liçons.
Renommer, féliciter 308 2959; se renommer de, se louer, se féliciter 19 620.
Renouveler, actif, présenter à nouveau II, 345 68 (Grant matere te renouvelle Pour soustenir.., je te fournis à mon tour un nouvel argument pour...); II, 232 416 {Et adonques me renouvelle Mon florin un aultrepourpos) ; ranimer, rafraîchir, raviver 121 H 69 (Ont est en pensée nouvelle. Peu de chose le renouvelle) ; 335 3710 ; II, 164 56 ( Car la cosé qui est nouvelle Par nature elle renouvelle Le cou-
GLOSSAIRE
rage).— Se renouveler, se ranimer, prendre plaisir II, 385 10; 414 LXIf. — Neutre II, 237 65 {Et gtiant la saison renouvelle de printetnps).
Benquierir, neutre , faire le renchéri 173 2898 (Ce n'est pas drois que je te renquierisse ; M' amour te donne). Te dans ce passage est un datif.
Bens, plur. II, 239 128 : Encore crie on sur les rens : On vent bon vin à la rosette. Hécart donne le mot ren avec le sens de revers du pavé le long des maisons: Donc accotement, trottoir. Cette signiflcation convient parfaitement ici. Ren est p. reng (rang).
Rente, produit, loyer, salaire 149 2103 (cp. rendage) ; jouissance II, 207 418 {Moult bien vosisse en celle rente Des mois ou vingt et huit ou trente Mon temps user). Locutions :
avoir de rente, recevoir régulièrement 39 1303 ; II, 254 239; 388 15; avoir rente sur qqn., avoir pouvoir sur lui If, 271 75 (Mes pooir N'ara voir Jà sus moi ne rente). Par certainne rente, régulièrement 258 1333 ; par droite rente, par engagement fixe II, 208 450 [Vostres sui par droite rente).
Rentier, tributaire, assujetti, livré 71 642; 129 1462 {Depuis trois mois.. Fui je à la fièvre tous rentiers); sujet 104 606 {Dix ans entiers Seras mon droit servant rentiers).
iienvoier, inviter de nouveau, 27
879 {Et Plaisance si me renvoie De faire encore un rondelet). Notre verbe représente re -\- invitare et n'est qu'une forme variée du terme de jeu retivier. Dans mes Notes sur les œuvres des Condé j'ai eu plusieurs occasions de faire connaître l'existence d'un ancien verbe envier = invitare, indépendant de envoyer = inviare, et de envier = invidere (voy. t. I, pp.
425 et 426, et t. III, p. 384; voy.
aussi mon article renvier dans mon Dict. d'Étym. fr.). Mes observations ont été utilisées dans l'article renvier du Dict. de Littré ; mais la forme renvoier doit être restée inconnue à l'illustre lexicographe de Paris.
Repairier, propr. retourner, prend parfois le sens de retourner souvent dans un lieu, le fréquenter, ainsi 186 3367 {En l'ostel où je repairoie).
Repartir (se) = se partir de, se gratifier.
Repentir, actif, se repentir de 74 743 {Le temps repenc où me sui embatus). — Se repentir de, s'abstenir, cesser II, 125 4235 {Il ne s'en scevent repentir); II, 409 XLVI (De bien amer repentir je 7nevoeil).
Replol, repli 11,319 24.
Repondre (du lat. reponere, cp.
espondre 292 2397 = exponere), cacher II, 69 2357 ; se repondre de qqn., il, 101 3409 {A ces mos
GLOSSAIRE
Désirs me respont, Qui pas de moi ne se repont). Nous disons encore se cacher de qqn.
ReponnlauA {jouer aux), cité parmi les jeux d'enfants 93 226 ; c'est jouer à cache-cache comme le démontre le passage 163 26S2 :
5e vousjués aux reponniaus. Faites au mains que je vous iroeve. Le mot , qui dérive de repondre , cacher, manque danslesglossaires.
Reprendre = blâmer, paraît assez souvent dans notre auteur, mais la signification dire, déclarer, fréquente chez d'autres auteurs, y est rare ; je n'en ai noté qu'un seul exemple : II, 407 XXXIX Partout le vœil reprendre.
Représenter, remettre en mémoire 61 267 ; 74 723.
Repreuve, reproche lll, 115 5.
Reprise, reproche 347 3883.
Reproche, blâme, du genre féminin III, i47 il; 223 8.
Reprochler qqn., le blâmer 12 373 {Tu as reprocid ton seignour); II, 149 5003 {Dont je seroie à tous jours mes Reprociés). — Se reprocier, se qualifier II, 96 3233 {Pour infortunes se reproce).
Repus , caché (fém. repuse) 151 2176; 170 2807; II, 415 LXVI. — Cette forme repris constitue le participe passé de repondre (voy. plus haut) ; mais comment l'expliquer?
Les grammairiens nous abandonnent à ce sujet. Voici mon opinion : sur le type latin reposi-
tus, la langue d'oïl a fait repost, fém. reposte; mais elle a aussi tiré directement de repondre un participe fort en s qui est repuns, cp.
semons de semondre, tors, torse à côté de tort, torte de tordre, sors^ sorse de sourdre , enfin çains , çainse indépendamment de caint, çainte de çuindre. De repuns , repunse se déduit correctement, par la chute normale de la nasale (cp. pensare fr. penser et peser, mansus mes , etc.), notre forme repus repuse. Reste à justifier Vu dansrepwns ; pourquoi pas réponse A ce sujet je suis embarrassé, car o en position ne passe jamais en u, et selon les règles de permutation, le type reponsus devait faire repous (cp. sponsus espous, tonsus tous). Je n'ai en mémoire que deux cas du passage de o en m; c'est pomum francisé en pu?i, et deosum (p. deorsum) devenu jus.
Rcputer, reprocher, blâmer III, 73 692 (5e tu sens riens à reputer En ,son fait, si en fai devoir). Le verbe reter, accuser, est le même mot sous forme syncopée.
Rcquerre, rechercher 213 52; attaquer II, 69 2573; 333 57.
Roqiioi, recoi est connu dans la locution adverbiale en requoi , secrètement ; cette locution a fait considérer le mot comme un adjectif (voy. Diez sous cheto , forme italienne de coi), mais il est en réalité un substantif signifiant
GLOSSAIRE
lieu retiré, retraite, comme le prouvent de nombreux passages :
190 3507 {En ce gardin, m ce requoi); 198 3768 (eu un requoi me tenoie); 225 482; III, GO 2-46. Le mot vient de requiètein, repos, lieu de repos, comme paroi de pariètem.
MéS) 8 22-1 : Et estoie tout mis ou rés De mon setis et de ma puissance ; le sens est évidemment à fond, à bout de. Le mot est identique avec rez dans rez-de-chaussée ^ et la bonne forme pour ras; ou rés de signiûepropreraentàras,àfleurde.
Bespiter, la bonne forme française pour respecter qui est du fonds savant de la langue, signifie proprement faire attention, avoir des égards (50 1651) ; de là les acceptions : accorder un délai (d'où répit, délai, surséance), puis différer, ajourner 341 3853, enfin en sens neutre , larder 296 2333 {Depuis n'ai gueres respité). Respiter le temps p. tarder se trouve 322 3436.
BenHort, propr. retraite, refuge, recours (II, 255 296 5e ressort n'ai vers vous), de là : appui, aide, soulagement 155 2301 ; 224 432 ; If, 280 117. Court de ressort, cour d'appel II, 243 277 {Aillours avés court de ressort Pour jugier dou droit et dou tort).
ReHMortlr, renaître 171 2843 {Ressorte joie en nos cners).
Restât, état fixe, 7 206 (.. car tout en restât Mis bien ma painne et
mon meschief, je fixai dans mon esprit, je m'y arrêtai) ; II, 253 289 par restât, d'une manière certaine invariable, associé à sans si (sans condition) et sans rabat. Je n'ai rencontré le mot dans aucun glossaire.
Restelcr^ jouer à tieux bastons qu'on restelle, jeu d'enfants cité 93 212. Je ne comprends pas ce mot ; est- il le même que rasteler, racler?
