‹ Œuvres-poésies, publiéesChapitre 5 sur 26 · J.V COI K · texte numérisé non relu

J.V COI K

Qu'à court joyeuse jamais disne. Mais à cela pas ne tenra , Car de ce moys me souvenra

1675 Si longuement que j'aray vie , Maugré ceulx qui en ont envie.

Entretant que me pourmenoie Ainsi pensant , et me tenoie Riche sur tous quant à mon gré ,

1680 Tant soient mis en hault degré , Ung vallet vint qui m'aporta Ung drap d'argent et m'invita De seïr sus , disant : « Prenez « Place icy et vous ordenez

1685 « Comme il vous plaira, car j'ay charge « De par Amours, le dieu tant large, « Qu'à toute heure me commandez « Vos bons plaisirs, et demandez, « Vous Tarez en ceste maison ;

1690 « Il lui plaist et c'est bien raison. » Je ne me fis gueres prier, Ains lui di : « Frère et amy chier, « Je n'en ose faire refus, « Onques tant honnouré ne fus ;

1695 « Estendez le sur l'erbe vert, « J'escriprai icy à couvert « Soubz cest abril où il fait quoy. » Ainsi m'assis seul à requoy, Non pas sur le drap, mais joingnant,

1700 Où l'erbe estoit souef poingnant ; Et fis humblement ma prière A Amours à très lie chiere, Sans penser à riens soubz la lune.

Se non tant seulement à une,

1705 Qui seule me commandera Tant que ma vie durera.

lu: M\Y. 51

Ne sçay que les faulx en diront,

Mais en fin plus m'en priseront.

Combien que tout Iftur jugement 1710 Vault pou — qui ce ne juge, ment, —

Mais ilz faingnent par couverture.

Souvent encontre leur nature,

Ce que les leaulx ont sceû

Dus que monde fu congneû.

1715 Or prengnent tel nom qu'ilz aront

Des dames , jà tant ne saront

Qu'en fin ne soit vil leur malice

Et des bonnes réputé vice.

Je ne deiisse daignier dire 1720 Autant d'«ulx, pour moy garder d'yre.

Mais je l'ay dit pour ce qu'ilz sont

Dolens des biens qu'amoureux ont ;

Pourtant soient leurs compaignies

De toutes nobles gens banies, 1725 Tellement que de leur parler

On ne daigne jamais parler ;

Et les leaux soient hauciez

Es plus haulz lieux et avanciez ;

En fin venrons nous en ce point, 1730 Quoy qu*il tarde, on n'y faulra point. Et comme j*ay dit, sur l'erbette.

Parée de mainte fleurette,

Commençay en ceste manière

Ce jour ma balade première.

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