‹ Œuvres poétiques choisies et précédées d'une introduction (volume 2)Chapitre 15 sur 50 · SONNET DE THAM1RE · texte numérisé non relu

SONNET DE THAM1RE

D'une jeune beauté

Quelle Aurore jamais, d'un beau jour devancière, Eust le sein plus semé de roses et de lys ? Ou quels nouveaux soleils, de rayons embellis, Furent jamais si beaux, commançant leur carrière ?

Dés qu'on t'a veu paroistre, aux rays de ta lumière, Tous les autres soleils soudain sont défaillis, Ou, près d'eux, pour le moins demeurent si pallis Qu'ils ne retiennent rien de leur clarté première.

Quel sera le Midy d'un si bel Orient ? Je prevoy dés icy que le Ciel, tout riant, Et qui ne vit jamais une Aurore si belle,

Se promet d'en brusler les hommes et les Dieux. Amour ! ou rends son cœur aussi doux que ses yeux, Ou nos yeux ou nos cœurs insensibles pour elle !

II, i.

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SONNET DE S1LVANDRE

Qu'il n'y a considération qui l'empescbe d'aimer sa JHaistress*

.on penser, hé I pourquoy me viens tu figurer ? Qu'il ne faut que je l'aime et qu'elle est pour un autre Si é'est pour un mortel, ne peut-elle estre nostre ? Et si c'est pour un Dieu, ne la puis-je adorer ?

Si c'est pour un Mortel, qui sçauroit mesurer, Entre tous les mortels, son amour à ma flame ? Et si c'est pour un Dieu, se peut-il voir une ame Qui, d'un zèle plus sainct, la puisse révérer ?

Mais que nous vaut cela, si cette ame cruelle, Ne daigne regarder ceux qui meurent pour elle r — L'Amour ou la Raison la forceront un jour :

En fin elle aimera, puis que nul ne l'évite. Que si c'est par Raison, gagnons-la par mérite, Et si c'est par Amour, gagnons-la par Amour.

II, ii.

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