Rcsurrexl, ressuscita ; ce mot laliu se trouve dans le lai dévot qui termine le Buisson de Jeunesse II, 157 5295 et est appliqué à la résurrection du Christ; huit vers plus loin apparaît le français ressuscita.
Resvllllcr un pays, le parcourir, explorer II, 226 214 {Comment vous avez traveillié Et pluisnurs pays resvillie). Expression bizarre, dont je ne me rends pas compte.
Rptnrder {s'en), s'en abstenir II, 84 2816.
Rptenaiire, engagement, pr. action de prendre qqn. à son service (re/em>) III, 209 2351.
Refeiitlvo , .souvenir III , 55 93 (synon. de reminissance) ; ib. 143 1587 (associé à souvenir).
Retollir, retrancher ; tout sans retollir, tout sans rien en retrancher 7 196.
RpforH {au), à l'inverse, vice-versa II, 222 58.
Retonr, lieu OÙ l'on retourne tou-
GLOSSAIRE
jours, où l'on séjourne habituellement, synonyme de repaire, 24 807 {Où est H liens, li retours.. Où H diex d'Amours.. Se tient, demeure ne séjourne) ; III, 63 339 ; avoir ou prendre son retour en un lieu, y aller souvent, le fréquenter 188 3414; 261 1422 (op. repairier); refuge, recours, aide, appui 137 1706; 291 2358; confort, consolation 248 1038; II, 78 2640 ; 82 2769; récompense, profit, III, 123 841 ; action de revenir (sens actuel) 351 120 (à mon retour); H, 159 5349 ; retour à la santé, guérison 284 2165 {La dolour.. M'a priés mort sans nul retour).
Retournée, guérison (cp. retour) II, 282 173.
Retraire, actif, retirer, reprendre, rappeler 11, 121 4091 ; dire, raconter (cp. reprendre), ib. 393 21 ; — neutre, ressembler (en parlant d'un portrait) ib. 23 763; — réfléchi, cesser II, 209 1 {Je ne me doi retraire de loer La flour des fleurs) ; sans se II, 268 191.
Retret, action de retraire, dire 148 2074, où le poëte dit qu'il ne sort une parole (vois) de sa bouche, dont son cœur n'ait pesé la valeur ains le retret (avant l'émission).
Revel (plur. reviaus), plaisir; par revel, gaiement 226 505 ; 207 528 (opp. à par courons, en tristesse).
Révèrent (reverendus) II, 284 353 {Qui porte nom très révèrent) ; verbe reverender , témoigner sa révérence III, 48 1606.
RcverH (au), de travers, à rebours, 227 530 ; 229 602 : Autîrement il use (il agit) au revers. — Au revers de, contrairement à H, 128 4333.
Reverser, retourner dans sa pensée (versare animo) , examiner 199 3811 {quant le fait revers).
Revertir, convertir, transformer II, 305 231 (A bon tour sont mi plour reverti). On peut, dans cetexemple, admettre aussi le sens neutre habituel de retourner.
Revivre, faire revivre III, 13 392 (C'estoit pour revivre cuers). Cp.
périr, faire périr.
Rice, précieux, cher 249 1070 [Rices me furent ces nouvelles) ; III, 46 1549 {Au jour de muy, ce riche jour) ; comblé d'aise III, 49 1659 {Tant riche et tant reconforté).
Rider, II, 31 1059 : Tout le monde chevauceet ride. Cp. Chron. XI, 127 3 ridant le pays; ib. 292, dernière ligne : ridant et singlant parmi la mer. Les deux premiers exemples font penser à l'anglais to ride (ail.
reiten), chevaucher, mais le troisième repousse ce rapprochement ; d'autre part, il faut remarquer que dans les deux passages des Chroniques les variantes donnent radant (rasant la surface): On peut admettre que l'on ait substitué radant à cause du caractère insolite du terme ridant ; car l'existence de rider et son emploi par Froissart est constaté par notre passage où ride rime avec bride.
Reste à en fixer l'étymologie;
GLOSSAinE.
le mot manque dans les glossaires.
sien ( chose }, pléonasUquement renforcé parwee H, 2i8 79 {Mais on ne te requiert riens née) ; 232 405. Voyez Cachet sous née et riens.
Rieule, règle, mesure; tout en venant de régula (cp. tieule tuile de tegula) le mot est toujours employé comme masculin 59 210 et 226; état, condition 75 768 (Sui je ou droit rieule amoureus encheiis); air, mélodie 288 2266.
Kleuler, régler, modérer, gouverner 36 4208 ; 292 2387 ; se rieuler de, se modérer, user avec modération II, 377 17.
Rihote, travail, peine, 61 383 ; 75 759; 79 920 {De divers chans.., Les uns joieits^ les aultres de rihotes). Le sens usuel est débat, lutte ; de là rihoteus, querelleur, 11,122 4130.
Rime, rame 162 2339 ; rimer ^ ramer, naviguer 160 2475.
Rire, avoir un air souriant, faire l'aimable III, 1 6 ; 26 866 ; 32 1049. Se rire, se réjouir IH, 7 181.
RifléeM (jouer aux), cité comme jeu d'eufanls 93 227.
Risaue, sortie, conclusion 209 4142.
rivIh ; II, 320 45, mentionné dans l'attirail d'un berger, à côté des pipes, musettes, panetière, chiens, colliers ; je suppose que c'est une variété de rivet, que je trouve dans Hécart avec le sens de nœud coulant.
Roe (faire la), se pavaner II, 33
Roer, neutre, tourner 63 344.
Roi qui ne ment, cité parmi les jeux d'enfants 93 220; jeu de grandes personnes II, 131 4427.
Rolai, nom de monnaie II, 344 31.
Rolaliuent, admirablement II, 119 4017 (Geste balade est roialment faite).
Rolauié, royaume II, 168 216; devoir royal 313 3123 (Tout roi doient l'un l'autre aidier Par royauté).
Roli, rets 175 2984.
Rolel , feuillet de papier II, 340 47 ; ailleurs rolet II, 59 1992.
Rougiiler(ronger)son/'ram239843.
Rude, grossier, d'apparence commune (en parlant d'une chambre) 237 1291 ; peu instruit, ignorant 230 648; 235 1. 19.
Riidece , ignorance , sottise 323 1. 16; 350 87; grossièreté II, 140
Rueve, 3^ pers. sing. de l'indfc.
prés, de rover, rouver, demander.
RuNer qqn., tromper IIÏ, 37 1234.
Saçant, sachant, sage II, 147 4938 ; 111, 205 2220.
Sacheau, petit sac II, 320 35; ailleurs sacquelet II, 540 45.
Saclcr, tirer hors 210 4162.
Hade, gracieux, joli 18 584; content, joyeux 48 1605 {Et de cuer amoureus et sade Ai ordonné une balade).
sase de, capable 247 2; II, 149
Sain, graisse ; 111, 142 1469 où il est dit de l'art d'amour Qu'il ne laisse
GLOSSAIRE
ne sain ne lart Aus vrais amans.
âiuiutunirc, chose sacrée II, 130 4395 (qualificalion donnée par l'auleur à sa maîtresse).
SnlMlno, puissance II, 158 5308 {Au tierc jour, à bonne estrine Brisa d'enfer la saisine).
Salaon (perdre sa) II, 5^ 1749, y perdre son temps.
^iallir plus haiilt {jouer au), jeu d'enfants 93 227.
Samblance, figure 18 583 ; loc. à la samhlance, apparemment II, 240
iSamblaut, regard II, 264 50 ; 368 19; opinion, avis, à mon samblant 3 78 ; 356 288.
sameiette, petite semelle 270 1729.
iSaDcier, verbe actif, élancher ; arrêter, faire cesser 35 1160 (une maladie); 208 4121 (une souffrance); réfléchi, se rassasier, faire qqch. tout son soûl II, 224 122 ; 359 11 ; s'arrêter, cesser 208 4111.
— Il n'y a aucun doute pour moi, sancier représente le bas-latin stancare, et est une doublure de estancier, étancher. Il me fournit un nouvel exemple de l'amincissement du groupe initial st en s, phénomène de la transformation française des sons latins , que j'ai démontré au long dans une notice insérée dans la Revue de l'instruction publique en Belgique, année 1863. Voy. aussi ma note Baudouin de Condé, p. 508.
