‹ Œuvres poétiques.Chapitre 148 sur 235 · REGRETS ÉTERNELS · texte numérisé non relu

REGRETS ÉTERNELS

1 eut le long du chemin qui mène au cimetière, Il est d'affreux jardins où l'on dresse les fleurs A poser pour le deuil, où la* Mort bouquetière Tient un assortiment de toutes les douleurs.

On y trouve à bas prix le Génie en prière.

Les souvenirs d'époux tout constellés de pleurs.

Les regrets fraternels entrelacés de lierre.

Et les adieux d'amants rimes entre deux cœurs.

Un jour, tu graviras pour moi ce chemin sombre,

— Un jour de Saint-Joseph, la fête de mon Ombre. Ne charge pas ces deurs du poids de ton chagrin !

J'aime mieux une larme à ton cœur arrachée

— Dût-elle, sur ma pierre, être aussitôt séchée, — Qu'un emblème imposteur, — dût-il pleurer sans fin!

PAPILLONS NOIRS. l8l

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RESURRECTIO

Suivant Part, on a fait rembaumement du corps. Le sang est un métal, et la fibre une gomme ; Scellez d'un triple plomb la châsse de cet homme, Pour que Pair ni le bruit n'y viennent du dehors.

Bien ! sculptez là-dessus le marbre aux lourds décors. Ce sera cher ! cent gueux vivraient de cette somme ! Mais quel honneur aussi ! — Dormir un plus long somme, Et dans un plus beau lit, que le commun des morts!

Pour nous, livrons nos chairs au sol qui recompose La forme élémentaire, et refait tout chose.

Nous renaîtrons demain, fraîches fleurs au soleil,

Tandis que ce grand-là, dans^sa gangue de pierre,

Va sentir l'existence agacer sa paupière.

Sans pouvoir secouer son douloureux sommeil.

l82 PAPILLONS NOIR 3.

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