I, VIII
STANCES DE CELION
Sur le mariage de Betlinde, sa maîtresse, avec Ergaste
1"*\oncquks le Ciel consent qu'après tant d'amitié,
Qu'après tant de services, D'un autre vous soyez les douceurs, les délices,
Et la chère moitié } Et que n'ay-je en fin, de mon Amour fidelle, Que le ressouvenir qu'un regret renouvelle?
Vous m'avez bien aimé; mais qu'est-ce que me vaut
Cette amitié passée, Si dans les bras d'autruy je vous voy carressée,
Et si pourtant il faut Que, vous sçachant à luy, je couvre du silence Le cruel desplaisir qui rompt ma patience ?
S'il avoit plus que moy de mérite ou d'Amour
Je ne sçaurois que dire; Mais, helas! n'est-ce point un trop cruel martyre
Qu'il obtienne en un jour, —