Saner, guérir 5 137.
Naunable, semblable II, 44 1500.
Du verbe saner, sembler, usité en Picardie, Lorraine et Bourgogne (voy. Hécart et Corblet) et dont l'étymologie m'échappe.
Sans plus, seulement, rien que III, 13! 1142 : Qui n'en orroit sans plus le ton, quand on n'en entendrait rien que la voix.
Sancellc, dimin. de saux, sauche, saule 91 157; 11,30 1021.
Sault (de), de prime, abord 302 2733 ; II, 127 4292 ; 134 4539 ; 301
Sault, 3e pers. sing. du subj. prés, de sauver, lat. salvare II, 134 4540 {se Diex me sault).
Sauvage, contraire à la nature III, 134 1247 (Ains lui serait aussi sauvage Que..).
Sauver (se), se justifier III, 110 7 (Et de ce fait me sauverai je A mon povoir en pluseurs cas).
Savoir, faire connaître III, 252 18 :
pour sçavoir, pour qu'on sache. — Savoir lié par à à l'infinitif qui en dépend 309 2988 {Que je ne le saroie à dire).
Savourer, synonyme de goûter (sans l'idée accessoire que comporte le mot actuellement) ; donc éprouver, subir II, 106 3576 {S'en savour si cruel estour); II, 133 4494 {Car par culs je boi et saveure La flamme de ce fu ardant); II, 139 4703 (les dangiers de viellece) ; II, 298 216; considérer II, 285 32 {Quant savour sa valour).
GLOSSAIRE
mmèm, p. ses, assez. II, 4 105 (/^ ne te doit pas estre scés). La lettre c s'est introduite sans raison étymologique pour renfoncer le s initial (cp. scilence, scavoir, etc.) ; cet abus orthographique remonte assez haut. — Voy. aussi ses.
Science, sagesse III, 64 374 {Car ce ne serait pas science) ; ib. 70 592.
Acienleux, sage , sensé III , 102 1.
tie représente non-seulement la conjonction si du nouveau français, mais très-souvent aussi l'adverbe si (lat. sic), liant logiquement une proposition principale à une proposition précédente. Dans ce dernier emploi, on lui voit, comme à si, prendre la valeur de cependant; ainsi 285 2152, où l'auteur, après avoir dit qu'il avait longtemps attendu de nouvelles lettres de son ami, continue : Se les'soloit il envoyer De mois en mois.
Séance, convenance ; à ma séance, à ma satisfaction II, 500 75.
«ec {payer), payer comptant 226
«ecré, adj., familier, intime 126 1559 ; discret 245, 1. 9 {Car il est moult secrés et bien y poes avoir fiance) ; 169 2786 : Loyal, secré, discré (prudent), humble et joli (gai); II, 155 4502 {vrai et secré).
fiecré, subst., sentiment, pensée intime; dire de son secré, dire en toute confiance II, 185 722; 186 850 : Tant retenés de mon secré.
Secrétaire, confident , conseiller TOM. III.
140 1832; II, 111 3747 {Tant sont ses yeus secrétaire De gentil et noble a faire); III, 5 60.
Mcffur {faire), assurer, informer II, 295 55 Fat Vent segurc.
Meiffiioiiranf, maîire, possesseur 100 472 {Car je sui de sens ignorans El de peu d'avoir seignourans).
Nelenoiirl, magnifique 548 19. Cp.
eu ail. herrlicli de herr.
Meitfnoiirir, neutre, dominer III, 29 947 ; actif, maîtriser III, 26 846.
Mejoiir, demeure, retard II, 124 4205; sans séjour, sans arrêter II, 129 4577 ; en un séjour, à demeure, à fixe 174 2955; — loisir II, 2 26; temps, époque III, 25 850: Et en ces gracieux séjours Que cfiascun de vous deux tendoit A moi craindre.
Scmliie paraît avoir le sens de fondation pieuse II, 289 148, où il est question des nobles semilles de la reine d'Angleterre dont les clercs et les prêtres témoigneront la reconnai-ssance par des messes et vigiles. Peut-être faut-il traduire par largesses et rapporter le mot à semer. Il est difficile d'accorder cette signification avec celle de caprice , que nous trouvons à semilles dans les Chroniques ; ainsi dans ce passage : « Le roi est moult cruel et plein de merveilleuses semilles. » C'est encore ca/jnce qui convient dans le passage du Roman de la Rose, cité par Roquefort {Ci ot trop estrange semille ; Le roi lel
gésir o fa fille) et où Roquefort et Michel traduisent par niche, tour.
ileiiKlc, 108 748 : Et entrâmes en oultres gengles (causeries), Mes ce furent parolles sengles. Paroles simples, innocentes?
«cnocc que, sans que 164 2606; 308 2948; II, 186 553. Dans le premier et le 3e des exemples cités, l'adverbe senoec, formé de sen ( = sine, sans), comme son contraire avoec de ab {= apud), est accompagné du pronom en {Jamais je n'en fuisse senoec Que toutdis ne Veuïsse Avoec moi, et Voîis n'en poés estre senoec Que toutdis ne soyés avoec); cela tient à ce qu'on disait senoec de qqch., en être privé; cp. Fabliaux et Contes, 1. 1, 370 420, où quelqu'un offre en ^^age de paiement un manteau et, ayant reçu pour réponse qu'il y faut joindre la cote, remarque :
Comment en irai je senuec ?
Je n'apris onques tel afere.
Dans de nombreux passages de Baudouin et de Jean de Condé (t. I, 10 276; 28 272; t. If, 11 354; 113 12; 222 1698; 237 33; m, 263 141) et de Watriquet de Couvin (182 618; 332 100 et 375 73), nous avons rencontré la formule se non accompagnée d'un génitif et se traduisant partout par privé, dépouillé. Dans les deux premiers passages je n'en avais pas encore saisi le vrai sens et les deux notes
que je leur ai consacrées sont tout bonnement à supprimer. Ce n'est, à ce sujet, que la note du t. II (Jean de Condé I), p. 384, qui compte ; en la faisant, je ne me rendais pas encore compte de l'origine de celte valeur toute particulière (et restée inconnue) de se non. Aujourd'hui j'ose- avancer une conjecture à cet égard.
D'abord, je pense qu'il faut écrire, malgré l'orthographe des mss., senon (en un mot) ; dès lors il est permis de considérer cette forme comme une modification de senoc^ objet de cet article. La mutation de la gutturale c en n ou plutôt la nasalisation de la finale c par ne {senoc, puis senonc, puis senon), ne constituerait pas un fait isolé ; elle se représente encore dans l'ancien français ainsin (de aeque sic, voy.
Diez, Gloss. I, v cosi), d'où picard ensin, bourg, amin (voy. Hécart); je citerai encore la forme amin p. ami et le prov. nengun (de nec unus).
iSeusible, sensé III, 151 3; sensiblement, sagement, ib. 65 424 ; 143 1530; 203 216.
lentement [de], avec intimité, avec effusion 357 330 ; dans le même sens aussi l'adverbe sentamment II, 334 29.
i§entence {la) d'un virelai, les pensées y exprimées 179 3126.
Sentencier de, prononcer un jugement sur II, 243 274.
Sentir, la plupart du temps, signifie
prendre connaissance de oa connaître 40 1314 ; 77 850 ; III, 72 629 : (Orpheùs) est le preniitr qui fu seiitans D'armonie les derniers sons. On lui trouve cependant aussi les sens : éprouver, sentir, jouir 57 147; 59 199. — Partie, passé sentu 125 13ii (cp. /èru de ferir 132 1557).
Seoir (se), être assis 98 391.
•epder, quantité de sept II, 230 366 {un septier de foeilles).
•erl, adj., doux, mélodieux II, 204 315 (tt vois «m<?J;adv. 11,207 417 (chanter sert et cler); II, 204 311 chanter seriement).B\irQuy explique seri étymologiquement par lat.
serenus (pur, clair), devenu «eri par le changement de e en i après Tapocope de la finale n. Cette apocope étant insolite, on peut douter de cette étymologie. Ce qui est sûr, c'est que serenus a donné à l'ancienne langue serin (cp.
venenum venin), et notre auteur nous en donne la preuve 93 195 :
Et quant la luneestoit serine (claire) .
