‹ Œuvres poétiques.Chapitre 116 sur 235 · LE PIÉTON · texte numérisé non relu

LE PIÉTON

1 riste piéton da sort , irai-je loin ainsi , Sons des cieax încléments, vers un but qui reculer Je suis à bout ! Jetons ce fardeau ridicule Qu'en tous lieux sur ma route à plaisir j'ai grossi.

Débarrassons d'abord le cerveau qui me brûle : A bas l'ambition, implacable souci, L'orgueil infatué, l'intérêt sans merci !

— Sur le cœur, à présent, tout le poids s'accumule.

Qu'il soit libre ! Tombez, dures chaînes des sens, Voluptés de l'amour, aiguillons renaissants !

— Mais un poids reste encore et qu'en vain je déplace.

— « Il te reste , 6 piéton î ton âme à soulager : Jette bas à son tour ce corps qui l'embarrasse, Et maintenant, au but vole d'un pied léger! »

cxxu A LUCINE

'Uéesse prolifique, ô romaine patronne, Par qui le flot humain doit ne jamais tarir , Séculaire Accoucheuse, ardente à secourir Et la beauté novice et la prude matrone !

 quoi bon tant de fils, si leur deuil t'environne, O Lucine! si naître équivaut à mourir?

A quoi bon, si Tenfant, dès quMl vit, doit souffrir , Et si la faim le prend quand ta main l'abandonne?

Aux blasphèmes de l'homme, ah ! si ton cœur s'ouvrait. Cruelle ! île longtemps ta main ne dénoiirait La ceinture pudique au flanc de sa femelle !

Vois donc ! l'air et le jour manquent où nous naissons ; La crèche est encombrée , et pour dix nourrissons La Nature s'épuise à tendre uae mamelle ! ,

IjS ÉPHÉMÈRES.

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