‹ Œuvres poétiquesChapitre 70 sur 140 · LE MOISSONNEUR · texte numérisé non relu

LE MOISSONNEUR

(^uaiid les épis inùris par le soleil d'été Sur leurs chalumeaux d'or courbent leur tète pleine, Et que, pareille au flot par le vent agité, La moisson ondule en la plaine,

Le moissonneur se lève, et, comme un balancier Qui s'avance et revient en sa marche immuable, De la faux sur les blés son bras impitoyable Amène et ramène l'acier.

Les plus modestes fleurs, les Heurs les plus superbes, L'épi chargé de grains, l'épi vide et séché, Le froment généreux et les mauvaises herbes, Rien n'échappe : tout est fauché.

Le moissonneur poursuit l'œuvre utile et funeste ; Il dépouille le sol de toute sa beauté,

LK MOISSONNE LR 175

Et ne s'arrête enfin que lorsque seul il reste Debout sur le champ dévasté.

Ainsi, tu resteras au dernier jour du monde, Debout sur des débris et ta faux à la main. Ouvrière de Dieu, ^lort terrihle et féconde, Moissonneuse du genre humain !

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