Serin, voy. l'art, préc.
fierrer, sens absolu, être imminent 292 2389 {pour le péril qui y serre).
Servir, être propice, se qualifier 193 3657 {Cils lieus ci sert Droitement pour lui reposer). Dans le passage 226 494 Car grans jardins et biaus vignobles Servent au lieu qui est moult nobles, servir paraît signifier dépendre, être annexé.
Sé« = assés. Il m'est ses, cela me
suffit ; II, 109 3689 De riens ne test ses, rien ne le satisfait. Voy. aussi secs.
Seul, adv. seulement 21 701 ; 190 3498 (en soi .seul regardant, rien qu'à la regarder) ; 357 304; II, 85 2847 {Seul de leurs regars m'esbahisseut, leurs regards suffisent pour me troubler) ; II, 200 188 par seul beauté, rien que par beauté.
seulet, adj. seul, sans compagnie 164 2620 Tous seules illoec m'esbatoie; III, 10 315 {Et demourai seiilet ou lit) ; III, 27 870 (Quant seulette a este"); s^dy. en solitude, secrètement III, 1 15 (C'est celle à qui seulet me plains) ; à seulet, sans compagnie, 124 1281 {Madame et elle à seulet estoient) ; on trouve aussi à seul 224 441 {A seul et à compagnie).
Senrcoiirs, attaque III, 247 15.
scUreté, assurance de fidélité 212 26 {A cuifai fait.. Seûreté, foi et hommage).
Mevrance (propr. séparation, disjonction), interruption II, 287 96 {sans nulle sevrance, sans cesse).
Sevrer, éloigner II, 297 188.
SI, après une proposition négative, le verbe étant au futur,=^jusqu'à ce que II, 318 63 {Jamais ne revenrai par ci S' aurai veiL. le duc); II, 341 11 {Tu n'auras ne pain ne fromage.. S'auras dit...)
SI, subst., dans la formule sans si II, 255 287, «an« 7iul si II, 134 4548, sans condition, sans réserve.
GLOSSAIRE
Voy. ma note Watriquet de Couvin p. 417 (v. 532).
SIeu, 153 2239 : Car je mec tout au plaisir sieu , à sa disposition.
Celte forme sieu, pour sien, estelle arbitrairement amenée pour satisfaire à la rime, ou se présente-t-elle ailleurs? Bien que je n'aie aucun autre exemple à produire, je la tiens pour parfaitement correcte; elle fait pendant au fém. sieue {siue^ sieue) dont Burguy I, 146 cite des exemples.
Le thème su de suus a régulièrement dégagé la forme diphthonguée siu, d'où sieu (cp. pensiu, pensieu). On peut l'expliquer aussi par une autre voie ; c'est-à-dire par l'analogie de mieue, dont on est autorisé à dégager aussi un masculin mieu ; or mieu se rapporte absolument à meus, comme dieu à deus.
sievant (suivant), 279 1. 7 tout ainsi qu'elle se maintient, si vous maintencs au plus sievant que vous pocs, le plus conformément que possible.
SIge, siège 119 1108 (cp. lige et liège).
sisne, miracle 275 1913; II, 380 3; preuve II, 158 5310 ; indice 75 766 {par les signes des douls regars que fai en vous veûs) ; 245 944 (H douls signe de vostre semblant m'ont conquis); motif apparent II, 211 62 (C'en sont li certain signe Pour quoi la flour est envers li encline)-, signe, geste II, 355 3; cachet
(d'une lettre) 241 906.
slsnct, sceau, cachet 231 687 ; 241 895. Synonyme de saielct 240 853.
8llciice,dugenre féminin, 1692778,
isliiipic, modeste, timide, gracieux, humble 104 587; 135 1656; 143 1913; 281 2078. Simple voie, sentier 350 63. Simplement, timidement 153 2252; tristement, sans succès II, 119 4027.
single, masc, voile (de navire) 161
Sinopre, sinople (cp. angl. sinoper)
II, 42 1407 (en rime 2isec propre).
slqiics (forme adverbiale de si que),
donc 7 187 ; 101 505 ; II, 244 295 ;
sobrier, être sobre, être privé de plaisirs II, 36 1199 {Trop m'avés laissie sohrier) ; se sobrier, mener une vie sobre, tranquille II, 45
soc, je sus II, 276 2.
sodacre II, 265 95, épithète injurieuse de Fortune {La fausse ypocritte, Sodacre et trahitté). Ce mot m'est inconnu.
soeiTre, le et 3» pers. sing. indicat.
prés, de souffrir II, 76 2597.
»oell=lat. soleo, 151 2184; 3«pers.
sing. soet 134 2270. — La forme du présent sert également pour le passé, ainsi 7 198 ; II, 409 XLVI, 3 (Je vi le temps que loerje m'en soeil].
socler , sooler (soûler) , rassasier 214 93 ; II, 21 699 {Et son coer en pest et soolé).
Sol p. lui ou elle se présente très-
GLOSSAIRE
fréquemment, ainsi 14 444; 18 574;
••ir, soit, traité comme masculin, 146
2016. La forme concurrente <oi7
se trouve II, 330 43.
••Ile, seigle II, 222 81 ; 320 43.
Molng, souci, peine III, 27 882;
préoccupation, toute chose qui
occupe ou distrait l'esprit II, 112
3784 : Or n'est anoi que soing ne
passe.
Soir, tard (du lat. sero) 5 135 {tempre
et soir).
soil, soif, voy. soif.
solaire, salaire 202 5915; II, 225
188; 393 23; 406 XXXVI; biens
oultre solaire 36 1217, biens sans
prix. Pour le changement de a en
o, cp, dumage et domage.
solu , partie, passé de soudre
(solvere); 357 332 Amis, vous u'avés
nullement Solu vosmos, vous n'avez
pas prouvé ce que vous affirmez ;
cp. II, 61 2088, y mettre solucion.
fioiucion, démonstration, preuve III,
somme, charge, grief III , 260 2569
{Et trouva que depluseurs sommes
le chargoie).
Somme {sans\ au-delà de toute
expression II, 291 199. Cp. sans
nombre.
sommes (à), beaucoup 300 2062
{Que de ce ne penses à sommes, ne
vous en inquiétez pas beaucoup).
Sommiron, sommet II, 3 66. Sommirrement , surtout II, 172
358 {Avise toi sommierement Que..)
son p. sa, voy. sous mon.
soiifcler {sans), sans hésiter III, 85
songne, forme féminine desoing II, 84 2810.
sousncr de qqch., en prendre soin 79 929. Cp. penser de.
sonner, actif, faire venir, appeler 11,231 371.
sons, nous sommes 48 1614 ; 189 3456; 191 3529.
Sorqiierre qqn, en vouloir à qqn., lui chercher querelle, l'accuser III, 141 1469.
sort, sortilège 263 1501.
soubtir, fém. soubtieve, ingénieux, habile II, 12 393. Altération de soutil, soutien (subtilis). La finale ieti, représentant k la fois i7 et i/, soutil est devenu soutif.
soubdiieté, artifice, 53 10; ailleurs «ou/ieve/e98 404.
f^oiiflire, suffire 64 380 ; plaire 27 898; 42 1384; 99 435; II, 76 2373 ; 121 4073. Au lieu de sovffire (64 380) on trouve aussi souffîr II, 397 IV (cp. desconfir II, 409 XLVI).
soiifllnanre, contentement, rési-.
gnalion 208 41 17 ; 316 3230 ; II, 34
soufflaiant, considéré , distingué, notable II, 182 699; 226 222 {En arroi de souffîsant homme) ; II, 342 44 {Tu es un clers moult souffïsans).
SoiifFraure, trêve; mettre en souffrance, ajourner II, 327 25.
soufTrctte, disette , détresse (du latin suffractus , retranché) 154
GLOSSAIRE
2289; 273 1856; 294 2466. De là souffreteux, mot tout à lait indépendant d'origine de souffrir.
