‹ Œuvres poétiquesChapitre 28 sur 140 · SCÈNE PREMIÈRE SALOMÉ, aeule · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE SALOMÉ, aeule

Je n'ose la troubler. Seule avec l'Éternel, Elle semble en extase, et son âme est au ciel. Une ombre par moments passe sur son visage ; Mais une autre pensée efface ce nuage.

Et son front redevient lumineux et serein. Cécile, mon enfant, que le secours divin Ne t'abandonne pas ! Hélas ! en ce jour même, Peut-être ton époux reçoit le coup suprême. Valérien, Tiburce, ô frère, ô fiancé.

Votre sang pour le Christ est-il déjà versé ? Heure sainte et terrible ! ineffable mystère, Qui réjouit les cieux et contriste la terre !

{Elle s'assied et appuie sa tête sur sa main.

Quel courage indomptable en ce cœur virginal ! Trompant d'Almachius le calcul infernal, Tandis que ses gardiens la croyaient endormie, Elle a pu s'échapper, de moi seule suivie.

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.\oiis avons [)éiu'ti'é, sous l'aile du Trî'S-IIaut, Jiis(|uos à nos niarlyrs, au fond de leur cachot. Quel spectacle ! ils chantaient les célestes louanges. • Leur corps resplendissait. Semblables à des anges, Us savouraient déjà la volupté des cieux. Et Cécile chantait et rayonnait comme eux.

— Des saints de Jésus-Christ vertu toute-puissante ! A leur vue, aux accents de leur parole ardente,

Les soldats, les geôliers, frémissants, éperdus, l'ieuraient, courbaient la tête, et s'avouaient vaincus. Enfantés à la vie en cette heure suprême. Us tombaient à genoux, imploraient le baptême; Et ces chrétiens sanglants, captifs, chargés de fers, Délivraient leurs bourreaux des chaînes des enfers.

— Puis il fallut partir. Elle, lasse de vivre,

A la mort, à la gloire, aurait voulu les suivre. Mais à leur vœu suprême immolant son désir, Elle a sacrifié le bonheur do mourir.

— Tu les suivras de près, o ma tille, et ton heure -\o viendra que trop tôt ! Loin de cette demeure Tu fuiras vers les cieux. Et moi. Seigneur, et moi, (hw ferai-jc ?

[Elle reste silencieuse et méditatiije.)

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