‹ Œuvres poétiques.Chapitre 60 sur 235 · L'OMBRE · texte numérisé non relu

L'OMBRE

J e vois encor la salle humide , à fleur de terre , Aux lambris vermoulus , au plafond surbaissé , Où y sans sourire aimant y mon enfance a passé , Déjà grave avant l'heure, et pleine de mystère.

Le brouillard, sur la vitre en larmes condensé, Voilait d'un crêpe gris les laideurs du parterre : Un cep moussu grimpant sur un prunier cassé , Et quelques liserons étranglant une astère.

Cependant mon aïeul , docte et sombre vieillard , D'un pas sonore et lent, sur le parquet criard, Allait et revenait , scandant des vers d'Horace.

Cette ombre à tout jamais m'a gâté ton beau ciel , Terre antique des Dieux , des roses et du miel : Le froid Caton s'y montre , et Glycère est sans grâce .

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