‹ Œuvres poétiques.Chapitre 154 sur 235 · LA MOMIE · texte numérisé non relu

LA MOMIE

LJaas la châsse où tu gis, séculaire assoupie^ Le Soleil te regarde avec des yeux surpris ; Il se rappelle avoir, pour un fils d'Osiris, Formé ton jeune sein, fruit noir d'Ethiopie.

u Depuis que l'ibis blanc, sous les lotus fleuris, Ne couve plus l'œuf d'or que le dieu Thoth épie, Que de beaux seins, dit-il, mes rayons ont mûris, Dont il n'est rien resté, pas même une copie ! »

Et moi, qui te contemple à trois mille ans de là. Je voudrais voir s'ouvrir ces yeux qu'Athyr voila. Sentir sourdre en ces chairs un sève seconde.

Et goûter, en ces bras repris de sentiment,

La saveur primitive et l'acide ferment

De cet amour qui fut la puberté du monde.

lB8 PAPILLONS NOIRS.

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