‹ Œuvres poétiques.Chapitre 62 sur 235 · SUR L'ABIME · texte numérisé non relu

SUR L'ABIME

L>e Démon voyageur qui me tient sous ses lois Certain jour m'emporta sur une haute cime; A mes pieds se creusait ce lumineux abîme Qui met Toeil en défaut et Poreille aux abois.

Satan ne me dit point , comme à Christ autrefois :

« Si tu veux adorer en moi le Mal sublime^

Je t'abandonnerai ce vaste fief du crime y

Cités, fleuves, déserts... » Non, l'Esprit me dit : « Vois !

Vois comme au loin s'étend le champ de course humaine ; Mais à quel bord t'enfuir , sous quels deux, où la Peine Avant toi n'ait empreint son talon détesté ?

Crois-moi ! franchis d'un bond ce cirque du martyre ; Penche-toi sur ce goufifre , et vas à qui t'attire ! » — Et je fermai les yeux pour n'être pas tenté !

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