LE BANC DE PIERRE
Dcellez ce banc de pierre au seuil, contre le mur Dont le pisé s'étage en rustiques assises, Où le cep y jusqu'au toit , du pampre étend les frises , Et, comme un lourd gland d'or, suspend le raisin mih*.
Dans son granit rosé, lamé de zones grises, La fleur glauque s'unit à la conque d'azur ; Des temps diluviens c'est un feuillet obscur Dont l'enfant curieux traduira les devises.
Là se feront , le soir, les chroniques du jour ,
La pluie et le beau temps, les jeux, les cours d'amour.
Sous les bénins regards de la lune immobile;
Là s'assoira l'aveugle au bissac alourdi,
Dont le chien coutumier vient toujours, à midi.
Par l'huis entre-bâillé me tendre sa sébile.