‹ Œuvres poétiquesChapitre 65 sur 121 · LIVRE I — MEDITATIONS, VOYAGES n · texte numérisé non relu

LIVRE I — MEDITATIONS, VOYAGES n

Je souffre, ô mes amis ! Ciel ! où donc êtes-vous? A tout ce qu'elle entend, de vous seuls occupée, De chaque bruit lointain mon oreille frappée Ecoute, et croit souvent reconnaître vos pas; Je l'i'élance, je cours, et vous ne savez pas!

/\h ! vous accuserez votre absence infidèle.

Quand vous saurez qu'ainsi je souffre et vous appelle,

Que je plains un méchant ! Sans doute avec effroi

Il porte à tout moment les yeux autour de soi;

Il n'y voit qu'un désert; tout fuit, tout se retire.

Son œil ne vit jamais de bouche lui sourire;

Jamais, dans les revers qu'il ose déclarer.

De doux regards sur lui s'attendrir et pleurer.

Oh ! de se confier noble et douce habitude !

Non, mon cœur n'est point né pourvivre en solitude:

j! ^ Il me faut qui m'estime, il me faut des amis A qui dans mes secrets tout accès soit permis; Dont les yeux, dont la main dans la mienne pressée

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