‹ Œuvres poétiquesChapitre 37 sur 140 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

AI.M ACIIIl s, SKXTIJS

SEXTus, cnlrniil.

La populace,

LE MARTYUE 105

Avec des cris confus, près du palais s'amasse. I^]lle pousse vers vous de plaintives clameurs : J'ai vu des bras levés, j'ai vu des yeux en pleurs. Le nom d'Almachius et celui de Cécile Retentissent partout.

ALMACHIUS

Multitude imbécile ; Que me font leurs vains cris ? Un ramassis honteux D'esclaves impotents, de vieillards, de boiteux. Des veuves, des enfants rejetés par leurs pères. Voilà de nos chrétiens les clients ordinaires. Allez, à coups de fouet chassez ces malheureux.

Prenez garde, seigneur, les chrétiens sont nombreux, Ils se font des amis de tous les misérables, Et pourraient à la fin devenir redoutables.

ALMACHIUS

Tu te trompes, Sextus, je connais mieux que toi

Cette race étonnante. Esclaves de leur foi.

En même temps qu'aux dieux ils prodiguent l'injure,

Ils se laissent frapper, égorger sans murmure.

Avides de soull'rance, amoureux du trépas,

Ils recherchent les coups et no les rendent pas.

Au mépris de la loi joignant l'obéissance,

Ils blâment la révolte, ils pardonnent l'oll'ense,

10(» (KlNliKS POKTKU i:S

\]\ le plaisir exquis ck-s (Césars et des dieux, L'adorable vengeance est un crime à leurs yeux. Je les hais oncor moins que je ne les méprise, Et leur impiété ne vaut pas leur sottise. Pour répondre à leurs cris et pour les en punir, Je devrais sur-le-champ faire, à leurs yeux, périr Par la main du bourreau cette orgueilleuse fdle ; Mais je veux à son rang, à sa noljle famille lq)argner cet alfront. Qu'elle reste en ce lieu : Dans sa salle de bain qu'on allume un grand feu. Et que dans la vapeur on la jette vivante. Elle y mourra sans bruit, et cette flamme ardente Dont son Dieu nous menace après notre trépas, l-211e, de son vivant, ne l'évitera pas. Allez, et dès ce soir je reviendrai moi-même N'oir si l'on a rempli ma volonté suprême.

{Il sort.)

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