Souffrir [se), patienter, se résigner 27 888; 55 73; 62 310; 244 1. 15; tarder, différer 255 prose 1. 1 {je me sui souffers de vous escrire) ; se passer H, 397 IV {il m'en convient souffrir, il faut que je m'en passe).
soug;U, sujet (représentation correcte de subjectus ; c[i. despectus despit)Ui6; 163 2570.
souper, actif, donner à manger II, 217 38 {Je sçai bien de quoi il te soupe) ; cp. disner qqn.
sourçoel, singulière altération de sourcil, amenée par un faux rapport avec oel, oeil, 270 1727.
sonrgon, source ; au fig. 350 82 li vrais sourgons d'amours. — De sourgons, de plein jet 352 159.
Sournoninier, nommer ou qualifier à faux II, 113 3831 ; 193 1070.
Souronder, abonder 143 1912 {Et moult grant beauté li souronde).
sourplus (doM), d'ailleurs, du reste 279 1. 27. — Au sourplus, en outre, II, 366 10. Dans la Gourde may au surplus a la valeur du lat.
maxime III, 16 492 ; 29 940; 33
soursaf III, qui se met au-dessus de, qui manque à 25 761 {Quant elle le voit soursailli A sens et à avis failli); précipité, emporté 195 3672 ; II, 122 4130.
souspeçon (soupçon) , appréhen-
sion; estre en souspcçon, avoir de l'inquiétude 358 358; 11,218 75.
sounquanle^ var. soukenie^ rochet, capote II, 310 48.
Sousté, II, 364 28 : Qu'efis ou Liban sont H cèdre estevé Ou que la palme en Cadès prent sousté. «Prendre sousté» doit équivaloir à prendre son existence, naître, croître, mais le mot sousté m'est inconnu ; sa facture accuse un type latin substatus, qui pourrait avoir existé avec le sens de substaniia.
.^oustenance, soutien, fig. confort ni, 17 553 {Celle où maint ma soiistenance).
)§ouvenlr a souvent, comme espoir, le sens générique de pensée intime; ainsi II, 279 103 : Par le très doue souvenir Qu'espérance fait venir.
Souverainement, surtout III, 123
Stile {la), la manière, les procédés III, 176 1 : Connaître la style des fais d'Amours nobles et fins ; ib.
207 2272 : Il scet assez bien de stille De l'office qu'il vous requiert.
Hubstanee,ressource, aide38 1263 {Or regardés la substance D'amours et la grant puissance)', 11,272 112; existence, vie II, 264 65 {Que flours.. Prendent cruçon et substance) ; plur. qualités 54 32 {les substances et la vertu d'amour); subsistance, nourriture II, 363 60 {repos d'âme et substance) ; le fond d'une chose II, 315 47 {01 moult
GLOSSAIRE
tost conçut la substance Dont Sohiers les ot en fourmes) ; Ul , Z9 4295 : Ne peus tu retenir Ce que j'ai dit par souvenir. Ou à tout le tnnins la substance ?
AubMtantir , offrant subsistance , qui alimente, entretient 111,91 8 (Vie (T amours substantive). Peutêtre, cependant, faut-il plutôt interpréter le mot par réel.
Supporter, voy. susporter.
MiirpluH {au), voy. sourplus.
Saa, adv., 121 1170 sus et jus, haut et bas, en tout sens; cp. angl. up and down.
«un, prép., sur le point de; 333 3627 sus le desconfire ; II, 3i9 44 {Qui fu près sus le couroucier) ; cp.
II, 349 22 sus le point de plorer; — indiquant le jour H, 65 2202 {Et li avenoit, je vous di. Ce le plus sus le samedi) ; = contre, sus vo voeil II, 78 2631 ; sus vostre devis II, 133 4506.
ftnnporter («e), synonyme de se sou ffriry prendre patience, se tenir tranquille 171 2839 [Mes je te pri qu'unpetit tesusportes).—Le terme se présente avec le sens de « se soulager de» III, 136 1302 : Qui supporter Ne s'en veuUpour soy alegier.
Tailiani, ardent, vif, résolu ; aigre
et taillant 222 368; 310 3035. Cp.
ma note Jean de Condé I, p. 410,
et II, p. 357.
Taille, teneur (d'un poëme) 309
3009; faire taille d'une image,
sculpter 139 1797.
Talillé de, capable 128 1409; 247 2; 2631508; disposé à 201 3878; digne II, 145 4877 {ydonei et tailliés). On dit encore être taillé pour qqch.
Tuililcr, arranger, distribuer (des troupes) 298 2596; eiposer, raconter 303 2792; dire, syn. de deviser II, 133 4505; composer (un poëme) 309 3008 {Un nouvel plaint ordonne et taille). — Se taillier, être convenable 240 862 {Ce n'est point cose qui se taille); II, 42 1427 :
Nostre voie moult bien se taille.
Ce me semble, à l'aler vers lu^ (Notre chemin est bien celui qu'il faut suivre pour venir à lui); cp.
Chroniques (éd. Kervyn) X, i23 Se vous veés que che soit cose qui se taille à faire; bien seoir 263 1489 {Comment se taxiloit uns abis Apriès vos costés et vo corps).
Talnf, adj., p&le 18 586; 135 1664; II, 169 237.
Taint, subst., teinte, couleur 58 161 (les tains de vo beauté) ; œuvre de peinture II, 230 136 {Onques nuls tains. Ouvrés sus bos ne sus pierre, N^ot beauté qui »'» afiere) ; pâleur 204 3974.
Taire {se) de, s'abstenir, se garder 79 908.
TakenéM {solers) II, 319 26 a l'air de signifier des souliers rataconés, rapiécés; mais l'expression doit dire tout le contraire; le tacon, morceau de cuir en relief, était
GLOSSAIRE
sans doute un accessoire d'ornement. On lit dans César de Heisterbach : Calceos sibi novos et bene taccunatos fieri pelivit.
Tuner, fatiguer, ennuyer H, 243 260 {Vous nous tands de tant parler); II, 367 16 {Plus le requier^ plus est de moi tanée).
Taulson, fatigue II, 243 269 ; par tanison, de guerre lasse II, 42 1403.
Tanoi 36 1182 : Car sa compagnie Engendre folie et tanoi.. Forme concurrente de tanison, fatigue, ennui ; elle est toutefois suspecte, d'abord parce qu'elle ne saurait s'expliquer que comme substantif verbal d'un verbe tanier ou tanoier qui n'est mentionné nulle part comme doublure de taner, puis à cause de la variante et anoi qu'offre le texte du même lay dans la série spéciale des lais.
Tant suivi immédiatement d'un verbe au subj., = quoique II, 203 282 {Quil n'est ouvriers, tant ait le tour de painture^ Qui le puist ressembler).
Tant (ne) ne quanty en aucune manière III, 92 22.
Tant renforçant seulemeîit 33 1094:
Fors elle tant seulement.
Tant {pour), c'est pourquoi; outre cette formule nos poésies offrent aussi pour un tant 16 514; 49 1643 ; 5o 1860 ; pour un tant que, par ce que II, 228 274.
Tantost, aussitôt II, 138 4667.
TapiMserle, 164 2619: Une chambre
liien aourne'e et bien vestue De tapisserie batue. Je laisse à d'autres le soin de définir la valeur de l'épithète batue.
Tarder qqn., empêcher, retenir 184 3289 {Parle, qui te farde?); refuser qqch.àqqn, 151 2194; 185 3311 {Et puis me tarde Son regart et aillours le met).
Tarsier (se), se protéger (de large) m, 150 25 {Qui bien se veull targier Contre ce feu).
Tas [en un), II, 180 624 : Biaus fils, je vous ai en un tas Monstre le sisisme degré. Amplement, abondamment? Ou d'une manière tassée, serrée, succincte? Ou enfin, d'un seul coup, en une suite ?
Tasser (en parlant d'un serment), le fouler aux pieds, le violer III, 261
Te pour tu, à la suite du verbe II, 217 40 {Ta part en as te en ton musel).
Tel, adv. tellement II, 419 rond. 82 {Car vostre amour me mainne tel Que..)
Tel y a, formule périphrastique pour quelques-uns III, 75 756-7 : Et si nous recommande en tels y ara (en quelques-unes des ballades); cp. la locution tele fois fu = parfois.
Tele, toile 269 1691 , forme inaccoutumée motivée par la rime; d'ailleurs correcte , cp. chaudele et chandoile , estele et estoile. Je trouve toille 278 2007.
