‹ Œuvres poétiques.Chapitre 117 sur 235 · LE CHEVAL DE MANEGE · texte numérisé non relu

LE CHEVAL DE MANEGE

V^e coursier généreux , au rapide sabot y Que son sang appelait à dévorer la plaine , Tourne dans un rayon de quelques pas à peine , Comme une lente aiguille autour de son pivot.

Coureur de l'Infini , n'est-ce point là ton lot , Poëte emprisonné dans la machine humaine , Que l'éternel circuit des jours de plomb ramène Dans l'horizon d'un mur et sous le fouet d'an sot?

Et j'ai dit au coursier : « Pauvre animal, mon frère! Pour être plus que nous docile au sort contraire , Pour accepter ainsi le joug que tu maudis,

Pour ne pas te briser la cervelle , en ta rage , Quel espoir surhumain relève ton courage?

Dieu t'aurait-il promis ta place en paradis ? »

CXXÏV

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