LE CHEVAL DE MANEGE
V^e coursier généreux , au rapide sabot y Que son sang appelait à dévorer la plaine , Tourne dans un rayon de quelques pas à peine , Comme une lente aiguille autour de son pivot.
Coureur de l'Infini , n'est-ce point là ton lot , Poëte emprisonné dans la machine humaine , Que l'éternel circuit des jours de plomb ramène Dans l'horizon d'un mur et sous le fouet d'an sot?
Et j'ai dit au coursier : « Pauvre animal, mon frère! Pour être plus que nous docile au sort contraire , Pour accepter ainsi le joug que tu maudis,
Pour ne pas te briser la cervelle , en ta rage , Quel espoir surhumain relève ton courage?
Dieu t'aurait-il promis ta place en paradis ? »
CXXÏV