Poésies de François I", édit. Champollion, p. i6i
2. Voir en particulier dans Jean Marot, le 21' rondeau du Doctrinal des Princesses et nobles Dames, et dans Clément Marot lui-même le « Rondeau de l'honneur des dames », publié en 1535.
NOTICE BIOGRAPHiaUE XXXV
est d'un ton moins sévère que son titre : Marot se tient dans les généralités, il est gêné et préfère s'en rapporter aux autres sur un sujet aussi délicat :
Qu'est ce qu'amour ? Voy qu'en dit Saint Gelays, Pétrarque aussi, et plusieurs hommes lays, Prestres et clercs, et gens de tous estophes. Hébreux et Grecs, Latins et philosophes : Ceulx là en ont bien dict par leurs sentences. Que de grands maux petites recompenses '.
La Borderie fut réduit à se défendre lui-même ; mais il eut l'habileté de ne s'adresser qu'à Charles Fontaine. Sous le voile du pseudonyme *, il présenta l'apologie de son oeuvre dans un petit poème intitulé L'Expérience de maistre Paul Angier Carentennoys, contenant une hriefve défense en la personne de THonneste Amant pour l'Amye de Court contre la Contr'atnye. Paul Angier prétend qu'on s'est mépris sur la signification de VAmie de Court, qui a, selon lui, pour sujet l'éloge de l'amour vertueux. Il s'applique à réfuter toutes les critiques de la Contr'Amye ; il accuse son auteur de donner le même nom d'Amour à des divinités très différentes, tantôt à Jupiter, tantôt à Cupidon, et de ne pas sentir toute la puissance de l'amour. Mais l'w honneste amant » le juge, d'après son expérience, dangereux et perfide : mon cueur de soy maistre
Congnoist l'amour sans le vouloir congnoistre ; pas plus que 1' « amie de court », 1' « honneste amant » ne veut se faire l'esclave du « cruel Cupido »,
Lequel jadis a fait mourir Dido.