‹ Œuvres poétiques.Chapitre 57 sur 235 · LE VIEUX PAUVRE · texte numérisé non relu

LE VIEUX PAUVRE

J e vais par les chemins , à la garde de Dieu , Glanant le grain tombé de Pimmense corbeille, Et, frelon voyageur qui n^a ni feu ni lieu.

Je bois largement l'air qu^on mesure à Pabeille.

Mon couvert est dressé sous le grand dôme bleu : Allons! pinson poëte, enchante mon oreille !

Il n'est pas jour si noir qui ne me rie un peu : C'est le cœur gai qui fait la natute vermeille.

J'espère en l'avenir , et bénis le présent ;

Il se peut qu'autrefois mon pas fût moins pesant,

Mais j'accourcis d'autant la route où mon pied saigne.

Pour ne regretter rien je n'ai rien désiré ; Où la mort me prendra, là je m'endormirai, Sans vouloir qu'après moi ce bon soleil s'éteigne.

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