Tenipore {quel), combien de temps
GLOSSAIRE
lOi 603.
Tenipn exprime souvent la siuialion morale ou extérieure où ou se irouve, ainsi 283 2124 ; 309 3003 ; il devient ainsi synonyme de vie 62 33i {bon temps, bonne vie); 197 3720; 317 32U {avoir le temps sans soussi). — Par temps, qui d'ordinaire signifie bientôt, prend le sens de patiemment dans attendre par temps, attendre que le temps l'amène 13 424. — A temps, parfois II, 115 3673. — Venir à temps de ou à faire qqch., venir à bout, réussir 76 822; 120 il37 (Une heure je venoie à temps De li veoir, et Vautre non); 210 4180; II, 127 43H.Cp. Chron.X, p. 95, 1. 17.
Tençon, lutte OU concert de chant (en parlant des oiseaux) II, 38 i269.
Tenir qqn., faire jouir 90 117 {Et se je n'ai pas retenu Tout le bien dont il m'ont tenu) ; 206 4733 {J'ai bouté avant Le temps qui noiant M'a tenu de joie). Impersonnel, il tient a, il dépend de 23, 816 où il faut lire :
De tout ce tient il à Plaisance; 270 1754; II, ^O^Zib{Avousentient), aussi en p. à II, 281 168 (Or tient en sa douce agrée Que s'amour me grée). — Se tenir, s'abstenir II, 163
Tente {détendre), direction, but III, 108 12 {Mais mon cuer a tendu FA tent à autre tente).
Teoullller, 24 784 : Car se sus tels visces teouilloies. Propr. s'erabour- TOM. III.
ber, puis fig. s'engager dans une mauvaise affaire, se compromettre.
Le verbe se présente aussi sous la forme touder 57 133 (£< à la fois si avant s'i touelle Comme le papillon à la chandelle) et sous celle de toueillier et avec le sens actif de brouiller II, 222 63 ; 384 11. Voy.
sur ce mot ma note Baud . de Condé, p. 500.
Terme, durée de temps ; loc. adv.
le terme de ou par le terme de, durant 256 I. 15; 283 2127. Mettre terme «us, ajourner 269 1715. — Dans le passage 1 1 , 1 09 3692 Termes et mois et années le mot paraît prendre le sens plus spécial de saison. — Au lieu de terme on trouve aussi les formes savantes termin 149 2129 {dedens brie f termin) et termine 77 841 {nu termine que, pendant que).
Termin, termine, voy. terme.
Terue, tertre, colline II, 40 1339 ; {Où il n'ot terne ne vallée) ; II, 167 139 (£^/j l'aguillon d'un terne gracieus). Cp. Chron. IX, p. 363, l. 27. Je n'ai pas encore rencontré ce mot ; il me fait l'effet d'être une modincation de tertre. Ce der-r nier, simplifié en terle, a pu faire terne, comme ornière a été substitué à ordiere (orb'taria).
Terrien, subst., terre, flef II, 368 22 : estre sire de terriens. Du latin terrenum. L'emploi trissyllabique du mot est contraire à son étymologie. Terrien signifie d'ordinaire
GLOSSAIRE
seigneur de terres et il se peut qu'il faille traduire notre passage par « être souverain de seigneurs terriens. »
TcMmolng ft'M)rfe,litt. j'en témoigne de, c. à. d, je m'en rapporte au témoignage de III, 119 16; sans en, ib. 218, 26; plus loin, 440 1422 et 143 12, on a le tour fm prens à tcsmoing.
Tesniolnsner (ou tiesmoingner) qqn., le citer en témoignage 27 f 1785 : Oïl, en tesmoing (j'en tesmoingne) Lucifer ; II, 115 5887.
Testainentjtémoignage, aveu6 173.
Thiés, thiois (allemand ou néerlandais) 262 1433 {As bestes qui îV entendent liés , françois ne ebrieu ne latin). On voit que le mot est monosyllabique.
Tieiilette, petite tuile 91 133.
Tire, ennui, peine 3 68 : Et m'en (de mes amours) fist remoustrer les tires; III, 112 18 : Qui veult b ien faire son devoir D'un des deux, n'a il assez tire? Cp. l'angl. ta tire, se fatiguer.
Tirer à, tendre, aspirer; d'un usage
très-fréquent.
Tiroir d'uys , queue de vache servant à fermer une porte comme nos boutons de porte III, 230 4.
Tive, tuyau, tige 239 1561 ; II, 37 1263. Forme secondaire de tige; cp. cave et cage de cavea, gouvion et goujon de gobionem.
Ton p. ta, voy. mon.
Tort, adj. contraire , hostile 171
2832 (enfrune ne torte).
Touclicr de, faire mention 196 5718 {En ce voiage dont vous touche) , toucher à, être à cœur , être important 187 5402 {Ceste mort li toucha forment)', II, 112 5770; 111, 48 1618; être pressant 197 5743 {Car le bcsoing touche); II, 102 5437; III. 481618.
Toiicller, toueillier, voy. teouillier.
Tour, moyen, synonyme de voie 145 1953; 273 1839; avoir le tour de qqch. , être habile II , 205 282 {Ouvriers, tant ait le tour De paintiire ne d'auUre atonr). — Venir à tour , arriver , se produire II , 78 2656 {Quant ensi vendra à tour , quand cela tournera ainsi).
Toiirple, toupie 94 241 . Cette forme est encore en cours à Valenciennes.
Toursel, bouquet de fleurs II, 544.
Le même mot par métathèse de Vr a donné trosscl, trousseau.
Toiisel (nom. sïng. tousiaus), jeune garçon 271 1768; dérivé du prov.
tos, ital. toso, garçon , dont le féminin touse et son diminutif^owsette (II , 32 1732) signifient jeune fille. Pour l'élymologie, voy. Diezl, v» toso.
Touser, tondre II, 552 20. Du lat.
tonsare, fréquentatif de tondere; ital. tosare.
Toiition, toison II, 542 56 {touson d'or).
Tout {du), tout à fait III, 60 241 ; 61
Toutcsfois , cependant 83 1133 ,
GLOSSAIRB.
AU
alterne avec tontesvoies; celle dernière forme, cependant, comme, l'ail, allerwegen, prend plulftt la naance « de toutes manières , en loutcas» 11,55 1857.
Tr«hiii«>, traître, perfide II, 210 31; 265 95 (dans les deux passages le mot est féminin et appliqué à Forlune). Altéré de traître, formesujet de traïtor, lat. traditorem.
Trait (à), lentement , sans se précipiter, à loisir 320 33i7 ; II, 58 1975 {Je Cai lors veii si à trait, si bien et si à grant loisir); II 137, 4632 ; ni, 99, 13. Cp.l'adv. latin <rrtc/im.
Tramettre (transmettre), envoyer (tant hommes que choses) 114 948; II, 166 124.
Transir , mourir II , 364 36 [Puis que vos fils en la croix fu transis); du lat. trans-ire (cp. per-ire et trespasser).
Travellller, travillicr, actif, tourmenter, harceler 1 6; neutre, 1. avoir des tourments 1 4 ; 2.
voyager II, 16 534 (.. Tous jours en iraviUant Cest image avec moi portoie); II, 226 213. Ce dernier sens s'est continué dans l'angl. travel; on trouve ce travillier = voyager employé activement II, 338 31 ; Et oï que chevalier fin.. En ont travillie' vauls et mons. — 5c traveillier àqqch., s'en lasser 111,46 1556 {On ne »'t pourrait traveillier).
Travers II , 265 83 (appliqué à Fortune), qui se met en travers, contraire, hostile.
Travcracr qqn., empêcher 16 518 {Il ne me poeent traverser Que je ne les mette en merci).
Tra^é, troué M, 320 42.
Trcchler, tricher 173 2914 {sans mentir ne trechier).
Très, depuis, dès ; très que ou très dont (lors) que 88 27; II, 39 1298; très mon jouvent II, 355 56; très son enfance II, 315 46. Cet emploi de très est traité au long par Burguy II, 369 ; mais ce grammairien se tait sur le rapport logique qu'il y a entre trans (primitif latin de très) et depuis. Trans est plutôt fait pour marquer le terminus ad quem (cp. trcsque , jusque) que le terminus a quo ; aussi je pense que les diverses applications et combinaisons de très sont encore à élucider au point de vue étymologique.
