SUR L'ABIME
L>e Démon voyageur qui me tient sous ses lois Certain jour m'emporta sur une haute cime; A mes pieds se creusait ce lumineux abîme Qui met Toeil en défaut et Poreille aux abois.
Satan ne me dit point , comme à Christ autrefois :
« Si tu veux adorer en moi le Mal sublime^
Je t'abandonnerai ce vaste fief du crime y
Cités, fleuves, déserts... » Non, l'Esprit me dit : « Vois !
Vois comme au loin s'étend le champ de course humaine ; Mais à quel bord t'enfuir , sous quels deux, où la Peine Avant toi n'ait empreint son talon détesté ?
Crois-moi ! franchis d'un bond ce cirque du martyre ; Penche-toi sur ce goufifre , et vas à qui t'attire ! » — Et je fermai les yeux pour n'être pas tenté !