LE VIEUX PAUVRE
J e vais par les chemins , à la garde de Dieu , Glanant le grain tombé de Pimmense corbeille, Et, frelon voyageur qui n^a ni feu ni lieu.
Je bois largement l'air qu^on mesure à Pabeille.
Mon couvert est dressé sous le grand dôme bleu : Allons! pinson poëte, enchante mon oreille !
Il n'est pas jour si noir qui ne me rie un peu : C'est le cœur gai qui fait la natute vermeille.
J'espère en l'avenir , et bénis le présent ;
Il se peut qu'autrefois mon pas fût moins pesant,
Mais j'accourcis d'autant la route où mon pied saigne.
Pour ne regretter rien je n'ai rien désiré ; Où la mort me prendra, là je m'endormirai, Sans vouloir qu'après moi ce bon soleil s'éteigne.