SCENE XII
Les Mêmes, moins Ar.MACHIliS et SEXTUS DEUXIÈME SOLD.VT
Moi, je reste parmi mes frères les chrétiens.
134 «KIVRES POÉTIQUES
LE BOURREAU
Je voudrais bien aussi rester près de Cécile,
Mais Toserais-je ? Hélas ! c'est mon bras trop docile
Qui lit couler son sang.
Approchez tous les deux, Chers amis : que sur vous se reposent mes yeux. Dieu, qui hait le superbe et rejette l'impie, Donne aux cœurs droits et purs la lumière de vie. Vivez pour Jésus-Christ et mourez s'il le faut. Adieu, je vous bénis et vous attends là-haut.
[Aux chrétiens.) .lo vous lègue ceux-ci comme d'autres moi-même, Mes frères ; menez-les au pontife suprême, Pour qu'instruits dans l'amour et la foi du Seigneur, Ils nous puissent rejoindre en un monde meilleur. — Mais je sens que j'arrive au bout du sacrifice : La force m'abandonne. Adieu, chère nourrice. Mon regard s'obscurcit et je ne vous vois plus, Doux amis, qu'à travers un nuage confus. Le ciel s'ouvre : les chœurs des vierges et des anges M'invitent à chanter les divines louanges. Valérien, heureux et virginal époux, Tiburce, et vous, mes sœurs, je vous revois, c'est vous. Me voici, me voici ! L'âme en Jésus ravie. Je monte à la lumière, à l'amour, à la vie.
(Elle se soulève coririne altirée en haut et retombe sans vie.)
Elle expire ; ses yeux' se sont fermés au jour, Et son âme s'élève à l'éternel séjour.
Environnons d'honneurs sa dépouille mortelle, Et pour la retrouver, vivons, mourons comme elle.