‹ Œuvres poétiques.Chapitre 166 sur 235 · CE QU'ON N'ATTEND PAS · texte numérisé non relu

CE QU'ON N'ATTEND PAS

Le voilà sur son lit ; la fièvre mord ses os. Est-il-donc en danger? Pour assurer sa cure, Quelques jours suffiront : le médecin l'assure. En attendant, il songe, et se tient ce propos :

« J'ai sué sang et eau, tant la tâche était dure ! Enfin, me voilà riche ! à moi les longs repos ! J'ai des goûts réguliers, du temps, un cœur dispos, De mes beaux revenus je ferai feu qui dure.

Dans mes champs, s'il vous plaît, nous passerons l'été; Ma femme est frêle, et Pair lui rendra la santé. Mourrait-elle avant moi? J'en ai parfois la crainte. »

On sonne, sa femme entre, et d'un air attéré : « Du courage, mon fils ! c'est monsieur le Curé Qui vient te préparer à faire une mort sainte. »

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