EPILOGUE
.Pui quitté pour jamais la paix de votre asile.
O ma pauvre maison, nous ne nous verrons plus!
Je ne vous verrai plus, bois plantés par mon père. Chemins par mes enfants tant de fois parcourus ; Chambre où naquit Sabine, où j'embrassais ma mère, Jamais je ne vous verrai plus !
Un autre vous possède, un autre est votre maître ! Ma maison étonnée a méconnu ma loi.
Aux lieux de mon enfance, au toit qui m'a vu naître. Un étranger commande et dit : je suis chez moi!
Ce chez-moi que j'aimais par-dessus toutes choses, Mon asile autrefois, mon regret aujourd'hui. L'ombre de mes sapins, le parfum de mes roses, Tout est à lui, tout est à lui !
Il ne me reste rien. Solitudes fleuries, Où le passé dormait, où germait l'avenir. Promenades du soir, longueur des rêveries Où j'entendais chanter la voix du souvenir !
Il ne me reste rien ! Oubliez mon passage; Donnez, donnez vos fleurs, pommiers, et vous, lilas ! Frais sentiers où les bois me versaient leur ombrage, Perdez les traces de mes pas !
Et toi, chère maison, ouvre-toi tout entière Pour tes maîtres nouveaux. De mon nom effacé Perds jusqu'au souvenir, sois-leur hospitalière : Ils sont ton avenir et je suis ton passé.