V.VLKRIKN
In maitiv ? (hie dis-tu? .le ne te comprends pas
l^coute sans colère et tu nie comprendras. De ce maître inconnu la puissance est si grande Qu'en seigneur souverain à mon âme il commande. Je lui donnai mon cœur, je lui promis ma foi, Et mon amour docile obéit à sa loi.
VALKHJKN
Ciel ! qu'entends-je ? ()uelle est cette étrange parole ? Suis-je fou, dieux puissants, ou bien est-elle folle ? C'écile, mon seul bien et mes seules amours, Pourquoi me déchirer le cœur par ce discours ? Te fais-tu donc un jeu, femme cruelle et chère. De souiller en mon sein la haine et la colère ?
Xon, ce n'est point un jeu : crois-moi, Valérien, Mon CŒ'ur qu'un nœud sacré lie à jamais au tien, Au moment qu'il la fait, souffre de ta blessure. Mais ce que je t'ai dit est la vérité pure.
VALKRIEN
De surprise et d'horreur je demeure interdit ! Un autre a son amour ! c'est elle qui le dit.
Est-il possible, o ciel ! que cet aspect candide
llecouvre la noirceur d'une âme si perfide ?
A l'instant où sa voix me déchire le cœur,
Elle ne change pas seulement de couleur !
Cet homme, quel est-il ? Cet insolent qui t'aime.
Je le veux de ma main frapper à l'heure même !
Malheureuse, réponds ! parle ou crains mon courroux.
CÉCILE
Prends, ô Valérien, des sentiments plus doux.
Apaise les transports d'une fureur jalouse
Qui n'est digne de toi ni de ta chaste épouse,
Et ne profane point par un grossier soupçon
Celle à qui tu donnas ton amour et ton nom.
Ce maître à qui mon âme appartient tout entière.
Ce n'est point un mortel soumis à la matière.
Quoique présent partout et jusque dans le cœur
De ceux qui comme moi l'ont choisi pour Seigneur,
Il n'est visible aux yeux d'aucune créature.
Les cieux contemplent seuls sa beauté toute pure.
VALÉRIE
Que me dit-elle là ? L'ai-je bien entendu V
Est-ce un Dieu pour t'aimer tout exprès descendu ?
Oui, c'est un Dieu vivant, ou plutôt c'est Dieu même, Venu du haut des cieux pour sauver ce qu'il aime.
;}0 (KIVRES POÉTIQUES
Du Pore tout-puissant c'est le Fils éternel,
Mon maître, mon époux, c'est le Christ immortel !
YALERIEN
C'est le Christ ! ô douleur ! ô nouvelle disgrâce ! (^uoi, cet air innocent, ce charme, cette grâce, Et ces chastes attraits qui ravissaient mes yeux, Elle les a puisés chez ce peuple odieux ! Non ! la foi des chrétiens ne peut être la tienne : Tu mens.
.le ne mens point, ami, je suis chrétienne.
VA LÉ ni EN
Ainsi, l'antique objet du culte des aïeux, Les lois de nos Césars, les temples de nos dieux. Elle a tout déserté pour cette foi nouvelle Que prêche dans le sang une race rebelle ! Elle l'ose avouer, devant moi, sans pudeur.
Oui, je suis des chrétiens et la fille et la sœur, A cette race, objet de haine et de risée, Digne de tout honneur et partout méprisée, J'appartiens sans retour.
LKS NOCES 37
YaLERÎEN
N'en dis pas plus ! tais-toi !
Tu m'as trahi, perdu ! redoute tout de moi !
Je t'aime et n'ai point peur
YALERIEN
Crains que ma main trop prompte I Ne lave dans ton sang mon injure et ta honte. * Fille des vieux Romains, des fiers Cecilius, De tes aïeux, des miens, ne te souvient-il plus ?
CECILE
Je m'en souviens toujours,, et je fais plus encore ; En me disant chrétienne, ami, je les honore.
Elle a perdu le sens !
VALE RI EN-
CECILE
Non, je l'ai retrouvé, Le jour où mon esprit, jusqu'au ciel élevé, S'est ouvert aux clartés de cette foi chrétienne <^)ui fait toute ma joie, et qui fer;i la tienne.
38 (KLVRES POETIQUES
VALKHIEN
Oiloi 1 lu fitscs Mal loi" qu'égaré sur tes pas .|';i(l.)r( rai ton ('.lirisl ?
CKCILE
Je no m'en flatte pas ,h' le sais.