LIVRE I — MEDITATIONS, VOYAGES n
Je souffre, ô mes amis ! Ciel ! où donc êtes-vous? A tout ce qu'elle entend, de vous seuls occupée, De chaque bruit lointain mon oreille frappée Ecoute, et croit souvent reconnaître vos pas; Je l'i'élance, je cours, et vous ne savez pas!
/\h ! vous accuserez votre absence infidèle.
Quand vous saurez qu'ainsi je souffre et vous appelle,
Que je plains un méchant ! Sans doute avec effroi
Il porte à tout moment les yeux autour de soi;
Il n'y voit qu'un désert; tout fuit, tout se retire.
Son œil ne vit jamais de bouche lui sourire;
Jamais, dans les revers qu'il ose déclarer.
De doux regards sur lui s'attendrir et pleurer.
Oh ! de se confier noble et douce habitude !
Non, mon cœur n'est point né pourvivre en solitude:
j! ^ Il me faut qui m'estime, il me faut des amis A qui dans mes secrets tout accès soit permis; Dont les yeux, dont la main dans la mienne pressée