SCÈNE PREMIÈRE SALOMÉ, aeule
Je n'ose la troubler. Seule avec l'Éternel, Elle semble en extase, et son âme est au ciel. Une ombre par moments passe sur son visage ; Mais une autre pensée efface ce nuage.
Et son front redevient lumineux et serein. Cécile, mon enfant, que le secours divin Ne t'abandonne pas ! Hélas ! en ce jour même, Peut-être ton époux reçoit le coup suprême. Valérien, Tiburce, ô frère, ô fiancé.
Votre sang pour le Christ est-il déjà versé ? Heure sainte et terrible ! ineffable mystère, Qui réjouit les cieux et contriste la terre !
{Elle s'assied et appuie sa tête sur sa main.
Quel courage indomptable en ce cœur virginal ! Trompant d'Almachius le calcul infernal, Tandis que ses gardiens la croyaient endormie, Elle a pu s'échapper, de moi seule suivie.
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.\oiis avons [)éiu'ti'é, sous l'aile du Trî'S-IIaut, Jiis(|uos à nos niarlyrs, au fond de leur cachot. Quel spectacle ! ils chantaient les célestes louanges. • Leur corps resplendissait. Semblables à des anges, Us savouraient déjà la volupté des cieux. Et Cécile chantait et rayonnait comme eux.
— Des saints de Jésus-Christ vertu toute-puissante ! A leur vue, aux accents de leur parole ardente,
Les soldats, les geôliers, frémissants, éperdus, l'ieuraient, courbaient la tête, et s'avouaient vaincus. Enfantés à la vie en cette heure suprême. Us tombaient à genoux, imploraient le baptême; Et ces chrétiens sanglants, captifs, chargés de fers, Délivraient leurs bourreaux des chaînes des enfers.
— Puis il fallut partir. Elle, lasse de vivre,
A la mort, à la gloire, aurait voulu les suivre. Mais à leur vœu suprême immolant son désir, Elle a sacrifié le bonheur do mourir.
— Tu les suivras de près, o ma tille, et ton heure -\o viendra que trop tôt ! Loin de cette demeure Tu fuiras vers les cieux. Et moi. Seigneur, et moi, (hw ferai-jc ?
[Elle reste silencieuse et méditatiije.)