SONNET DE SYLVANDRE
Pour Diane endormie
| a belle dont l'Amour me prive de repos
*-* Reposoit doucement sous l'ombre d'un bocage ;
La voloient les Amours autour de son visage,
Qui naissoient de ses yeux, encor qu'ils fussent clos.
Là, les Zephirs, changez en amoureux propos, Rendoient pour ses amours un amoureux hommage ; Les arbres, chargez de tant d'Amours esclos, N'en estoient garantis par les loix de leur âge.
Hommes, Faunes, ny Dieux, rien n'estoit à l'entour, Contemplant ce sommeil, qui ne bruslast d'amour, Et perdist le repos pendant qu'elle repose.
Quelle estes-vous, Beauté, quand vaincre vous voulez, Puis que, sans ce dessein, tellement vous brûlez Que vous voir, vous aimer, n'est qu'une mesmechose ?