INTRODUCTION XI
Je rofîre aussi à tous ceux qui, daus ce siècle réaliste, aiment encore l'idéal, qu'ils le cherchent dans la sainteté ou dans les arts, et tout particulièrement à cette classe nombreuse d'esprits élevés et délicats qui vivent dans les pures sphères de la musicpie. Peu d'entre eux sans doute connaissent autrement que de nom la Sainte qui leur a été donnée pour patronne. La plupart sont dignes de l'admirer : ils comprendront mieux, ([uand ils la connaîtront, la grandeur de cet art musical qui semble avoir pour mission, plus que tout autre, de rapprocher la terre du ciel et d'élever les âmes jusqu'à celui en qui réside réternelle et universelle harmonie.
Quelques-uns, je le sais, ont voulu matérialiser môme la musique, et introduire les grossièretés du réalisme dans ce pur domaine de l'idéal ; mais ils n'y parviendront pas. La musique oppose et opposera toujours une résistance invincible à ces abaissements honteux dont la peinture n'a point su assez se garder, et jamais les véritables musiciens ne confontlront avec les inspirations célestes d'un ^lozart ou d'un Heethoven, les hurlements de l'Alcazar ni les boullonneries licencieuses des petits théâtres de nos modernes Babvlones.
En méditant la vie de sainte Cécile, la forme dramatique s'est présentée d'elle-même à mon esprit : presque toute sou histoire se résume en trois sublimes dialogues, l'un avec son époux, Valérien, le jour même de ses noces, l'autre avec Tiburce, son beau-frère, le troisième avec Almachius, son juge et son bourreau, le jour de son martyre, ("e pueme n'est cependant j)oint