‹ Œuvres poétiquesChapitre 50 sur 140 · UN ENFANT · texte numérisé non relu

UN ENFANT

Hélas ! nous n'avons pu recevoir ses adieux !

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Venez, seigneur, chassez ces indignes alarmes. Et laissez aux chrétiens lu frayeur et les larmes. Elle est morte ; le fer a brisé son pouvoir.

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S'il était vrai !... Mais non ! je la vois se mouvoir. Elle tourne vers moi ses yeux.... Elle s'apprête A me parler !... Sortons !... Je ne puis plus...

Arrête.

Almachius. Je touche au moment de mourir : Grâce à toi, de mon Dieu je vais aller jouir. De Cécile expirante écoute la prière.

Repens-toi : que je sois ta victime dernière ! Pleure sur tout le sang que ton bras fit verser : Une larme, un soupir suiïit pour l'elTacer. De cet heureux efîet si ma mort est suivie, Je bénirai le coup qui m'arrache la vie. Au peuple des chrétiens rends la paix de leur foi : Ils l'emploieront surtout à prier Dieu pour toi, Et quand tu paraîtras devant le divin Juge, J'implorerai ta grâce et serai ton refuge. Mais si du Dieu vivant tu braves le courroux, Tu me verras, avec mon frère et mon époux. Avec tous les martyrs qui furent tes victimes. Au tribunal sacré t'accuser de tes crimes. Et le Christ, sur ton front teint du sang fraternel. Prononcera l'arrêt du malheur éternel.

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Laisse-moi, laisse-moi ! Je ne veux pas t'entendre. Mon âme est à César, je ne puis la reprendre.

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C'est trop tard : un abime et de sang et de feu M'entoure et me sépare à jamais de ton Dieu. Pourquoi de ton époux évoques-tu l'image ? Je ne connais que trop son importun visage : En vain je le repousse, il me poursuit partout ! ... Il est là; près de toi je l'aperçois debout. D'un redoutable éclat son front sanglant rayonne, Et sa main vers ta tète incline une couronne. Il t'appelle, il m'écarte. Eh bien, heureux époux, Je vous ai réunis : pourquoi m'en voulez-vous ? N'ai-je pas mérité votre reconnaissance ? Rendez-moi mon repos pour toute récompense. Fuyez, allez-vous-en tous les deux chez les morts, Et laissez-moi du moins la paix de mes remords. — Viens, Sextus, je ne puis demeurer davantage : Venez tous.

SEXTUS, à joari.

Il s'égare, il change de visage.

Appuyez-vous sur moi, seigneur, je vous soutiens. {Ils sortent, suivis des soldats et des licteurs.)

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