‹ Œuvres poétiquesChapitre 125 sur 140 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

.Pui quitté pour jamais la paix de votre asile.

O ma pauvre maison, nous ne nous verrons plus!

Je ne vous verrai plus, bois plantés par mon père. Chemins par mes enfants tant de fois parcourus ; Chambre où naquit Sabine, où j'embrassais ma mère, Jamais je ne vous verrai plus !

Un autre vous possède, un autre est votre maître ! Ma maison étonnée a méconnu ma loi.

Aux lieux de mon enfance, au toit qui m'a vu naître. Un étranger commande et dit : je suis chez moi!

Ce chez-moi que j'aimais par-dessus toutes choses, Mon asile autrefois, mon regret aujourd'hui. L'ombre de mes sapins, le parfum de mes roses, Tout est à lui, tout est à lui !

Il ne me reste rien. Solitudes fleuries, Où le passé dormait, où germait l'avenir. Promenades du soir, longueur des rêveries Où j'entendais chanter la voix du souvenir !

Il ne me reste rien ! Oubliez mon passage; Donnez, donnez vos fleurs, pommiers, et vous, lilas ! Frais sentiers où les bois me versaient leur ombrage, Perdez les traces de mes pas !

Et toi, chère maison, ouvre-toi tout entière Pour tes maîtres nouveaux. De mon nom effacé Perds jusqu'au souvenir, sois-leur hospitalière : Ils sont ton avenir et je suis ton passé.

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