‹ Œuvres poétiquesChapitre 85 sur 121 · LIVRE H — CAMILLE iSy · texte numérisé non relu

LIVRE H — CAMILLE iSy

Lui travaille à loisir quelque subtile adresse,

Quelque discours profond et de raisons pourvu,

Par qui ce que j'ai vu, je ne l'aurai point vu.

Dieux! comme elle approchait (sexe ingrat, faux, perfide!)

S'asseyant, effrontée à la fois et timide,

Voulant hâter l'effort de ses pas languissants,

Voulant m'ouvrir des bras fatigués, impuissants.

Abattue, et sa voix altérée, incertaine,

Ses yeux anéantis ne s'ouvrant plus qu'à peine,

Ses cheveux en désordre et rajustés en vain.

Et son haleine encore agitée, et son sein...

Des caresses de feu sur son sein imprimées.

Et de baisers récents ses lèvres enflammées,

J'ai tout vu : tout m'a dit une coupable nuit.

Sans même oser répondre, interdite, elle fuit.

Sans même oser tenter le hasard d'un mensonge.

Et moi, comme abusé des promesses d'un songe,

Je venais, j'accourais, sûr d'être souhaité.

Plein d'amour, et de joie, et de tranquillité!

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