XXXII NOTICE BIOGRAPHIQUE
Il n'est besoing de fables le remplir.
D'inventions poétiques je n'use,
et plus loin encore (v. 1040) :
J'ayme le vray et non pas le mensonge.
Il veut faire une œuvre de vérité et de philosophie, disons même de philosophie pratique ; son poème est à la fois l'analyse des sentiments que la « parfaite amye » éprouve, et l'exposé de la philosophie divine qui entretient ces sentiments.
Les romans à la mode et la poésie de Pétrarque, qui jouit aussi de la plus grande vogue % peignent et exaltent les souffrances de la passion ; Héroet considère encore que c'est là une peinture mensongère du véritable amour. Il ne faut pas s'émouvoir des plaintes douloureuses que font retentir
Tous les escripts et larmoyants autheurs, Tout le Pétrarque et ses imitateurs.
Pures fictions aussi,
les fables et histoires Pleines de morts et de malheurs notoires. Qui sont jadis pour aymer advenuz A ceulx qu'on a loyaulx amantz tenuz.
Ces allusions, qui visent clairement certains passages de VAmîe de Court, visent probablement aussi les légendes mythologiques et les épreuves imaginaires de l'héroïne du Peregi-tn : elle s'étend avec complaisance sur ses malheurs. Pour la « parfaicte amye » au contraire, l'amour, qui est le principe de l'existence, est également le principe du bonheur. Tout réussit à qui aime vraiment et il n'advint jamais
I. En 1538 paraissent les Triumphes | Pétrarque \ ^^ On les vend à Paris en la rue netifve Nostre Dame à \ l'enseigne sainct Jehan Baptiste par saincte Geneviefve | des Ardens par Denys lanot libraire. — Autre édit. en 1545, chez Jeanne de Marnef, veuve de Denys Janot. — Cl. Marot a traduit la 42° canzone de Pétrarque et six sonnets « sur la mort de sa dame Laure » (édit. P. Jannet, t. III, p. 146-151).