NOTICE BIOGRAPHIQ.UE XXII
Faut-il admettre que l'on considérait l'œuvre d'Héroet comme procédant d'un idéal contraire à celui du Courtisan ? Il importe de remarquer que, selon les indications mêmes d'Héroet, son héroïne n'est pas une dame de la cour, pas plus que l'amour platonicien n'est un privilège de la naissance; toutefois, la Parfaicte Aniye et le Courtisan ont une autre portée.
Ce qui fit le succès durable du Courtisan, ce fut assurément l'image idéale qu'il oflFrait de la vie de cour; mais ce qui en fit le livre à la mode, ce fut la partie relative à l'amour et à la femme : elle inspira un commentaire maladroit, et fut ainsi rorigine d'un débat, dans lequel Héroet intervint avec la Parfaicte Aniye. C'est dans le troisième livre du Courtisan que Castiglione traçait les règles de conduite à suivre pour les dames de la cour : il y soulevait des questions de sentiment fort délicates, qui mettaient en cause la vertu même de la femme et dont la discussion devint, semble-t-il, un jeu de société. Des traductions manuscrites de ces chapitres circulèrent avant la traduction complète et définitive qui devait être imprimée. C'est ce que nous révèle le manuscrit 2335 (f. 3 ro) de la Bibliothèque Nationale, qui nous a conservé une traduction de cette partie de l'œuvre de Castiglione avec la préface que voici ' :