‹ Œuvres poétiques.Chapitre 167 sur 235 · SUB SOLE QUID NOVI · texte numérisé non relu

SUB SOLE QUID NOVI

Oous mes yeux vainement tout se métamorphose, L'enfance en la vieillesse, et le jour en la nuit; Dans ce travair muet qui crée et qui détruit, C'est toujours même loi, même effet, même cause.

Aujourd'hui vaut hier. Comme un collier morose L'£nnui soude le jour qui passe au jour qui suit; Et l'immobile Dieu gouverne ce circuit Où l'acteur machinal prend et quitte sa pose.

Sur le rayon de l'heure et dans le bruit des jours, La Vie a beau tourner, rien ne change son cours; Le pendule uniforme au front du Temps oscille.

N'est-il donc nulle part un monde où l'inconnu Déconcerte l'attente , où, sur le cadran nu, La Fantaisie en fleur fasse la folle aiguille?

CLXXVIII UN BON MOUVExMENT

1 ant pis si ma tunique a des taches Yermeilles ! L'aigle, après le combat, devient un peu vautour. Place au butin ! Voici de quoi plaire à PÂmour ! D'abord, cette ceinture, un tissu de merveilles ;

Le cœur qu'elle enlaçait ne battra plus au jour. Puis, CCS boucles d'argent, massives et pareilles; J'ai dii, pour les ravir, arracher deux oreilles, Deux oreilles de fée au suave contour.

Puis, ce lourd anneau d'or, qu'une petite fille

A sa jambe agitait rivé sur la cheville ;

Le bijou me tentait ; mais, ne pouvant l'ouvrir,

J'ai scié, pour l'avoir, sa jambe de gazelle. L'enfant, ainsi boiteuse, avait Pair de souffrir: J'eus un bon mouvement, et — j'éventrai la belle.

Page 1