TreMmontaInc, étoile po'aire ; II, 66 2236 : Qui furent nimphes et pucelles A Dyane la tresmontaine.
Terme d'honneur appliqué parfois à la Vierge Marie ; l'auteur de la Bible Guyot voudrait que le Pape fût la tresmontaine des Gdèles :
«Tiex devroit estre nostre père ! »
Treffor {tenir en), garder III, 61 298:
De ce palais et du trésor (lieu où l'on garde) Ouquel elle tient en trésor Le précieux don de mercy ; ib. 187 1634.
TroAoriere, gardienne, confidente 33 1084.
Trespamirr, traverser II, 202 274 {Tous les lieus où elle trespasse).
GLOSSAIRE
Trct (rt), voy. trait.
Trier de , séparer de , arracher à 210 4164 {El adont si fort le mes- Irie Que de trestous propos le trie Fors de ccli à quoi il lent).
Trine, triple IF, 158 5316 : Croi dont en la vertu trine Un seul dieu qui tout afine. Du lat. trinus.
Trlstre se présente deux fois dans le Paradis d'amour (26 869; 28 923), désignant une place dans le parc qui entoure l'habitation du roi Amour. Je crois qu'il signifie tertre (Nous venîmes dessus un iristrc Où uns moult gentils damoiseaus Tenait sus deus lévriers moult heans.... Et à cet aultre tristre voi Désir..). Le mot, sur lequel je ne trouve aucun renseignement, rime dans le premier passage avec tristre, triste.
Trottot merlol, nom d'un jeu d'enfants 93 205.
Truffer (se), se moquer 182, 3228.
Truis, 1^ pers. sing. de l'indic. prés, de trouver 11, 376 20. A côté de cette forme, on trouve aussi troeve 11,378 11.
Tuter, KOufiQer II, 339 17 {Tu sauroies mieuls d'un busiel Tuter et aster une espine). L'allemand a également tuten, souffler.
U, où. Comme cet adverbe alterne avec la forme où et qu'il se trouve souvent en rime avec /m (ainsi 2 30), ne doit-OH pas en inférer qu'il différait de 01/ par la prononciation
et n'en est pas une simple variété orthographique ? Ce point mérite examen.
le» ou oes, œuvre ; estreàl'nes, être à l'œuvre, en voie de IF, 159 5360.
Le mot représente le latin opus (ital. uopo) et signiOe plus souvent besoin, intérêt, proQt.
Uiseiis, propr. oiseux, fig. absorbé, pensif 105 620; 266 1619 : Je ne désir qu'à estre seus (seul) Et quant le sui, je suis viseus ; triste 334 3670 {mas et uiseus). La forme uiseus varie avec wiseus (voy. ce mot).
Uifiserle, terme collectif employé pour uis (huis), porte IF, 167 192.
Le temple. . Parés fu deviers Vuisserie De très bonne tapisserie.
Une = une chose II, 51 1741 : Car il ne voelt qiCà une tendre, Cest à estre gais et jolis. Cp. cc5;e=: cette chose.
Unité, accord 260 1377 {D'une amour et d'une unité).
Universer , généraliser , prendre dans un sens plus vaste II, 47 1574 : Avec ce il comprendoit (comparait) l'ombré! du buisson , qu'il universoit, à Nature.
Uns ^ ce pluriel remplace notre article indéfini au pluriel, ainsi 264 1521 uns biaus plains, de belles plaines; 120 1157 d'uns moult piteus y eus.
Us {par), d'une manière ordinaire, vulgaire 257 1299 {par grant art et non par us).
Usage (rf'), régulièrement 64 384
GLOSSAIRK.
{d'usage cascun jour) ; par usage, de coutume II, 237 67.
r«affier, coulumier 309 2991; II, 223 92.
Vméy expert, habile II, 137 4630 :
Car elle est assés bien usée De souhedier (de composer des souhaits).
l«er, neutre, agir 229 602 {Aultrement il use au revers) ; 295 2496 {Se par le consel d'une femme A'oi/»
convetwit user); II, 247 23; actif, employer II, 141 4758 {user son vivant) ; 247 30 {user son joutent).
¥aiilanre, valeur, haute estime, 57 130 {dame de vaill^incc).
Taillant, digne d'estime 201 3859.
Vaille, valeur II, 168 225 {On ne puet esprùier la vaille D'un tel jeuiel).
¥aln, en défaut 16 510 : Il n'y a sur eux car, sanc ne vninne Qui soit de moi cougnoistre vainne , qui ne m'ait senti.
Yalncre une bataille, la gagner III, 115 4.
¥alne« {par) 274 1875. Voy. les notes.
l'alolr, avoir du prix, être profitable 104 598 {un service qui me vaille) ; avoir du mérite 103 576 : Or re-r garde se plcntè vauls (si j'ai grand mérite) Quant je te donne don si noble.— Valoir mieux, tirer profit, gagner dans l'estime du monde 24 805 et souvent ; valoir pis ou mains, être en perte, perdre dans l'estime 5 149; 11335; 17 533.
Value (à la), 286 2214 : Le messager me tint ce langage, ou à la value (ou à peu près, ou du moins en substance).
vunicr(5tf)de, se faire fort deqqch., garantir, affirmer II, 121 4099 ; 177 540 ; 192 1056 : Je ne m'oseroie vanter.... Si me semble il., (je ne voudrais l'affirmer , mais il me semble...) ;ib. 322 41.
Varier, neutre, se troubler, chanceler, hésiter 14 429; 94 252; III, 85 3; 87 24 ; actif, faire chanceler, troubler 319 3334 : les pensées Qui nuit et jour me contrarient Et me debrisent et varient ; 327 1. 28.
Vaanal (nom. sing. va«saw5), vaillant homme, 213 154 {Je me deffench com vassaiis, vaillamment). De là vasselage, vaillance, bravoure.
veable {bien), convenable, bienséant 104 612. ~ Bien vcant II, 46 1538 peut aussi bien signifier : intelligent, sage, clairvoyant, que bien vu, considéré.
veer (lat. vetare), défendre, refuser 113 896; 292 2409.
VeluN (en rime avec saint Lus), p.
velous, velours II, 24 806.
Veneur, subst. de venir, voy. l'art, suivant.
Venir, croître, se développer; de là l'infinitif-substantifrcntr, jeunesse 102 51 1 {Et si estoit en son venir), et la formule à venir =^ jeune lî, 10 331 {Car il sontjone et à venir) ; II, 177 514 (Car tu ies à venir). Au lieu de venir, jeunesse, on trouve
GLOSSAIRE
la forme bizarre veneur III, 190 1721 {Jeunes estant en sa veneur); il fallait ici une rime à veneur , chasseur; quelques vers plus loin on retrouve en ton venir.
Ventelc (enplain) II, 2 33, propr.
à pleines voiles, fig. de tout cœur.
Subst. de venteler, flotter au vent (cp. Machault,p. 1 18: Cest li voiles qui en ma nef vénielle).
Venue, extraction, origine II, 181 676 (Qu'uns aultres de mendrc venue, de moins haute naissance).
— De premières venues , tout d'abord 302 2739 {Là eut de premières venues Bataille dure et felenessé).
Veoir , voir; l'infinitif se présente sous les trois formes veoir (II, 193 30; 237 71), veïr (11,3 58; 200 181) et vir (69 568 ; 136 1675; 349 27).
A la le pers. sing. du défini tantôt veï (353 135), tantôt vi (349 29).— Quant à la signification, j'ai noté celle de l'ail, erlelen, c'est-à-dire être témoin d'un fait, l'éprouver : 289 2289 En celi tamps un jour jà vi Que., et 321 3388 Diex ne me lait veoir le tamps Que. . ; puis celle du lat. videri, avoir l'air II , 237 71 : Pour mieuls veoir et odourer.
Veoir, subst., vue, aspect II, 210 22 Son doulc veoir grandement me proufite.
