I, XII
SONNET DE PH1LL1S
Contre la Jalousie
m mour ne brusle plus, ou bien il brusle en vain ; •^ Son carquois est perdu, ses flèches sont froissées, H a ses dards rompus, leurs pointes esmoussées, Et son arc sans vertu demeure dans sa main.
Ou, sans plus estre Archer d'un mestier incertain, Il se laisse emporter à plus hautes pensées, Ou ses flesches ne sont en nos cœurs addressées, Ou bien, au lieu d'Amour, nous blessent de desdain.
Ou bien, s'il faict aimer, aimer c'est autre chose
Que ce n'estoit jadis, et les loix qu'il propose
Sont contraires aux loix qu'il nous donnoit à tous •
Car aimer et hayr, c'est maintenant le mesme, Puis que pour bien aimer il faut estre jaloux. Que si l'on aime ainsi, je ne veux plus qu'on m'aime.
Il,i.
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