Ver (lat. versus ; Xs radical est retranché), non pas vers dans le sens habituel, mais couplet, strophe 159 2455; 285 2196 Et quant li
aultre ver venront Qui à ces trois sacorderont; il s'agit des stances d'un lay.
Verinlllier, rougir II ; 212 98 {blancir et vermillier).
Wevm, prépos., comparativement à (cp. le grec upô?) 35 1 154 ; 1 10 798.
Verse, II, 265 90 : Mon coer qui la sent si verse (il s'agit de Fortune) ; = enverse ou averse contraire , hostile.
VerdiciiK, s'évertuant 89 88 ; efficace III, 162 14. De vertu, force.
vés, forme contracte de veez, voyez; 18 570; 234 744; 322 3418. On trouve aussi veez : II, 101 3397.
Veik, selon llï, 168 34 {veû Vart des soutiiz); veii que ou veû ce que ^ vu que, puisque III, 10 284; 61 282 ; 88 21 ; ce veû que (ou sans ce), pourvu que III, 126 940 ; 128 1025.
Veiie, regard II, 298 5. — A veiie, ouvertement, en public, opposé à en requoi 47 1580; II, 89 3000.
Veus, je voulus 251 1139; ailleurs voc, 42 1410; 354 215.
viés, vieil; cette forme, qui répond au lat. vêtus et qu'il faut distinguer de vieil = lat. vetulus (voy.
ma note Baudouin de Condé, p. 395), se rencontre à l'état d'adverbe 257 1303 : Mes escrips nouvellement et viés escrips
viliagpc (villaticus), villageois II, 326 1 : LÀ se tenaient li village Tout d'un lés par bonne ordcuance.
Cp. message = missaticus (messager) et message = missaticum.
GLOSSAIRE
Ylnagr, propr. voisinage, puis au lig. ressemblance II, 175 440 ; Tu eti as bien en ton Image Qui sont auqties de ce vinage, qui ont quelque ressemblance avec lui. Pour le sens. cp. le latin vicint7a<; quant b la forme, elle a pour type vicinatiatm, d'où visnage, viiiage.
Vlr, voy. veoir.
Vire, flèche 134 1624. Les Chroniques présentent plusieurs fois le (Jimin. tiret on.
virgongne, d'ordinaire honte, a le sens de dommage, préjudice II, 377 11 : Car frois qui vient de soir ou de matin Soudainement porte as gens grant virgongne.
virgongneuM , d'ordinaire, honteux, timide, craintif, signiûe II, 420 rond. 84, qui tourne à honte {Trop me sera parole virgongneuse] .
viMce (vice), perte, malheur 121 i 167 {Ne le tenroie pas pour visce).
On peut, toutefois, aussi traduire :
Accepter la mort au service d'une telle femme, je n'y verrai pas un crime.
Vivaint, vie; 96 328 (former son vivant) i i03 546, adv. tout ton vivant , ta vie durant; 207 4067 {Quant verai mon vivant Un peu plusjoiant]; 11,141 4758 (tuer «on vivant).
¥lve, étincelle III, 91 18 {Cest con vive Que vo cuer y puet recevoir).
vivcté, vivacité de couleur II, 212 99; émotion II, 169 238 Désirs estoit un peu plus tains {p'à\é}Etde
viveté mieuls alains.
vivre (5c), se nourrir 264 1534 [Les hé tes sauvages] qui se vivent de dévorer.
Voc, voy. veus.
voell, volonté, gré 105 032; 151 2181.
Subst. verbal de voloir, comme doeil de doloir.
1 ol, je vais, je marche 149 2120 ; 234 727; II, 38 1965, alterne avec vois Au subj. le pers. t'o»> 161 2500; 179 3105; II, 263 14;voweII, 56 1913; 2«" pers. voises III, 35 1157; 3' pers. t)o«/ 33 1088; 201 3860.
l'Ole, voyage, puis voyage ordonné, mission 1 1, 293 120; 299 29.~Moyen 273 1859 ; II, 344 22 — Fois (voy.
Diez, V» via) II, 228 272. {Moult désiré avoie D'aler en mon temps une voie Veoir de Foix le gentil conte). — Loc. mettre hors voie, mettre de côté, négliger II, 6 165.
Voir, adv., mot de remplissage servant, comme bieti, à renforcer une affirmation ; il s'intercale dans les propositions et gêne un peu les lecteurs novices; très-souvent il accompagne les adverbes oïl et ncnnil. On lui voit prendre aussi le sens spécial du lat. scilicet^k savoir, p. ex. 59 214. Il reproduit le latin vere , vraiment; sa forme alterne avec voire et (avec 1';? adverbial) voires. Cependant ce dernier , tout en signifiant aussi vraiment, en effet (12 367), a le plus souvent la valear de du moin^.
Ai 6
GLOSSAIRE
bien entendu \0 316 {Et moult volenders je saroie, Voires se savoir lepooie); 70 581; 170 2799 {Voires mes, mais, bien entendu) ; III, 47 i595.
Voire, voires, voy. l'art, préc.
Voire, verre à boire 131 1352 ; 146
Toirrié, vitré II, 167 187.
Vol» , mot 148 2071 ; parole 175 2977 {En dis, en fais, en parlers et en vois)', renommée 175 2968 {La vois Ven porterai et le renom).
Vols [en], altération de en voies ( = angl. away, ail. hinweg) 1.36 1698.
Voiscusjoiseux, dépourvu de valeur 339 3818, Forme variée de uiseus et wiseus.
Volans {parlers), paroles volages, sans fond III, 98 19.
Volée (à la) , franchement , sans hésiter, aussitôt 11,7 195 {Et je respons à la volée) •,\\,'^^1 192, Cp. l'ail, flugs.
Voleiitalre, de bonne volonté, débonnaire 208 4126.
Volenté, affection , sentiment 33 1102 {Il m' ont un beau samblant moustré Sans volent é, sans sentiment réel). On emploie dans le même sens valoir 43 1124 {d'nmle voloir); 47 1571 {de bon voloir).
Voler, chasser à l'oiseau II, 229 314; 388 4.
Voloir, voy. volenté.
Volume, rouleau (de parchemin) 238 787 {La lettre et la balade aussi Tout en un volume escripsi) ; gros-
seur 241 912 {Unes lettre» Rose m'envoie Auques dou grant et don volume Les premières).
voinmer, mettre en volume, écrire 275 1 9 1 1 ; 340 prose 1.11; mesurer II, 40 1362 {Dont je ne sçai pas la muison Volumer ne le compas prendre).
voyani, en présence de, devant 18 598 {voyant son bnrnage); II, 74 2533; 375 12.
vregler, établir avec régularité, tracer 9 252 : Ens ou vregié (verger) Que nostre mestres a vregié Et ouvré à ses propres mains ; II, 195 26: Le vregié Que tout autour on ot vregié. De verge, nom de mesure; donc propr. jauger avec la verge.
vult (vide), en défaut 89 86 Nepuet avoir l'entente vuide Qu'il ne soit gais et amoureus; n'ayant pas, privé 144 1964 Cuidiés vous que je soie viiis De durs jours et de povres nuis ?
Wagcs, mot pluriel féminin, cité parmi les pièces d'habillement ou autres dont se servent les bergers II, 307 18; 313 18; 319 28 {Solers takenés.., Wans, wages, chaperons petis Et chapeaus sur leurs testes mis). Je ne saurais en préciser le sens ; peut-être sont ce des hautsde-chausse,des houseaux, lesquels mots ne paraissent pas dans les passages cités.
VI ans, gants II, 319 48; gans se trouve 11,313 11.
^iTAucrer , errer , marcher sans direction fixe. Il, 410 XLVIII (Je waucre autour, mais je ne puis dedens). Voy. ma note Baudouin de Condé p. 443.
iverbler, gazouiller, fredonner; II, 94 5107 (Orpheûs ses chans en werbla). Cp. l'ail, wirbebi, néerl.
wervelen, angl. warble, propr., faire un roulement (avec la voix).
l«'ldler de, s'en aller 111, 26 850.
if'iseuM, forme variée de uiseus, oisif, oiseux ; estre wiseuSf cesser,
discontinuer 168 2757 CA'ct7 nepoet
nuit et jour estre wiseus Qu'adièi
ne pense..), iviseuive, chose oiseuse, folie 345